‹ Histoire des fils de Louis le Pieux, éditée et traduiteChapitre 34 sur 113 · SECONDE RESTAURATION DE LOUIS LE PIEUX · texte numérisé non relu

SECONDE RESTAURATION DE LOUIS LE PIEUX

Lothaire, voyant que l’indignation générale soulevait des forces plus puissantes que les siennes, prit les armes avant la concentration de ses adversaires, mit en liberté son père et Charles, puis se retira rapidement et gagna Vienne!. Mais le peuple, qui s'était réuni en foule et voulait attaquer Lothaire pour venger son père, ayant retrouvé l’empereur, gagna la basilique de Saint-Denis et, en compagnie des évêques et de tout le clergé, rendit pieusement grâces à Dieu, restitua à Louis sa couronne et ses armes? et se mit à délibérer sur ce qui restait à faire.

Louis ne voulut pas poursuivre son fils Lothaire et il lui envoya des députés pour lui enjoindre de passer les Alpes sans retard ; il reçut avec bienveillance Pépin, qui venait à lui, le remercia d’avoir travaillé à sa restauration et lui permit de retourner en Aquitaine, comme il l'avait demandé. De toutes parts affluèrent ceux des fidèles qui, après avoir dirigé les affaires de l’État, avaient pris la fuite. Il partit avec eux pour Aix, afin d'y passer l'hiver, y reçut enfin avec joie Louis, qui vint le voir et à qui il prescrivit de rester avec lui pour le défendre.

Pendant ce temps, ceux qui, en Italie, gardaient Judith, apprenant que Lothaire s'était enfui et que son père gouvernait l'empire, s’échappèrent avec elle et parvinrent heureusement à Aix, apportant à Louis cet agréable présent 5. Cependant Judith ne fut admise à partager la couche impériale qu'après avoir prêté serment avec ses proches, en pré-

17 mars 834. Cf. Bœhmer et Mühlbacher, op. cit., n° 926 p, p. 374. Une seconde cérémonie de couronnement eut lieu l’année suivante, le 28 février, à Metz. Cf. 1bid., n° 938 b, p. 381.

3. L’entrevue de Louis le Pieux et de Pépin eut lieu le 15 mars 834 à Quierzy, sur l'Oise. Cf. Bœhmer et Mühlbacher, op. cit. n° 926 r et $, p. 374.

4. En fait, pour y passer les fêtes de Pâques (5 avril 834). Son fils Louis l’y avait rejoint pour cette date. Cf. 1bid., n° 926 w,

5. Judith fut ramenée par l’évêque de Vérone, Ratold, le comte de Toscane, Boniface, et Pépin, fils de Bernard d'Italie, en avril 834. Cf. Bœhmer et Mühlbacher, op. cit., n° 926 v, p. 375 (d’après les Annales de Saint-Bertin et la Vita Hludowici, ch. Lx).

Nithard. 3*

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