NOUVEAU SOULÈVEMENT CONTRE L'EMPEREUR
sence du peuple, puisque l’accusateur faisait défaut, qu’elle était innocente des crimes dont on l'avait accusée!.
[6.] Vers le même moment, Mathfrid, Lambert et tous les autres partisans de Lothaire séjournaient dans la marche de Bretagne. Pour les en chasser, on envoya Gui? et ceux d’entre Seine et Loire avec une forte armée. Le petit nombre des rebelles et la nécessité suprême les mirent d’accord, au lieu que Gui et les siens, confiants en leur très grande multitude, se montrèrent divisés et indisciplinés. Aussi, dès le premier combat, ces derniers furent-ils mis en déroute. Là périrent Gui, Eudeñ, Vivien“, Fulbert® et une multitude d’autres. Les vainqueurs en informèrent tout de suite Lothaire, lui demandant d’accourir au plus tôt avec des troupes. Celui-ci obéit volontiers et, ayant réuni une puissante armée, arriva devant Chalon, y mit le siègef, s’en empara après trois jours de lutte et l’incendia avec les églises. Il fit jeter
nages sont effectivement désignés comme ayant péri ensemble, par les Annales de Saint-Bertin, au cours des hostilités contre les Bretons, dont il s’agit ici, en l’année 834.Cf. Meyer von Knonau, op. cit., p. 128 ; KR. Latouche, Histoire du comté du Maine, p. 11. Sans doute, le nom de Uodo existe parfaitement à cette époque (cf. Fœrstemann, Altdeutsche Namenbuch, 2° éd. [1900], t. I, col. 1175), mais il est facile de comprendre qu’un copiste ait pu le confondre avec Uuido.
3. Il s’agit bien d’'Eude, comte d'Orléans. Voir la note précédente.
4. Les Annales de Saint-Bertin, année 834, parlent ici de la mort du comte de Blois, Guillaume (Wäillelmus). Aussi Leibniz (Annales imperii, t. I, p. 439) proposait-il de corriger Vivianus en Willelmus. Mais il peut s’agir aussi du père du comte (de Tours?) de ce nom, ou de l’abbé de Saint-Martin de Tours, Vivien, qui paraissent tous deux sous Charles le Chauve. Cf. Kalckstein, Robert der Tapjere, p. 13 et 161 ; L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque natonale, t. I, p. 6, n. 2.
5. Comte non identifié, cité aussi comme tué à cette bataille par les Annales de Saint-Bertin, année 834.
6. Le siège de Chalon-sur-Saône dura de trois à cinq jours. Cf. les Annales de Saint-Bertin, année 834, et la Vie de Louis le Pieux par l’Astronome, ch. Li1 ; Bœhmer et Mühlbacher, 2€ éd., n° 929 a, P- 377:
22 LODHARIUS SUBJICITUR (834)
gam more maleficorum in Ararim mergi praecepit !, Gozhelmun et Senilam“? capite punivit, Warino* autem vitam donavit et ut se deinceps pro viribus juvaret jurejurando constrinxit.
Hinc autem Lodharius et sui duobus praeliis feliciter gestis magnanimes ? effecti, universum imperium perfacile invadere sperantes, ad cetera deliberaturi Aurilianensem urbem { petunt. Quod pater audiens, e Francia manu valida collecta, insuper Lodhuwico filio suo cum universis qui trans Renum morabantur in auxilium sibi assumpto, tantum facinus a filio in imperium commissum vindicaturus® perrexit*. Lodharius quoque, eadem spe qua Francos abducere consuerat animatus, ire obvius ratum duxit ; ac per hoc hinc inde confluuntf supraque“ fluvium juxta villa[m]® que Calciacus/” dicitur castra ponunt. Sed Franci, eo quod imperatorem bis reliquerant poenitudine correpti et ut deinde tale quid committerent ‘ turpe Judicantes, ad defectionem impelli dedignati sunt. Quamobrem, cum nec fuge nec proelii locum& videret, ea pactione novissime praelium diremit, ut infra dies statutos Alpibus excederet ac deinceps sine patris jussione fines Francie ingredi non praesumeret et extra patris vo-
a. Sénilà À. — b. magnanimis corrigé en magnanimes 4. — c. vindicarus corrigé en vindicaturus À. — d. Folio 3 v°, col. 1, de À. — e. La lettre m de villam complètement effacée dans A. — f. Calviacus À, que nous corrigeons en Calciacus, conformément à la leçon fournie par Hincmar (voir note 7).— g. Comme l’o de ce mot n'est pas très net, une main du XVIS siècle a écrit en marge : locu{m)] À. 4
1. Gerberge était fille de Guillaume, comte de Toulouse, et sœur du comte Bernard. Thégan raconte (ch. Lr1) qu’elle fut mise en un tonneau (in vase vinalico) qu'on immergea dans la Saône.
2. À ces personnages qu'elle qualifie de comtes, la Vie de Louis le Pieux de l’Astronome (ch. Lit) ajoute « le vassal Madalelmus ».