NOUVEAU PARTAGE DE L'EMPIRE
avaient jurée, que Lothaire n'avait renoncé à faire le partage qu’à raison de son ignorance des pays. Alors le père divisa, avec les siens, tout l'empire, sauf la Bavière, comme il lui parut le plus équitable ; puis Lothaire choisit et même reçut la partie orientale de la Meuse ; quant à la partie occidentale, il consentit qu’elle fût donnée à Charles et il déclara, en même temps que son père, devant tout le peuple que telle était sa volonté !. Ainsi le père mit d’accord les deux frères, les priant et suppliant de s’aimer mutuellement, les exhortant à se porter secours l’un à l’autre, et il les pria et pressa de faire ce qu’il désirait.
Cela terminé, il renvoya en Italie, avec des sentiments bienveillants et pacifiques, Lothaire*, honoré de son pardon et enrichi des dépouilles de l’empire, lui rappelant combien de serments il lui avait prêtés, combien de fois il s’était révolté, combien de fois enfin il lui avait pardonné et le conjurant pieusement de ne plus manquer cette fois en aucune manière à ce qu'ils avaient décidé et à ce qu’il avait déclaré publiquement accepter.
[8.] Dans le même temps, le père apprit la mort de Pépin. Une partie de la population de l’Aquitaine attendait ce que l’aïeul déciderait au sujet du royaume de ses petits-enfants ; mais une autre partie, s'étant emparée de la personne de l’aîné des fils de Pépin, exerçait sous son nom le pouvoir. Aussi, les affaires étant arrangées, comme il a été dit, avec Lo-
toute la Gaule jusqu’à la Meuse et au Rhône, avec, en outre, la Provence et les comtés de Chalon, Lyon et Genève. Il ne restait à Louis que la Bavière. Cf. l’Astronome, ch. Lx.
2. Cf. Joh., 13, 34 («ut et vos diligatis invicem ») ; 15, 12, 17.
3. En juillet 830. Cf. Annales de Fulda : « post kal. julii »; Bœbhmer et Mühlbacher, 2° éd., n° 995 a, p. 405.
4. En réalité l’année précédente, le 13 décembre 838. Cf. Annales de Saint-Bertin : « idus decembris »: Annales de Fulda : « mense novembrio » (sic) ; l’Astronome, ch. Lix (après le 1°r janvier 839) ; Bœhmer et Mühlbacher, 2° éd., n° 984 a, p. 400. Le nécrologe de Wurzbourg donne le 21 décembre comme jour de la depositio Pippini. Cf. Simson, Jahrbücher des fränkischen Reichs unter Ludwig dem Frommen, t. II (1876), p. 191, n. 2.
34 DE LODHUWICO REGE IN BAIOARIAM REPULSO (839)
cum Lodhario perfectis, collecta manu valida, per Cavillonem' Clarum Montem una cum Karolo ac matre pater petit ? ac partem populi, quae illum praestolabatur * inibi benigne recepit. Et quoniam olim regnum Aquitanie Karolo donaverat, ut 1lli se commendarent ortando suasit, jussit. Qui omnes, commendati eidem, sacramento fidem firmaverunt. Post quod, quomodo tyrannos* compesceret, contendit.
Per idem tempus Lodhuwicus a Baiïioaria solito more egressus Alamanniam invasit cum quibusdam Toringis et Saxonibus sollicitatis * ; quamobrem pater ejus, ab Aquitania revocatus, dimisso videlicet Karolo una cum matre ejus Pictavis, ipse vero sanctum pascha Aquis celebravit #6 et sic uno eodemqueitinere Toringam petiit 7. À qua Lodhuvwico filio ejus pulso, per Sclavos itinere redempto eum in Baioariam fugere compulit$. Quo‘ peracto kal. juliüi ad Vangionum urbem conventum indixit *, ad quod Lodharium filium suum ab Italia venire praecepit, cum eo ceterisque sibi credulis de Lodhuwico deliberaturus.
Cumque se haec ita haberent et Lodharius in Italia, Lodhuwicus trans Renum et Karolus in Aquitania esset, Lodhuwicus imperator paterque illorum in insula quadam juxta Magonciacum x1n1. kal. julii obüt ‘° ; quem Drogo frater et episcopus atque archicapellanus ejus Met-
a. praestolatur corrigé en praestolabatur 4. — b. celebravit 4. — c. Fol. 5, col. 1, de A. — d. quedam 4.