‹ Histoire des fils de Louis le Pieux, éditée et traduiteChapitre 56 sur 113 · On ne sait rien sur ces deux personnages · texte numérisé non relu

On ne sait rien sur ces deux personnages

2. On a proposé (voir Meyer von Knonau, p. 96, n. 88) de corriger « non habebat » en « nunc habebat » et d'interpréter que

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chargés d’amener, par menaces ou par flatteries, la défection des habitants d’entre Seine et Loire. Et lui-même, s’avançant lentement, comme de coutume, se dirigeait vers la cité de Chartres. Lorsqu'il eut apprit que Thierri, Éric! et ceux qui avaient décidé de le suivre allaient le rejoindre, confiant dans cette multitude, il résolut de pousser jusqu’à la Loire. Or Charles, revenant de poursuivre Pépin et ses partisans qu’il avait mis en déroute, et n’ayant pas d’endroit où laisser sa mère en sécurité, se hâtait également de gagner avec elle la région de la « France ».

[4.] Apprenant que tous ceux que nous avons ci-dessus mentionnés avaient fait défection, que Lothaire, à la tête d’une grande armée, avait décidé de le poursuivre jusqu’à extermination et informé, d’autre part, qu'aussi bien Pépin que les Bretons lui étaient hostiles, Charles décida avec les siens de convoquer une assemblée pour aviser à ce qu'il y avait à faire et délibérer sur la situation. On trouva facilement un plan très simple : puisqu'il ne leur restait plus rien d’autre que leurs vies et leurs personnes, ses partisans résolurent de mourir noblement, plutôt que d'abandonner leur souverain trahi.

Ainsi donc, ils marchèrent à la rencontre de Lothaire, et les deux armées gagnèrent, chacune de son côté, la ville d’Orléans. Elles campèrent à environ six lieues l’une de l’autre et échangèrent des messages. Charles demandait la paix au nom de la seule équité, tandis que Lothaire cherchait par quel stratagème1l pourrait tromper et vaincre sans engager un combat dont l'issue lui paraissait douteuse, à cause de l’énergique résistance à laquelle il savait devoir se heurter. Car, espérant que ses forces continueraient à s’accroître tous les jours, comme au début, tandis que celles de Charles diminueraient, il pensait qu'il lui serait plus facile dans la suite de le subjuguer.

Judith serait restée en Aquitaine, parce qu’en 841 on la voit rejoindre son fils « cum Aquitaniis » (Nithard, liv. II, ch. 1x). Mais, comme on l’a observé (Lot et Halphen, Le règne de Charles le Chauve, t. I, p. 19, n. 6), Charles était retourné en Aquitaine dans l'intervalle et le pluriel du verbe « properabant », joint au mot « pariter », ne peut se comprendre que s’il s'applique à la mère et au fils.

48 DE INDUCIIS AURELIANIS PACTIS (nov. 840)

Hac autem spe deceptus ea pactione praelium diremit, ut cederet Karolo Aquitaniam, Septimaniam, Provinciam® et decem comitatus inter Ligerim et Sequanam !, eo videlicet modo ut, his contentus #, interim inibi esset, donec Atiniacum VIII idus maias conveniant ? ; quasi quidem communi consensu utrorumque utilitatem praevidere ac statuere velle promisit. Primores quoque partium Karoli cernentes negotium vires suas excedere maximeque timebant ne forte praelio commisso in tanta paucitate regem suum salvare difficile‘ possent. Erat enim spes cunctis non modica in dolis* ejus. Quamobrem statutis eo tenore consentiunt, ut deinceps Lodharius Karolo ita fidus amicus sit, sicut frater per justiciam fratri esse debet, et regna quae ill deputabat quieta habere faceret ac interim super Lodhuvicum® hostiliter ire desiisset / ; aliter autem jure quod juraverunt absoluti esse deberent 3.

Qua quidem arte et regem suum a periculis subtrahunt et se mox a sacramento absolvunt. Nam antequam idem qui haec juraverant, domo egrederentur, aliquos ex his qui aderant subducere ab illo temptavit et in crastinum quosdam suorum recepit. Insuper et in regna, quae illi deputaverat, statim direxit et in quantum potuit, ne# ill se subderent, perturbavit et, ut e Provincia, ad se venientes exciperet, perrexit et, quemadmodum Lodhuwicum * dolo an vi superare posset, intendit.

a. Aquitania, Septimania, Provincia 4. — b. contemptus À. — c. La syllabe ci ajoutée en interligne dans A. — d. Les éditeurs précédents ont imprimé indolis. Mais la construction de la phrase s'oppose à celte lecture. — e. Lodhuicum corrigé en Lodhuvicum 4. — {. dedisset 4. — g. Fol. 6 vo, col. 2, de A. — h. Loodhuuicum corrigé en Lodhuuvicum À.

1. La Neustrie seule en renfermait plus du double. Voir Longnon, Atlas historique, pl. VII et VIII. — En lui cédant l’Aquitaine, la

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Mais, voyant son espoir déçu, il offrit de renoncer à la lutte aux conditions suivantes : il cédait à Charles l’Aquitaine, la Septimanie, la Provence, avec dix comtés entre Loire et Seine!, et celui-ci acceptait d’y demeurer et de s’en contenter jusqu’à une nouvelle entrevue qui aurait lieu à Attigny, le 8 des ides de mai? ; et il assura qu'il voulait pourvoir et veiller à leurs intérêts à tous deux, comme en vertu d’un parfait accord. Les chefs du parti de Charles voyaient que l’affaire dépassait leurs forces et craignaient beaucoup de ne pouvoir facilement sauver leur roi s’ils livraient combat, peu nombreux comme ils étaient. Or tous avaient grand espoir en son habileté. C’est pourquoi ils consentirent à l’accord proposé, à condition que dorénavant Lothaire fût pour Charles un fidèle ami, comme un frère, selon la justice, doit l'être pour son frère, qu'il lui assurât la paisible jouissance des États qu'il lui assignait et qu'entre temps il s’abstint d'ouvrir les hostilités contre Louis; qu’autrement, ils devraient être déliés du serment prêté.

Par ce moyen, ils arrivèrent à soustraire leur roi au péril et bientôt à se libérer de leur serment. Car, avant même que les envoyés de Charles, qui avaient juré, fussent repartis, Lothaire tenta d’en débaucher plusieurs et, le lendemain, il recueillit quelques déserteurs. En outre, il envoya des émissaires dans les royaumes qu'il avait reconnus à Charles et y fomenta tous les troubles qu'il put pour les empêcher de se soumettre ; puis, pour recevoir ceux de Provence qui venaient à lui, il se dirigea vers ce pays et chercha de quelle façon, par ruse ou par force, il pourrait soumettre Louis.

Septimanie et la Provence, Lothaire se jouait de Charles, car ce dernier n'avait pu jusque-là faire reconnaître son autorité effective dans ces régions éloignées, qui lui avaient été cependant attribuées par le partage de Worms, en 839, et il le dépouillait de la « Fran- C1a ».

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