C'est-à-dire le 8 mai
3. Cette trêve eut lieu sans doute peu avant le 11 novembre 840, date à laquelle devait expirer l’armistice conclu avec Louis le Germanique (voir plus haut, p. 41). Cf. Lot et Halphen, Le règne de Charles le Chauve, t. Y, p. 20, n. 1.
50 DE BERNARDI COMITIS DEDITIONE (jan. 841)
[6.] Interea Karolus, Aurilianensem urbem veniens, Teotbaldum et Warinum'! cum quibusdam e Burgundia ad se venientes gratanter ac benigne excepit. Hinc autem obviam Bernardo, sicut mandaverat, Nivernensem * urbem petit. Sed Bernardus more solito ad illum venire distulit, dicens se cum Pippino suisque sacramento firmasse, ut neuter absque alterius consensu cum quolibet quodcumque pactum inire deberet ; quamobrem testatus est ad illos se ire velle ; et, si efficere posset ut ? una secum sui devenirent, bene ; sin alter, soluto juramento, infra dies quindecim ad illum reversurum suæque ditioni se commissurum esse promisit.
Quamobrem Karolus Bituricas iterum obviam 1lli venit $. Quo Bernardus veniens, cum neutrum fecisset, graviter Karolus ferens seductiones quas patri fecerat et actenus illi faciebat, timens ne aliter illum comprehendere posset, subito in illum irruere statuit. Sed hoc Bernardus quanquam tarde praesensit, fugam init ac vix evasit. Karolus autem quosdam e suis stravit, quosdam saucios ac semivivos reliquit‘, quosdam vero inlesos cepit ac more captivorum custodiri praecepit, suppellectilem autem universam diripere permisit.
Hinc quoque Bernardus humilior effectus paulo# post supplex ad Karolum venit, dicens et fidelem se 1lli fuisse et tunc, si liceret, esse voluisse‘ et deinceps, quanquam hac” contumelia affectus esset, in futurum fore ; minime diffideret ; quod etsi quilibet aliter dicere vellet, armis se hoc& propulsurum promittit. Quibus Karolus credulus effectus ditatum muneribus et gratia in societatem amici-
a. Niversam corrigé en Nivernensem À. — b. et À. Le sens nécessite ut. Voir plus loin, p. 130,n.e.— c. reliquid 4.— d. Fol. 7, col. 1, de À. — e. voluisset 4.— f. ac 4. — g. ob À.
SOUMISSION DE BERNARD DE SEPTIMANIE (janvier 841) 51
[6.] Pendant ce temps, Charles, venant à Orléans, reçut avec bienveillance et faveur Thibaud et Guérin!, qui lui amenaient quelques partisans de Bourgogne. Puis, de là, il gagna Nevers, à la rencontre de Bernard?, comme il l'avait annoncé. Mais Bernard, à son habitude, s’abstint d’aller à lui, disant qu’il était engagé avec Pépin et ses gens, s’étant juré mutuellement de ne conclure aucun pacte avec quiconque sans l’assentiment l’un de l’autre ; aussi déclara-t-il qu'il voulait aller les retrouver, et que, s’il y avait moyen, il reviendrait avec eux ; dans le cas contraire, il promit de se délier de son serment, de revenir dans les quinze jourset de sesoumettre.
En conséquence, Charles alla de nouveau à sa rencontre, à Bourges. Bernard y vint, sans avoir fait ni l’une ni l’autre des deux démarches prévues ; et Charles, supportant avec peine les trahisons qu'il avait jadis commises contre son père et dont il continuait à se rendre coupable à son égard, décida de se saisir de lui à l’improviste, dans la crainte de ne pouvoir le faire autrement. Mais Bernard s’en douta, quoique tardivement, prit la fuite et s’échappa à grand”’peine. Charles massacra ou blessa grièvement plusieurs de ses partisans et s'empara des autres, qu’il fit garder en captivité ; quant à leurs bagages, il les laissa tous piller.
Bernard, devenu plus humble après cela, revint bientôt en suppliant vers Charles, disant qu'il lui avait été jadis fidèle, qu'il aurait voulu l'être encore, s’il en avait eu la possibilité, et qu'il le serait à l'avenir, malgré l’affront qu’il venait d’essuyer ; il demandait à Charles de ne pas se défier de lui; et, si quelqu'un voulait y contredire, il offrait de se laver de l’accusation les armes à la main. Charles, persuadé par ses paroles, le combla de présents et de faveurs, le reçut en amitié
1. Comte en Bourgogne et en Lyonnais. Cf. plus haut, liv. I, ch. V, p. 23, n. 3.
2. Sur Bernard de Septimanie, cf. plus haut, Liv. I, ch. 111, p. 10, n. 1, et Calmette, De Bernardo S. Guillelmi fiiio, p. 89-90.
3. Le 12 janvier 841, Charles délivrait à Bourges un diplôme confirmatif des biens et privilèges de l’église de Nevers, à la requête de l’évêque Hermand. Cf. Recueil des historiens de France, t. VIII, p. 428, n° 3 ; Lot et Halphen, Le règne de Charles le Chauve, t: 1, D:27.
52 CENOMANNENSES ET BRITANNI SE SUBMITTUNT (841)
tiae suscepit et ut Pippinum ac suos, uti promiserat, subditos sibi efficere * temptaret direxit.
Et his ita compositis, Cenomannicam urbem adiit, Lantbertum Ericumque una cum ceteris recepturus !. Cumque ille illos inibi perhumane reciperet, protinus ad Nomenoium ducem Britannorum # mittit, scire cupiens si sue se ditioni subdere ° vellet. Qui, adquiescens consiliis plurimorum, Karolo munera mittit ac sacramento fidem deinceps servandam illi firmavit ?.
Quibus peractis, quoniam tempus placiti quod Attiniacum condixerant appropinquare videbatur*, quid consulte ac solida fide sibi suisque agere oporteret Karolus anxius erat. Ergo participes® secretorum convocat, rem omnibus notam replicat ac quemammodum a tanta calamitate congruentius se suosque exui/ posse existimarent ut aperiretur deposcit ; seque in omnibus publice utilitati et parere velle, insuper etiam, si oporteret£ pro ea mortem subire minime differre fatetur.
Quibus cum undique vires crevisse viderentur, reminiscentes * insidiarum quas Lodharius temporibus patris sui patri et Karolo inferre studuerat, quas etiam post obitum patris fratribus? suis absque remedio struebat ! — occurrebant insuper sacramenta, que tunc nuper fefellerat, — aiebant / se omnem justiciam ab eo libenter con-
a. efficeret À. — b. Britanniorum À. — c. subdéret 4. — d. vidébantur avec n exponctué À. —e. parcipes À. — f. exsui À. — g. oportet corrigé en oporteret À. — hk. Fol. 7, col. 2, de À. — 4. fratribusque À. — j. agebant 4.
1. Les Gesta Aldrici font allusion, en effet, à un mouvement insurrectionnel dans le Maine, auquel l’évêque du Mans Aldric resta étranger : « .… surrexit quaedam tyrannica potestas in pago Cenomannico, quae resistere nitebatur Carolo. » Éric, qui, on l’a vu plus haut (p. 47), avait été au devant de Lothaire, en était un des chefs (Monumenta Germ. hist., Scriptores, t. XV, p. 325 ; éd.