‹ Histoire des fils de Louis le Pieux, éditée et traduiteChapitre 58 sur 113 · SOUMISSION DU MAINE ET DE LA BRETAGNE · texte numérisé non relu

SOUMISSION DU MAINE ET DE LA BRETAGNE

et l’envoya tenter, selon sa promesse, de décider Pépin et ses gens à la soumission.

A la suite de cet accord, il se rendit au Mans pour recevoir la soumission de Lambert, d’Éric et de tous les autres. Et, les ayant reçus avec grande bienveillance, il envoya encore auprès de Noménoé, duc des Bretons, pour savoir s’il voudrait se soumettre à son pouvoir. Celui-ci, écoutant les conseils de la majorité des siens, expédia des présents à Charles et promit par serment de lui garder fidélité 2.

Cela fait, comme l’époque du plaid convoqué à Attigny approchait, Charles se demandait anxieusement à quelle ligne de conduite lui et les siens devaient s'arrêter. Il convoqua donc ses conseillers, leur retraça la situation, qu'ils connaissaient tous, et leur demanda de lui dire de quelle façon ils estimaient que lui et les siens pourraient le mieux se tirer d’un si grand péril, ajoutant qu’il voulait en tout se conformer à l'intérêt général et qu’il était même prêt pour cela à affronter tout de suite la mort, s’il était nécessaire.

Voyant ses forces s’accroître de tous côtés, se rappelant les manœuvres de Lothaire contreson pèreet contre Charles, procédés qu'après la mort de son père rien n’avait pu l'empêcher de continuer contre ses frères ! — il y avait aussi ses serments, auxquels il venait encore de manquer —-, les conseillers de Charles disaient qu’ils voulaient bien réclamer de lui justice complète, mais que, d’après ces indices, ils ne pouvaient rien

Charles et Froger, p. 158). Lambert est sans doute le comte de Nantes de ce nom, qui avait dû se joindre aux Manceaux révoltés. Voir R. Merlet, Guerres d'indépendance de la Bretagne, dans la Revue de Bretagne et de l’Anjou, 1891, et Lot et Halphen, Le règne de Charles le Chauve, t. I, p. 22 et 76.

2. Sur l’histoire de Noménoé ou Nominoé, duc de Bretagne, dont la fidélité fut toujours douteuse, voir F. Lot, Mélanges d’hisloire bretonne (Paris, 1907), p. 33-40.

3. Voir plus haut, Liv. IE, ch. 1v, p. 48. La réunion avait été fixée au 8 mai.

4. Les Annales de Saint-Bertin confirment ce jugement sur la conduite de Lothaire : « Nec tamen contra eos (fratres suos) seu clam seu manifeste pravitatem suae cupiditatis adque crudelitatis destitit machinari. »

54 KAROLUS USQUE SEQUANAM PROGREDITUR (mart. 841)

sequi velle, sed his inditiis nil boni sperare * posse ; idcirco sibi undique consultum videri, quocumque modo posset, ad condictum placitum' venire minime differret ? ; quod si frater suus, uti promiserat °, communem utilitatem querere ac statuere vellet, hoc omnibus notis placere et, ut gratanter reciperetur, congruum esse ; sin aliter, fretus justicia ac per hoc auxilio divino suorumque fidelium et, quicquid regni pater suus amborumque fidelium consensu illi dederat, obtinere omni virtute non neglegat.

[6.] Ergo omnes Aquitanos, qui sue parti favebant, una cum matre post se venire praecepit ; insuper quicumque e Burgundia nec non‘ et inter Ligerem et Sequanam sui juris esse vellent similiter fecit?. Idem autem ipse una cum his qui per praesens aderant, quanquam difficile videretur, prefatum iter arripuit. Cumque Sequanam venisset, repperit Guntboldum*, Warnarium*#, Arnulfum”, Gerardum nec° non et omnes a Carbonariis et infra? comites, abbates, episcopos, ob hoc videlicet af Lodhario inibi relictos ut, si absque suo consensu transire vellet, minime posset. Accedebat# insuper quod amnis inundans vada ubique denegaverat, custodes autem fluminis omnes naves aut contriverant aut certe submerserant ; Gerardus quoque pontes quoscumque repperit destruxit. Igitur supra modum transitus difficilis effectus non modicam transire cupientibus inportabat molestiam.

a. sperasse 4. — b. differet corrigé en differret À. — c. promisserat 4. — d. non omis dans À. La restitution s'impose. — e. ne corrigé en nec À. — f. ad À. — g. Fol. 7 9, col. 1, de À.

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