Non loin de Moret
9. L'’occupation de Sens par Charles et les comtes bourguignons incite à penser que Garnier en était réellement comte, comme son homonyme du x® siècle.
58 LODHUWICUM LODHARIUS IMPETIT (april. 841)
Hinc noctu consurgit, per Uttamiter faciens speransque, uti nuntiatum illi fuerat, quos supra memoravimus in eodem saltu consistere. Disposuerat enim ubicumque et qualitercumque posset supra illos irruere ; quod et utique fecisset, nisi sollicitis vitae mors inminens pro foribus nunciaretur : quamobrem poene cuncti supra modum exterriti, quo quisque valuit fugam iniit. Quos quoniam Karolus consequi non potuit sociis equisque fessis, cenam Domini quieti indulgens, Tricasinorum civitatem in crastinum adtüit!.
[7.1] Eodem tempore, dum haec que praemisimus? a Karolo exsequerentur, Lodharius, uti praefatum est, dolo an vi Lodhuvicum aut subdere: aut, quod mavult, perdere posset, tota mente tractabat. In quo negotio congrue Otgarium Magontie* sedis episcopum? et Adhelbertum Metensium comitem convocat; habebat enim uterque Lodhuvicum ad mortem usque exosum.
Jam enim Adhelbertus ex infirmitate, qua poene per annum detentus fuerat, velut in supplementum fratricidii respiraverat* ; erat enim eo in tempore ita prudens consilio, ut sententiam ab eo prolatam non quilibet mutare vellet. Cujus instinctu Lodharius collectam hinc inde infinitam multitudinem Renum trajecit*, praemittens more solito qui minis blanditiisque pendulam* plebem subducere temptarent. Timens autem populus qui cum Lodhuwico erat” ne tantum exercitum ferref valeret, partim defecti ad Lodharium transeunt, partim fugam ineunt ac Lodhuwicum desolatum relinquunt. Qui, quoniam omne
a, quos À. — b. praemissimus corrigé en praemisimus À. — c. sudere corrigé en subdere À. — d. Maguntie corrigé en Magontie ÀA.—e. pendulam 4. —f. Fol. 8, col. 1, de À. — g. ferré À.
LOTHAIRE ATTAQUE LOUIS (avril 841) 59
De là il traversa la nuit la forêt d’Othe, espérant, d’après les renseignements qu’il avait recueillis, y rencontrer ses adversaires. Il avait décidé, en effet, de les attaquer de toute façon partout où il les trouverait ; et il l'aurait fait si ceux-ci n'avaient été avertis juste à temps du sort qui les menaçait : pris de panique, presque tous s’échappèrent où ils purent. Charles ne fut pas en état de les poursuivre, à cause de la fatigue de ses compagnons et de ses chevaux. Il se reposa le jeudi saint et se rendit le lendemain à Troyes{.
[7.] En même temps que se passait ce que nous venons de raconter sur Charles, Lothaire cherchait, on l’a vu, de tous ses efforts, à soumettre ou, si l’on préfère, à perdre Louis, par ruse ou par force. A cet effet, il convoqua habilement Ottokar, archevêque de Mayence, et Adalbert, comte de Metz, qui tous deux nourrissaient à l’égard de Louis une haïne mortelle.
Précisément, Adalbert venait de se remettre de la maladie dont il avait souffert presque toute l’année, juste à temps pour aider au fratricide à ; il jouissait alors d’une telle autorité dans les conseils que personne n’aurait osé s’écarter si peu que ce fût de ses avis. Poussé par lui, Lothaire, réunissant de tous côtés une énorme multitude de partisans, passa le Rhin, envoyant en avant, selon son habitude, des émissaires chargés de gagner, par menaces ou flatteries, la partie indécise de la population. Mais ceux qui étaient avec Louis, craignant de ne pouvoir supporter le choc d’une si grande armée, firent défection : les uns passèrent au parti de Lothaire et les autres s’enfuirent, laissant Louis tout seul ; et celui-ci, ne trouvant
1. Le jeudi saint tombant le 14 avril en 841, Charles arriva le 15 à Troyes. La poursuite des comtes rebelles à travers la forêt d’Othe, dans la direction de Troyes, et l'occupation de cette ville, aussitôt après, sont de nature à faire supposer que c'était là aussi le siège du comté de l’un d’entre eux, peut-être de Gombaud.