Épône, arr. et cant. de Mantes (Seine-et-Oise
4. M. Ernst Müller (édition de Nithard, p. 30, et Die Nithard- TInterpolation, dans le Neues Archiv, t. XX XIV, 1909, p. 683-722, principalement p. 686, 714 et suiv., 720 et suiv.) considère tout ce passage comme interpolé par le moine de Saint-Médard de Soissons, qui composa au xif siècle la Translation des saints Tiburce, Marcellin et Pierre à Saint-Médard (Mon. Germ. hist., Script.,t. XV, p. 391). Le transfert des reliques à Seligenstadt est, en effet, ra-
88 SUESSIONIS KAROLUS MORATUR (aug. 841)
Sancto Medardo occurrerunt* 1lli, deprecantes ut corpora sanctorum Medardi, Sebastiani, Gregorti, Tiburcu, Petri et Marcellini, Mari, Marthe, Audifax et Abacuc, Honesimi, Meresme et Leocadie? in basilicam ubi nunc quiescunt‘ et jam tunc maxima ex parte aedificata erat transferret. Quibus acquiescens, inibi mansit et, uti postulaverant, beatorum corpora propriis humeris cum omni veneratione transtulit ; insuper et villam quae Bernacha dicitur rebus ejusdem ecclesiae per aedictum addidit!.
His ita peractis Remensem urbem petiit*; quo cum venisset, nuncium recepit# quod Lodhuvicus® ad conventum, quod in Lingonicam urbem condixerant, venire non posset, eo quod Lodharius in regnum illius hostili manu
a. occurerunt À. — b. Ces noms, sauf Medardi, sont écrits sur un grallage, et en marge une main postérieure a ajouté : Mariani, Pelagii et Mauri, Floriani cum sex fratribus suis Gildardi, Sereni, et domni Remigii Rotomagorum (sic) archiepiscopi À. — c. Les mois in basilicam... quiescunt ont été ajoutés dans À au bas de la page avec un renvoi, d’une main qui paraît un peu postérieure. — d. Fol. 11 9, col. 1, de A. — e. Le d a été ajouté en interligne dans À.
conté par Éginhard (voir Marg. Bondois, La translation des saints Marcellin et Pierre, Paris, 1907, p. 31 et suiv.). Mais les Annales de Saint-Médard de Soissons, année 839, rapportent la même translation que Nithard, sous Charles le Chauve, avec la date du 27 août (Mon. Germ. hist., Script., t. XXVI, p. 520), et nous savons que l’abbé Hilduin a toujours prétendu posséder à Soissons les reliques des saints Marcellin et Pierre. Cf. Lot et Halphen, Charles le Chauve, p. 41, n. 5. En examinant le manuscrit de près, on s'aperçoit qu'il y a eu des grattages à partir de « Sebastiani », et que ce nom, ainsi que les suivants, ont été tracés d’une main un peu postérieure : Sebastiani, Gregorii, Tiburcii, Petri et Marcellini, Marti, Marthe, Audifax et Abacuc, Honesimi, Meresme et Le +. La fin du mot ocadie ne pouvant tenir sur la ligne avant «et jam tunc » avait été omise ; elle a été ajoutée par une main plus moderne, en interligne, au-dessus de la croix du renvoi à l'addition
SÉJOUR DE CHARLES A SOISSONS (août 841) 89
vinrent à sa rencontre le prier de transférer les corps des saints Médard, Sébastien, Grégoire, Tiburce, Pierre et Marcellin, Marius, Marthe, Audifax et Abacuc, Onésime, Méresme et Léocadie dans la basilique, déjà construite en grande partie, où ils se trouvent actuellement. Acquiesçant à leurs désirs, il s'arrêta et, comme ils l’avaient demandé, transporta sur ses propres épaules, avec toute la vénération requise, les corps saints ; en outre, il ajouta par acte authentique le village de Berny aux biens de la dite église!.
Cela fait, il se rendit à Reims2, où il reçut la nouvelle que Louis ne pourrait pas venir à la réunion qu'ils avaient fixée à Langres, parce que Lothaire menaçait d’envahir son royaume
de la marge inférieure (« in basilicam ubi nunc quiescunt »). On l’a même fait suivre d’un autre renvoi (croix de saint André) et en marge, à ce signe, la même seconde main a ajouté, les uns au-dessus des autres, les noms de « Mariani | Pelagi | et Mauri | Floriani | cum sex fratribus suis | Gildardi Sereni | et domni Remigii |
Remensium archiepiscopi (mots grattés) | Rotomagorum archiepiscopi. » L'écriture de cette addition marginale, avec des d onciaux, est différente de celle de l’interpolation du texte, qui se rapproche un peu plus de l'écriture du manuscrit. On peut dater la première main du xi* siècle et la seconde du x11*. Il semble bien que l’interpolateur n'ait ajouté dans le texte que très peu de noms, probablement Honesimi, Meresme et Le[ocadie], dont l'addition a contraint à récrire les autres, en les serrant, et finalement à renvoyer au bas de la page les mots in basilicam ubi nunc quiescunt, qui se trouvaient évidemment dans le texte primitif, car il est visible que la suite, à partir de «et jam tunc », n’a pas été touchée.
1. Mabillon a signalé dans les Annales ordinis S. Benedicti (t. II, p. 621) un diplôme de Charles le Chauve délivré à l'occasion de cette translation et concédant Berniacum, c’est-à-dire Berny (arr. de Soissons, cant. de Vic-sur-Aisne), avec d’autres biens, au monastère de Saint-Médard. Cet acte non daté, dont les formules sont en partie empruntées à un autre diplôme de Charles le Chauve (Tardif, APE ta historiques, p. 135, n° 212), n’est connu que par trois copies tirées d’un cartulaire perdu (Bibl. nat., collection Clairambault, vol. 561, fol. 643, et nouv. acq. lat. 2295, fol. 41 et 44), ainsi que me l’a signalé M. J. de Font-Réaulx. Il est très suspect et est resté inédit jusqu’à présent.
2. À son arrivée, l'archevêque Ebbon s'enfuit auprès de Lothaire, Voir Lot et Halphen, Le règne de Charles le Chauve, p. 42.
90 AD LODHUWICUM SUCCURRENDUM KAROLUS PROPERAT
irruere vellet'. Mandaverant etiam Huc avunculus ejus? nec non et Gislebertus comes Mansuariorum*, si in illis partibus isset, ad illum se una cum ceteris esse venturos.
[3.] Ergo tam pro fratris adjutorio quam et ut hos, si ad illum venire vellent, recipere posset, ad Sanctum Quintinum iter direxit*. Quo quidem Hugonem, sicut mandaverat, obviam habuit et inde in partes Trajecti iter direxit. Lodharius autem, ut haec audivit, omissoz Lodhuvico, quem paulo ante persequi statuerat, a Warmatia ad conventum, quod Teotonis villam indixerat, iter arripuit et qualiter super Karolum irrueret ? intendit.
Quod cum Karolus in Wasitico‘f didicisset, Hugonem et Adhelardum ad Gislebertum una cum ceteris quos‘ foedere quo valerent sibi adnecterent direxit. Rabanonem ? etiam ad Lodhuvicum dirigens, mandat qualiter pro
a. amisso À. — b. irruet 4.— c. Wasiticum À, ce qui ne peut être que le résultat d'une erreur de copie. — d. et À. — e. Mot omis dans À, mais dont la restitution est nécessaire au sens.
1. Lothaire avait, dans ce dessein, concentré ses forces à Spire. Voir Annales de Fulda, année 841.
2. Hugue l'Abbé, abbé de Saint-Quentin en même temps que de Saint-Omer et de Lobbes. Voir p. 6, 44 et 90.