‹ Histoire des fils de Louis le Pieux, éditée et traduiteChapitre 73 sur 113 · Sur Gilbert, comte de Maasgau, voir p · texte numérisé non relu

Sur Gilbert, comte de Maasgau, voir p

4. Le 1°r septembre 841, Charles était sur la route entre Reims et Laon, à Corbeny, où il délivra un diplôme en faveur de Saint- Maur-des-Fossés. Voir Recueil des historiens de France, t. VIII, p- 430, n° 5.

5. Lothaire venait de célébrer à Worms le mariage de sa fille, après avoir séjourné le 20 août à Mayence et fait une démonstration contre Louis au delà du Rhin. Voir Annales de Fulda et Annales de Saint-Bertin ; Bœhmer et Mühlbacher, n°5 1087 et 1370 a.

6. On a identifié « Wasiticum » avec Visé (Belgique, prov. de Liége). Cf. Bæœhmer et Mühlbacher, n° 1088 a; Lot et Halphen, Charles le Chauve, p. 43. Mais c’est impossible phonétiquement, l’é final correspondant au suffixe « -atum » et non pas au suffixe «-iticum ». Aux IXx°et x£° siècles, Visé (Wezet) s'appelait, en effet,

CHARLES PART AU SECOURS DE LOUIS (sept. 841) 91

à main armée!. Son oncle Hugue? et le comte de Maasgau, Gilbert 3, lui avaient, en outre, mandé que s’il venait de leur côté ils se joindraient tous à lui.

[8.] Il se dirigea donc sur Saint-Quentin, tant en vue de porter secours à son frère que pour être en mesure de recevoir la soumission de ceux qui voudraient venir à lui. Là, il rencontra Hugue, comme :il le lui avait demandé, et partit ensuite pour la région de Maëstricht. Mais dès que Lothaire l’apprit, négligeant Louis, que peu auparavant il avait décidé de poursuivre, il se rendit de Worms à l’assemblée qu'il avait convoquée à Thionville et examina de quelle manière il pourrait attaquer Charlesÿ.

Quand ce dernier, alors à Wasseiges6, en fut informé, il envoya Hugue et Alard à Gilbert et à tous les siens pour se les attacher par une alliance solide. En outre, il adressa Rabanon? à Louis, pour lui demander de venir à son secours

« Vuegesata, Veosatum, Viosatum, Wisatum, Veusedus, Veusegus » (en allemand « Wegesaz »). Cf. Lauer, Louis d'Outre-Mer, p. 83, n. 5. On ne peut pas non plus songer au pays de Waës, en latin « Wasia », ni à Wessem en Limbourg, et encore moins à Vassy, comme on l'avait jadis proposé (cf. Meyer von Knonau, p. 143, n. 21). En réalité, il s’agit sans doute de Wasseiges, village de la province de Liége (arr. de Waremme, cant. d’Avennes, sur la Méhaigne, affluent de gauche de la Meuse), dont on trouve la forme latine, « Wasidium » (cf. Spruner et Menke, Histor. Handatlas, carte n° 32), variante de « Wasiticum », meilleure leçon, à laquelle Wasseiges correspond parfaitement au point de vue phonétique, le suffixe « -iticum » donnant régulièrement « -eige » en français. De plus, cette localité est située dans le moyen pagus de Hesbaye, et nous savons par les Annales de Saint-Bertin que c'est en traversant ce pays (Hasbanienses adiit) que Charles apprit la marche hostile de Lothaire, tandis que Visé, sur la rive droite de la Meuse, n’est pas situé en Hesbaye proprement dite, mais bien dans le pays de Herve, compris entre la Meuse, la Vesdre et le pagus moyen d’Aix-la-Chapelle. Cf. Ch. Piot, Les pagi de la Belgique (extrait des Mémoires de l’Académie royale de Belgique, 1874), p. 116 et suiv., et la carte.

7. Ce personnage est probablement à identifier avec le « Ravanus » des Annales de Saint-Bertin et le « Rhaban signifer » des Annales de Fulda, dont la mort est rapportée à l’année 844. Cf. Meyer

92 EXEMENO EPISCOPUS AD LOTHARIUM MISSUS (sept. 841)

suo adjutorio 1illis in partibus isset', quod Lodharius audiens, illo omisso, supra se cum omnibus copiis ire pararet , monetque“ ac deprecatur ut quantotius posset, solito more adjutorium ïilli praebere studeret. Insuper autem Exemenonem venerabilem episcopum? ad Lodharium direxit ;, solito more humiliter praecepit ut roget, ut obsecret meminerit quod frater filiolusque ejus sit ; meminerit quæ pater inter illos statuerat, quae tam is quam et sui inter illos juraverant { ; meminerit quod ? novissime judicio Dei inter illos nee ejus declarata sit ; et, si horum omnium recordare nolit, cesset a D ie sancte Dei ecclesie, misereatur pauperum, viduarum orfanorumque, et regnum a patre suo consensu sibi datum ut ingrediatur omittat, ne forte iterato populum christianum‘ ad cedem mutuam confluere compellat#. Et his ita compositis, idem ipse Parisiacam urbem adiit, tam fratris sui Lodhuvici adventum quam et ceteros fideles suos, quos undique convocaverat, prestolaturus.

Quod cum Lodharius didicisset, ad eandem urbem iter direxit ; habebat enim tam Saxonum? quam et Austrasiorum nec non et de Alamannis partem haud modicam secum; horumque auxilio praemaxime confisus‘, ad Sanctum Dyonisium venit$. Reppererat autem inibi naves plus minus xxtl; insuper quoque Sequana, uti mense septembrio solet, exigua erat transitumque perfacilem

a.monensque À, leçon maintenue par E. Müller dans son édition, mais qu'il y a lieu de corriger en monetque, comme l'avait déjà fait Duchesne dans la sienne. — b. Fol. 11 v°, col. 2, de A. — c. Transcrit Xpristianum dans A. — d. conpellat corrigé en CopeAte A. — e. confissus corrigé en confisus À.

von Knonau, p. 101, n. 163. — Hugue l’Abbé, le sénéchal Alard et Gilbert, comte de Maasgau, dont il est question ci-dessus, ont été identifiés, p. 44, n. 1 et 2, et p. 90, n. 2 et 3.

AMBASSADE D’EMMON AUPRÈS DE LOTHAIRE (sept. 841) 93

dans cette région!, parce que Lothaire, à la nouvelle de son arrivée, changeant de plan, se préparait à marcher contre lui avec toutes ses troupes ; en l’avisant, il le priait de venir le plus rapidement possible lui prêter aide, comme il l’avait déjà fait. Puis il chargea, — humblement, selon sa coutume, — le vénérable évêque Emmon? d'aller prier Lothaire et le supplier, au besoin, de se souvenir qu’il était son frère et son filleul ; de se rappeler ce que son père avait décidé entre eux, et ce que lui et les siens avaient juré d'observer ; de se rappeler aussi que tout récemment sa volonté s’était manifestée à leur égard par le jugement de Dieu ; et de l’inviter, s’il ne voulait pas se rappeler tout cela, à cesser de persécuter la sainte Église de Dieu, à avoir pitié des veuves et des orphelins, à s’abstenir de pénétrer dans le royaume qui lui avait été concédé du consentement paternel, de peur de pousser peut-être une seconde fois les peuples chrétiens à s’entretuer. Et, les choses étant ainsi décidées, il se rendit à Paris pour attendre l’arrivée de son frère Louis et de ses autres fidèles, qu’il avait convoqués de toutes parts‘.

A cette nouvelle, Lothaire se dirigea vers cette ville ; car il avait avec lui une quantité considérable de Saxons”, d’Austrasiens et d’Alamans, en l’aide desquels il avait la plus grande confiance. Il arriva ainsi à Saint-Denis$ et y trouva environ vingt navires ; en outre, la Seine, comme d'ordinaire en septembre, étant basse, offrait un passage très facile. C’est

1. Septembre 841. Cf. Bæœhmer et Mühlbacher, 2€ éd., n°8 1088 a et 1370 b ; Lot et Halphen, Le règne de Charles le Chauve, t. I, p. 43.

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