Le 14 février
6. Variante abrégée d’Argentoratum, forme classique complète des inscriptions latines. Cf. Alfred Holder, Altceltischer Sprachschatz, t. I (Leipzig, 1896), col. 212.
” : : 202: STRASBURGI LODHUWICUS ET KAROLUS CONVENIUNT
burg' vulgo dicitur, convenerunt et sacramenta que subter notata sunt, Lodhuvicus romana, Karolus vero teudisca lingua?, juraverunt. Ac sic, ante sacramentum®, circumfusam plebem, alter teudisca, alter romana lin- gua, alloquuti sunt. Lodhuvicus autem, quia major natu, prior exorsus sic coepit :
« Quotiens Lodharius ? me et hunc fratrem meum, post «obitum patris nostri, insectando usque ad internecio- «nem‘ delere .conatus sit nostis. Cum autem nec fra- « ternitas#nec christianitas‘ nec quodlibet ingenium, salva « justicia, ut pax inter nos esset, adjuvare posset, tandem « coacti rem ad juditium omnipotentis Dei detulimus, ut « suo nutu quid cuique deberetur contenti essemus. In « quo nos, sicut nostis, per misericordiam Dei victores exti- « timus, is autem victus una cum suis quo valuit secessit. « Hinc vero, fraterno amore correpti nec non et super « populum christianum/” conpassi, persequi atque delere « illos noluimus, sed hactenus, sicut et antea, ut saltem « deinde cuique sua justicia cederetur mandavimus.
« At ille post haec non contentus judicio divino, sed « hostili manu iterum et me et hunc fratrem meum* per- « sequi non cessat, insuper et populum nostrum incendiis; « rapinis cedibusque devastat. Quamobrem nunc, necessi- «tate coacti, convenimus et, quoniam vos de nostra sta- « bili fide ac firma fraternitate dubitare credimus, hoc sa-
a. sacramenta corrigé en sacramentum À.— b. Fol. 13, col. 1, de A. — c. internictionem corrigé en internecionem 4. — d. fraternitac corrigé en fraternitas À. — e. Transcrit Xpistianitas dans À. — . Transcrit Xpistianum dans À.
1. Sur les différentes formes de ce nom qu’on rencontre dès le vitie siècle, voir Ernst Fœrstemann, Altdeutscher Namenbuch, t. II
LOUIS ET CHARLES A STRASBOURG (14 février 842) 103
qui aujourd’hui est appelée communément Strasbourg!, et prêtèrent, Louis en langue romane et Charles en langue tudesque, les serments qui sont rapportés ci-dessous. Mais avant de prêter serment, ils haranguèrent comme suit le peuple assemblé, l'un en tudesque, l’autre en langue romane, Louis, en sa qualité d’aîné, prenant le premier la parole en ces termes :
« Vous savez à combien de reprises Lothaire s’est efforcé de « NOUS anéantir, en nous poursuivant, moi et mon frère ici « présent, jusqu’à extermination. Puisque ni la parenté ni « la religion ni aucune autre raison ne pouvait aider à main- « tenir la paix entre nous, en respectant la justice, contraints « par la nécessité, nous avons soumis l'affaire au jugement du «a Dieu tout-puissant, prêts à nous incliner devant son ver- « dict touchant les droits de chacun de nous. Le résultat fut, « comme vous le savez, que par la miséricorde divine nous «avons remporté la victoire et que, vaincu, il s’est retiré « avec les siens là où il a pu. Mais ensuite, ébranlés par « l'amour fraternel et émus aussi de compassion pour le peuple « chrétien, nous n’avons pas voulu le poursuivre ni l’anéantir ; « nous lui avons seulement demandé que, du moins à l'avenir, « il fût fait droit à chacun comme par le passé.
« Malgré cela, mécontent du jugement de Dieu, il ne cesse « de me poursuivre à main armée, ainsi que mon frère ici « présent à ; il recommence à porter la désolation chez notre « peuple en incendiant, pillant, massacrant. C’est pourquoi, «a poussés maintenant par la nécessité, nous nous réunis- « sons, et pour lever toute espèce de doute sur la constance
(Ortsnamen), 2° partie (Bonn, 1916), col. 904. — Les Annales de Saint-Bertin et de Fulda signalent aussi, sous l’année 842, la substitution récente du nom germanique au nom celtique ou gallo-romain, dont le souvenir n’était pas perdu.
2. Les mots romana lingua désignent la langue romane vulgaire parlée en Gaule à cette époque, et les mots teudisca lingua le dialecte vieil-allemand parlé par les Francs, ou francique.
3. En prononçant ces mots, Louis devait désigner du geste son frère Charles, à ses côtés.
104 SACRAMENTA STRASBURGI HABITA (14 febr. 842)
« cramentum inter nos in conspectu vestro jurare decre- « VIMUS.
« Non qualibet iniqua cupiditate illecti hoc agimus, sed « ut certiores, si Deus nobis vestro adjutorio quietem dede- « rit, de communi profectu simus. Si autem, quod absit, « sacramentum quod fratri meo juravero violare prae- « sumpsero, a subditione mea necnon et a juramento « quod mihi jurastis unumquemque“ vestrum absolvo. »
Cumque Karolus haec eadem verba romana lingua perorasset, Lodhuvicus, quoniam major natu erat, prior haec deinde se servaturum testatus est! :
« Pro Deo amur et pro christian poblo et nostro com- « mun salvament, d’ist di in® avant, in quant Deus savir «et podir? me dunat, si salvarai‘ eo cist meon fradre « Karlo et in aiudha et in cadhuna cosa, si cum om per « dreit son fradra salvar dift‘{, in o quid il mi altresi « fazet et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, qui, « meon vol, cist meon fradre Karle in damno sit. »
a. Fol. 13, col. 2, de À. — b. en corrigé en in A4. — c. l’a paraît exponctué À. — d. adiudha corrigé en aiudha 4. — e. On peut aussi lire dist, mais cette lecture paraît moins satisfaisante phonétiquement. Les ligatures st et ft sont identiques dans À. Voir le fac-similé que nous donnons en têle du volume.
1. Contrairement à ce qui s'était passé pour l’allocution qui précède, où chacun des deux rois tenait à mettre lui-même ses propres sujets au courant de la situation, Louis le Germanique parle cette fois en roman et Charles le Chauve en tudesque, afin que le serment de chacun soit bien compris des fidèles de l’autre, vis-à-vis desquels il s'engage. Sur les textes suivants en français des serments de Strasbourg, voir Ed. Koschwitz, Les plus anciens monuments de la langue française, 2 fascicules (Textes diplomatiques et Textes critiques), 98 et 4€ éd. (1920), où l’on trouvera la bibliographie, un glossaire et le texte restitué par Grœber. Ces dernières éditions ne sont que des réimpressions de celle de 1902. — Sur le dialecte des serments, qu’on a prétendu picard,
SERMENTS DE STRASBOURG (14 février 842) 105
« de notre fidélité et de notre fraternité, nous avons décidé de « prêter ce serment l’un à l’autre, en votre présence.
« Nous ne le faisons pas sous l'empire d’une inique cupi- « dité, mais seulement pour que, si Dieu nous donne le repos « grâce à votre aide, nous soyons assurés d’un profit commun. « Si toutefois, ce qu’à Dieu ne plaise, je venais à violer le « serment juré à mon frère, je délie chacun de vous de toute « Soumission envers moi, ainsi que du serment que vous « m'avez prêté. »
Et lorsque Charles eut répété les mêmes déclarations en langue romane, Louis, étant l'aîné, jura le premier de les observer! :
« Pour l’amour de Dieu et pour le peuple chrétien et notre « salut commun, à partir d’aujourd’hui, en tant que Dieu me « donnera savoir et pouvoir, je secourrai ce mien frère « Charles par mon aide et en toute chose, comme on doit « secourir son frère, selon l'équité, à condition qu'il fasse de « même pour moi, et je ne tiendrai jamais avec Lothaire « aucun plaid qui, de ma volonté, puisse être dommageable « à mon frère Charles. »
poitevin ou lyonnais, voir G. Paris, dans la Romania, t. XXXI (1902), p. 615.
2. Au sujet des formes de ces verbes, voir P. Meyer, dans la Romania, t. III (1874), p. 371 ; Koschwitz, Commentar zu den äliesten franzæsischen Sprachdenkmaælern, 1 (1886), p. 15.
3. On a proposé de corriger et en er (= serai), ce qui, en effet, est peut-être plus satisfaisant pour la construction de la phrase. Voir Clédat, dans la Revue des langues romanes, 1885, p. 305, et 1887, p. 158; Settegast, dans la Zeitschrift für romanische Philologie, t. X (1886), p. 169; P. Meyer, dans la Romania, t. XV (1886), P- 633.
4. Joret (dans la Revue critique, 1887, p. 16), Salvione (dans le Giornale storico della letteratura italiana, t, X, 1887, fasc. 3) et G. Paris (dans les Miscellanea di filologia e linguistica, Florence, 1886, p. 9) lisent ou corrigent dift (— debet). Diez avait lu et interprété dist (— debet) ; d’autres ont interprété dist (— decet), ce qui paraît moins acceptable, étant donné la construction de la phrase. Voir Schwan, dans la Zeitschrift für romanische Philologie, t. XI
106 SACRAMENTA STRASBURGI HABITA (14 febr. 842)
Quod cum Ludhovicus explesset, Karolus teudisca lingua sic hec* eadem verba testatus est! :
« In Godes minna ind in thes christianes” folches ind « unser bedhero gehaltnissie, fon thesemo dage fram- « mordes, so fram so mir Got geuuizci indi mahd* furgi- «bit, so haldih thesan‘ minan bruodher, soso man mit « rehtu sinan bruher/ scal, in thiu thaz er mig so samas « duo, indi mit Ludheren * in nohheïniu‘ thing ne gegango, «the, minan uuillon, imo ce scadhen uuerdhen #. »
Sacramentum autem quod utrorumque populus, quique propria lingua, testatus est, romana lingua sic se habet :
« Si Lodhuuigs sagrament que son fradre Karlo jurat «conservat et Karlus, meos sendra, de suo? part non « l'ostanit$, si io returnar non l'int pois, ne io ne neuls
a. ec corrigé en hec 4. — b. Transcrit Xpistanes dans A. — €. gealnissi corrigé en gealtnissi 4. — d. madh À. —e. tesan À. — 1. Sic À, pour bruodher, comme ci-dessus. — g.soma 4.— h. Luheren À. Le copiste a tendance à supprimer la dentale. — i. noheiniu corrigé en nohheiniu 4. — 7j. zhe À. Ii faut corriger the, car il n'y a pas d'exemple du groupe zh en vieux-haut-allemand. — k. uuerhen 4.
1. Pour les textes suivants en « francique rhénan », voir Denkmaæler deutscher Poesie und Prosa aus dem VIII-XII Jahrhundert, par K. Müllenhoff et W. Scherer, 3° éd., revue par Steinmeyer, (Berlin, 1892), p. 231-232, et W. Braune, Althochdeutsches Lesebuch {Halle, 1907), p. 53-54. — Nous avons conservé partout les doubles u, dont l'interprétation à cette époque est douteuse. M. J. Vendryès, professeur à la Faculté des lettres de Paris, a bien voulu nous communiquer les corrections admises par les germanistes. Nous les adoptons, en laissant au texte, autant que possible, la graphie du manuscrit, mais en distinguant les mots non séparés.
2. Diez corrigeait ce mot suwo en sua et Grœber en sue, mais il est préférable de laisser le texte tel qu'il nous est parvenu, même avec
SERMENTS DE STRASBOURG (14 février 842) 107
Lorsque Louis eut terminé, Charles répéta le même serment en langue tudesque! :
« Pour l'amour de Dieu et pour le salut du peuple chrétien « et notre salut à tous deux, à partir de ce jour dorénavant, « autant que Dieu m'en donnera savoir et pouvoir, je secour- « rai ce mien frère, comme on doit selon l'équité secourir son « frère, à condition qu'il en fasse autant pour moi, et je n’en- « trerai avec Lothaire en aucun arrangement qui, de ma vo- « lonté, puisse lui être dommageable. »
Et le serment que prononça chaque nation dans sa propre langue est ainsi conçu en langue romane :
« Si Louis observe le serment qu'il jure à son frère Charles et « que Charles, mon seigneur, de son côté, ne le maintient « pas, si je ne puis l'en détourner, ni moi ni aucun de ceux
ses incorrections, du moment qu'il est intelligible, car il ne faut pas oublier que nous avons un spécimen de langage populaire, avec des voyelles à prononciation souvent indécise, que le scribe, habitué au latin, devait être embarrassé d'écrire.
3. Le manuscrit porte ñ lostanit, et de nombreuses interprétations en ont été proposées : non lo se tanit (— tenet), par Diez et Cornu ; non lo stanit ou l’ostanit (= ex + tenet, obstinet), par Buchholtz et Boucherie; lo franit (= frangit), par Paul Meyer et Suchier; l'enfraint (= infrangit), par Lucking; non lo suon tint (= tenuit), par Grœber ; de suo partem lo fraint (= frangit), par Lindner ; lo suon fraint (= frangit), par Gaston Paris. Enfin, tout récemment, M. G.-G. Nicholson (Recherches philologiques romanes, Paris, 1921, in-89, p. 235-241) a proposé de restituer de suo part in lo s[agramen]t anit (= abneget), ce qui est tout à fait inadmissible (cf. Roques, dans la Romania, t. XLVII, p. 621). — On pourrait aussi lire non lo s[en] tanit, en supposant qu’un trait abréviatif aurait surmonté l’s, ce qui donnerait régulièrement sen. Cette leçon aurait l'avantage de s'expliquer paléographiquement, et la forme sen (= suum) se rencontre dans le Fragment de Valenciennes (éd. Koschwitz, op. cit., textes critiques, p. 7, ligne 11), qui est, on le sait, d’une date assez voisine. Mais il semble préférable de garder la leçon du manuscrit et d'interpréter « osfanit » dans le sens du vieux français obstenir, défendre, maintenir.
108 SACRAMENTA STRASBURGI HABITA (14 febr. 842)
« cui eo returnar int pois, in nulla aiudha* contra Lo- « dhuuuig nun liiuer'!.»
Teudisca autem lingua :
« Oba® Karl then eid then er sinemo: bruodher Lu- « dhuuuige * gesuor geleistit, indi Ludhuuuig, min herro, «then er imo gesuor forbrihchit, ob ih inan es iruuenden «ne mag, noh ih noh thero nohheiïn, then ih es iruuenden « mag, uuidhar Karle imo ce follusti ne uuirdhit. »
Quibus® peractis Lodhuwicus Renotenus per Spiram et Karolus juxta Wasagum per Wizzunburg Warmatiam iter direxit?.
Aestas autem in qua” praefatum exactum est prelium fuit frigida nimis et omnes fruges persero collectae sunt ; autunnus vero et hiemps naturalem ordinem peregerunt. Ac eadem die qua praedicti fratres nec non et primores populi praefatum pepigere pactum, subsequente gelu® nix multa cecidit. Stella cometis mense decembrio et januario nec non et februario usque praelatum conventum apparuit, per Pisces centrum ascendit et inter signum quod a quibusdam Lyra, a quibusdam vero Andromeda vocatur, et Arcturum obscuriorem hoc concilio expleto defecit. Haec paucis de temporum siderisque * serie’ delibatis, ad historiae tramitem revertamur.
a. aiuha corrigé en aiudha À.— b. Fol. 13 v°, col. 1, de À. — c. Le premier jambage de l’m est effacé À. — d. Hudhuuuig corrigé en Ludhuuuige 4. — e. Quipus corrigé en Quibus À. — f. quo À. — g. gellu corrigé en gelu À. — h. que À. — à. serie À.
1. On a interprété 1u er tantot — ego ero (Grimm), tantôt — 1b1 ero (Gaston Paris et Grœæœber). — Nous traduisons ici : « nous ne lui serons » et « nous ne lui prêterons » dans la version germanique ; mais, littéralement, il faudrait traduire : « je ne lui serai » et « je ne lui préterai ».
SERMENTS DE STRASBOURG (14 février 842) 109
« que j'en pourrai détourner, nous ne lui serons! d’aucune « aide contre Louis. »
Et en langue tudesque :
« Si Charles observe le serment qu'il a juré à son frère Louis «et que Louis, mon seigneur, rompt celui qu’il lui a juré, si « je ne puis l’en détourner, ni moi ni aucun de ceux que j'en « pourrai détourner, nous ne lui prêterons aucune aide contre « Charles. »
Cela terminé, Louis se dirigea sur Worms, le long du Rhin, par Spire, et Charles le long des Vosges, par Wissembourg2.
L'été où eut lieu la bataille rapportée plus haut fut très froid et toutes les récoltes se trouvèrent très retardées ; mais l'automne et l’hiver suivirent leur cours normal. Et le jour même où lesdits frères et les premiers du peuple conclurent le susdit pacte, la gelée survenant, la neige tomba en abondance. Une comète apparut en décembre, janvier et février, jusqu’à l’entrevue susmentionnée 5, s’éleva au centre du signe des Poissons et disparut dans l’obscurité, la réunion une fois terminée, entre la constellation que quelques-uns appelient la Lyre, d’autres Andromède, et l’Arcture À. Après ces quelques mots sur le cours des saisons et des astres, reprenons le fil de notre histoire.
2. Charles traversa les Vosges septentrionales ou Hardt, et, le 24 février 842, il était à Worms, où il délivrait un diplôme en faveur de Saint-Arnoul de Metz (Recueil des historiens de France, t. VIII, p. 430, n° 4). Cf. Lot et Halphen, Le règne de Charles le Chauve, t. I, p. 49.
3. Cette entrevue est évidemment celle des rois Charles et Louis à Strasbourg.
4. Cette comète est signalée depuis le 25 décembre 841 jusque vers Pâques 842 dans le signe du Verseau par les textes suivants : Annales de Fulda, année 841; Annales de Xanten, année 842; Chronique de Saint-Wandrille, année 842 ; Florus de Lyon, Querela de divisione imperii, v. 104 (Poet. lat. aevi Carol., t. II, p. 562). Arcture est dans la constellation du Bouvier.
5. Mêmes expressions dans Paul Diacre, Histoire des Lombards, iv. IV, ch. xxxvit (dans les Mon. Germ., Script. rer. Langob., p. 132) : « Haec paucis de propriae genealogiae serie delibatis, nunc generalis historiae revertamur ad tramitem. »
Nithard. 9
110 LUDHOWICI ET KAROLI FRATERNA UNANIMITAS
Cumque Warmatiam venissent!, missos deligunt, quos protinus ad Lodharium et in Saxoniam® mittunt?, et horum nec non et Karlemanni* adventus inter Warmatiam et Magonciacum* prestolarentur® statuunt.
[6.] Hic quoque haudquaquam ab re, quoniam jocunda ac merito notanda videntur, de qualitate horum regum et unanimitate, qua‘ interea deguerint, pauca referre libet.
Erat quidem utrisque forma mediocris ° cum omni decore pulchra” et omni exercitio apta ; erat uterque audax, largus, prudens pariter et eloquens ; omnemque praemissam nobilitatem excedebat fratrum sancta ac veneranda concordia. Nam convivia erant illis poene assidua et, quodcumque precium habebant, hoc alter alteri perhumane dabat. Una domus erat illis convivii et una somnii ; tractabant tam pari consensu communia quam et privata; non quicquam aliud quilibet horum ab altero petebat, nisi quod utile ac congruum illi esse censebat.
Ludos etiam hoc ordine sepe causa exercitii frequentabant. Conveniebant # autem quocumque congruum spectaculo videbatur et, subsistente hinc inde omni multitudine, primum pari numero Saxonum*, Wasconum, Austrasiorum, Brittonum”, ex utraque parte, veluti invicem adversari sibi vellent, alter in alterum veloci cursu ruebat ; hinc pars terga versa protecti umbonibus ad socios insectantes evadere se velle simulabant, at versa vice
a. Saxiniam corrigé en Saxoniam. Les premières lettres du mot sont très effacées À. — b. Magonciancum 4. — c. prestolaretur 4, qu’il faut corriger en prestolarentur, en sous-entendant ut. Même sens que la correction se praestolaturos proposée par Lot et Halphen, Le règne de Charles le Chauve, é. I, p.50, n. 2. — d.que 4.—e. Fol. 13 v°, col. 2, de A.— f. pulcra corrigé en pulchra À. — g. cumveniebant corrigé en conveniebant 4. — k. Saxonarum corrigé en Saxonorum 4. — 1. Wasconorum À. — 7. Brittonorum À.