Fils aîné de Louis le Germanique
4. Cf. Annales de Saint-Bertin, année 841 : «convivii etiam consiliorumque unanimitate. »
5. Il est à remarquer que Du Cange ne fait aucune allusion à ce très intéressant passage de Nithard dans ses Dissertations V et VI sur les Cours et les fêtes solennelles des rois de France et sur l’Origine des tournois (Glossarium mediae et infimae latinitatis, éd. Didot, t. VII, p. 19 et 23; éd. Favre, t. X, p. 16 et 19).
112 DE MILITUM LUDIS PROPE WORMATIAM HABITIS
iterum illos quos fugiebant persequi studebant, donec novissime utrique reges cum omni juventute ingenti clamore equis emissis astilia crispantes exiliunt et nunc® his, nunc illis terga dantibus insistunt. Eratque res digna pro tanta nobilitate nec non? et moderatione spectaculo ; non enim quispiam in tanta multitudine ac diversitate generis, uti sepe inter paucissimos et notos contingere® solet, alicui aut lesionis aut vituperii quippiam inferre audebat.
[7.] His ita se habentibus, Karlemannus cum ingenti exercitu Baioariorum et Alamannorum ad patrem suum Mogontiam venit'. Bardo? vero, qui in Saxoniam missus fuerat, similiter fecit, nuntians quod Saxones mandata Lodbarii sprevissent et, quicquid Lodhuvicus et Karolus illis praeciperent, libenter id facere vellent*. Lodharius quoque missos qui ad se directi fuerant, inconsulte audire distulit {. Quod tam Lodhuvicus quam et Karolus nec non et universus® exercitus aegre tulerunt et qualiter idem ipsi ad illum pervenire possent, intendunt *.
Ergo xvI kal. aprelisf illis in partibus viam dirigunt ; et Karolus quidem per Wasagum iter difficile ingressus, Lodhuvicus vero terra Renoque per Bingam ”, Karlemannus £ autem per Einrichi® ad Conflentim in crastinum hora
a. nuc corrigé en nunc À. — b. non omis dans À et que le sens oblige à restituer. Même omission plus haut, p. 54, n. d. — c. contigi 4. — d. Fol. 14, col. x, de À. — e. universis corrigé en universus À. — f. Bingum corrigé en Bingam À. — g. Kalemannus corrigé en Karlemannus À.
1. Février-mars 842. Cf. Bœhmer et Mühlbacher, 2e éd. n° 1370 8, P- 574.
2. Sur ce personnage, qui avait le titre de comte, voir Dümmiler, Geschichte des ostfrænhischen Reiches, 2° éd., t. I, p. 173, n. 6.
JEUX MILITAIRES PRÈS DE WORMS (févr.-mars 842) 113
gnaient de vouloir échapper par la fuite à leurs camarades qui les poursuivaient ; ensuite, renversant les rôles, ils se mettaient à poursuivre à leur tour ceux devant lesquels ils avaient fui d’abord ; et finalement les deux rois, à cheval, avec toute la jeunesse, s’élançant au milieu de grandes clameurs et brandissant leurs lances, chargeaient parmi les fuyards tantôt les uns, tantôt les autres. Et c'était un spectacle digne d’être vu, tant à cause de la noblesse si nombreuse qui y prenait part, que de la belle tenue qui y régnait ; personne, en effet, dans cette multitude de races diverses, ne s’avisait de faire aucun mal ni de proférer aucune injure à l'égard de quiconque, comme on le voit arriver trop souvent entre personnes peu nombreuses qui se connaissent.
[7.] Les affaires en étaient là lorsque Carloman, avec une forte armée de Bavarois et d’Alamans, arriva à Mayence, auprès de son père'!. Et Bardon, qui avait été envoyé en Saxe, revint aussi, avec la nouvelle que les Saxons avaient méprisé les avances de Lothaire et qu'ils accepteraient volontiers de faire tout ce que Louis et Charles leur commanderaient3. En outre, Lothaire refusa inconsidérément d’entendre les messagers qui lui avaient été envoyési, ce qui irrita Louis et Charles, ainsi que toute leur armée et les décida à marcher contre luiÿ.
Donc, le 16 des calendes d’avril6, ils se mirent en marche dans cette région, Charles à travers les Vosges? par une route difficile, Louis par Bingen et la vallée du Rhin, Carloman par le pays d’Einriches, et ils arrivèrent le lendemain, vers ix
3. C'était le retour de l’ambassade dont il a été question p. 110.