X PLAN ET BUT DE L'OUVRAGE
vue, si l’on veut être en mesure d'utiliser à sa valeur réelle cette si vivante évocation des premiers conflits dont sortit le démembrement définitif de l'empire de Charlemagne.
3- PLAN ET BUT DE L'OUVRAGE. — L'ouvrage de Nithard n’a pas été écrit au hasard de la plume. L'auteur a cherché à y présenter les faits dans un enchaînement logique, en tirant les conséquences des événements militaires ou en exposant les résultats des négociations, et à lui donner une forme de nature tout ensemble à convaincre et à séduire le lecteur. Cette préoccupation ressort nettement des quelques phrases qu'il a placées, à l’imitation des historiens de l'antiquité, dans les préfaces et les conclusions des quatre livres que renferme son Histoire.
On y voit qu'il se propose de justifier Charles le Chauve aux yeux de la postérité des attaques imméritées auxquelles ce prince a été en butte. Grand admirateur de Charlemagne, son aïeul maternel, Nithard eût souhaité de ne rien dire qui ne fût à la gloire de sa famille ; mais, voulant avant tout faire œuvre de justice, force lui a été, pour rappeler l’origine du différend, de remonter au règne de Louis le Pieux, et ce sont les défaillances de ce prince qui fournissent la matière de son premier livre. Avec le second, il entre dans le vif du sujet et raconte par quelles machinations Lothaire essaya de faire prévaloir son autorité. Il s'excuse, entre temps, des omissions ou négligences auxquelles les difficultés quotidiennes l'ont condamné.
Il aurait préféré, déclare-t-il, s'arrêter après la sanglante journée de Fontenoy (841), « jugement de Dieu » qui paraissait devoir terminer la guerre civile; mais, craignant que l’on ne vint à dénaturer la vérité des faits qui suivirent, il se décide à ajouter un troisième livre sur « les événements auxquels il a pris part »; et c'est en cet endroit qu'il rapporte le texte des fameux serments échangés à Stras-