‹ Histoire des fils de Louis le Pieux, éditée et traduiteChapitre 82 sur 113 · LA TROISIÈME CAMPAGNE DE LOTHAIRE ET LES PRÉLIMINAIRES DE PAIX · texte numérisé non relu

LA TROISIÈME CAMPAGNE DE LOTHAIRE ET LES PRÉLIMINAIRES DE PAIX

Non seulement 1l me serait agréable, comme je l’ai dit !, de surseoir à mon œuvre de narrateur, mais encore mon esprit anxieux, assiégé par les disputes, cherche sans repos le moyen d'échapper complètement à la politique. Néanmoins, comme la fortune a uni mon sort à tout ce qui se passe dans les deux camps et que je me trouve ballotté malgré moi parmi de terribles tempêtes, j'ignore en réalité absolument en quel port j'aborderai. En attendant, toutefois, si je trouve quelque répit, quel inconvénient y a-t-il à ce que je m'occupe de fixer par écrit pour en conserver la mémoire, ainsi qu’on me l’a commandé, les actes de nos princes et des grands? Je m'attacherai donc à rédiger cette quatrième partie, et si je ne puis, ce faisant, influer utilement sur le cours des événements futurs, je contribuerai cependant par mon travail à dissiper pour la postérité les ténèbres de l'erreur.

[1.] Dès que Louis et Charles apprirent de façon certaine que Lothaire avait quitté son royaume, ils se rendirent au palais d'Aix, qui était alors la capitale de la « France », et, dès le lendemain, délibérèrent sur le parti qui paraîtrait le meilleur à prendre au sujet du peuple et du royaume abandonnés par leur frère. Et, tout d’abord, il leur apparut qu'il fallait en référer aux évêques et aux prêtres, qui étaient présents pour la plupart, afin que le principe de ce règlement et sa force résultassent de leur décision, comme d’une émanation de la volonté divine. Et cet avis ayant paru dicté par la raison, on s’en remit à eux.

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