LES ENVOYÉS DE LOTHAIRE A MELLECEY
s’y rendait par Reims, afin de délibérer sur ce qui leur paraîtrait bon de faire pour l'avenir.
[8.] Vers le même temps, les Normands pillèrent Quentawich!, et de là, passant la mer, ravagèrent de même Harwich3 et Norwich3. Quant à Lothaire, retiré sur les bords du Rhône, il y fixa sa résidence, appuyé par la flottille du fleuve, et y attira de partout à son secours tous ceux qu'il put. Cependant, il envoya un ambassadeur prévenir ses frères que, s’il savait où le faire, il leur adresserait les premiers de ses fidèles pour négocier la paix.
Il lui fut répondu qu’il envoyât qui il voudrait, qu'il était facile de savoir où ils se trouvaient à n’importe quel moment ; et eux-mêmes se dirigèrent ensemble vers Chalon(-sur- Saône], en passant par Troyes. Lorsqu'ils furent parvenus à Mellecey®, Josephf, Évrard?, Egbert8 et tous les autres du parti de Lothaire vinrent à eux?, déclarant que celui-ci avait reconnu qu'il avait péché envers Dieu et envers eux 1° et qu'il ne voulait plus qu'il y eût de contestation entre eux et le peuple chrétien. S'ils voulaient lui ajouter quelque chose en plus du tiers de l’empire, eu égard au titre d’empe-
mer et Mühilbacher, 2° éd., n°8 rog1 : et 1371 d), bien que la forme latine du nom usitée ici (dérivée de Catalaunis) soit en réalité celle de Chälons-sur-Marne. Cette confusion prouve, comme on l’a observé, que la prononciation courante des deux noms était déjà identique dans le français du 1x° siècle.
5. Mellecey, arr. de Chalon-sur-Saône, cant. de Givry (Saône-et- Loire).
6. Ce personnage, qui paraît avoir été un haut dignitaire de la cour sous Louis le Pieux, est déjà plus haut du parti de Lothaire, iv. I, ch. vu, p. 31.
7. Évrard, marquis de Frioul. Cf. Dümmler, Geschichte des ostfrænkischen Reiches, 2e éd., t. I, p. 119, n. I.
8. Dümmler (ouvr. cit., t. I, p. 179, n. 4) suppose que ce personnage est le même qu’Hegibertus, cité plus haut, p. 74.
9. Cf. Annales de Saint-Bertin, année 842 : « Qui (Lotharius) apud fratres super pacis foedere, licet invitus, satagens, legatos quibus plurimum nitebatur dirigit. »