NÉGOCIATIONS POUR LA DIVISION DE L'EMPIRE
ensuite de la Saône depuis sa source jusqu’à son confluent avec le Rhône et enfin du Rhône jusqu’à la mer Tyrrhénienne, évêchés, abbayes, comtés et fiscs inclus, à l'exception déséssstusse et, s’il refusait d'accepter, ils proposaient de décider par les armes ce qui devrait revenir à chacun. Quoique certains trouvassent que l'offre de partage dépassait les bornes de ce qui était juste et raisonnable, on chargea néanmoins Conrad!, Cobbon2, Alard à et d’autres de la porter à Lothaire ; et, jusqu’à leur retour, ils décidèrent, quant à eux, d'attendre sur place la réponse de leur frère. Lorsque leurs envoyés arrivèrent auprès de Lothaire, ils le trouvèrent déjà un peu moins bien disposé, selon sa coutume. Il disait, en effet, qu’il n’était pas satisfait de ce que ses frères lui proposaient, parce que les parts n'étaient pas égales ; il se plaignaïit, en outre, du sort des fidèles qui l'avaient suivi, en prétendant que dans la part qu'on lui offrait il n’avait pas de quoi pouvoir les dédommager de ce qu'ils perdaient. C’est pourquoi, trompés par je ne sais quelle manœuvre, ceux qui avaient été envoyés étendirent jusqu’à la forêt Charbonnière la part qu’on lui avait attribuée ; en outre, ils jurèrent que, s’il acceptait cela jusqu’au moment où, d’un commun accord, il se réunirait avec ses frères, ceux-ci diviseraient alors sous la foi du serment tout l’empire en trois portions, sauf la Lombardie, la Bavière et l’Aquitaine, comme ils pourraient le faire le plus équitablement, qu'il aurait alors la faculté de choisir celle des parts qu'il voudrait et que ceux-ci la lui concéderaient pour toute la durée de sa vie, à condition qu'il en fît autant pour eux ; etils ajoutèrent qu'ils promettraient par serment d’agir ainsi, s’il n’était pas d'avis contraire. Lothaire affirma alors qu'il
1. Frère de Louis le Pieux. Cf. plus haut, Liv. I, ch. III, p. 10.
2. Comte saxon, frère de l’abbé de Corvei, Warin. Cf. Meyer von Knonau, p. 45 et suiv.; Dümmler, Geschichte des ostfrænkischen Reiches, 2° éd., t. I, p. 145-146, 181, n. 2.