Sur le sénéchal Alard, voir plus haut, p. 44, n
4. Cette concession étendait la part de Lothaire vers l’ouest, au delà de la Meuse.
5. Toujours les trois mêmes provinces réservées à cause de leur situation particulière. Voir p. 127, n. 2.
130 FRATRUM PROPE MATISCONEM COLLOQUIUM (15 jun. 842)
dharius sic se velle ac sua ex parte sic perficere, in eo quod fratres sui, uti missi illorum tunc ill juraverant, adimplessent.
[4.] Igitur mediante junio, feria videlicet quinta, propter civitatem Madasconis, in insula que Ansilla* dicitur, cum aequo numero priorum Lodharius, Lodhuvicus et Karolus conveniunt' et hoc sacramentum mutuo sibi juraverunt, videlicet ut ab ea die’ et deinceps invicem sibi pacem conservare deberent et ad placitum quod fideles illorum inibi statuissent? regnum omne absque Langobardia, Baioaria et Aquitaniaÿ cum sacramento, prout aequius possent®, in tribus partibus sui dividerent ; electioque partium ejusdem regni esset Lodhariit et quique illorum partem, quam quisque acciperet, cuique deinde omnibus diebus vite sue conservare deberet in eo, si adversus fratres 4 suos frater suus similiter faceret °. Quo expleto adhibitisque verbis pacificis, pacifice discedunt, ad castra redeunt, in crastinum de ceteris deliberaturi.
Quanquam et id aegre, vix tamen effectum est ut ‘ usque ad conventum, quod in kal. octobris condixerant, pacifice quisque in sua portione, qua vellet, esset. Et Lodhuvicus quidem” Saxoniam®, Karolus vero Aquitaniam'”
a. Anxilla corrigé en Ansilla À. — b. de corrigé en die À. — c. Fol. 16, col. 2, de A. — d. fratri et 4. — e. et A. Le sens de la bhrase appelle ici ut. Cf. H. Prümm, Sprachliche Untersuchungen zu Nithardi Historiarum libri quattuor (Dissertation de l'Université de Greifswald, 1910), p. 175, n. 1. — f. quidæm À.
1. Le jeudi 15 juin 842. Voir Lot et Halphen, Le règne de Charles le Chauve, t. I, p. 56. — L'île d’ « Ansilla » doit être identifiée avec l’une des îles de la Saône situées à 14 kilomètres au sud de Mâcon, dans la commune de Saint-Symphorien d’Ancelles (arr. de Mâcon, cant. de La Chapelle-de-Guinchay).
ENTREVUE DES TROIS FRÈRES PRÈS DE MACON (15 juin 842) 131
voulait qu'il en fût ainsi, à la condition que ses frères s’y conformassent, comme leurs envoyés le lui avaient juré.
[4.] Donc, au milieu de juin, un jeudi, Lothaire, Louis et Charles se réunirent, accompagnés chacun d’un nombre égal de grands, non loin de Mâcon, dans une île appelée « Ansilla »!, et ils se jurèrent mutuellement de conserver désormais la paix entre eux à partir de ce jour, de faire diviser sous la foi du serment aussi également que possible, dans un plaid que leurs fidèles venaient de fixer?, tout l'empire, sauf la Lombardie, la Bavière et l’Aquitaine; il était décidé, en outre, que le choix des parts appartiendrait à Lothairei; que chacun des trois frères devrait garantir à chacun des autres la part qu’il accepterait, sa vie durant, à condition que ceux-ci en feraient autant de leur côté. Cela fait, après avoir échangé des paroles pacifiques, ils se séparèrent d'accord et regagnèrent leurs camps, remettant au lendemain le reste des délibérations.
Et quoique ceci ne pût se conclure qu’à grand’peine, il fut cependant établi que chacun résiderait en paix dans son lot, où il voudrait, jusqu’à la réunion qu'ils avaient fixée aux calendes d'octobre. Louis se rendit donc en Saxef et Charles en Aquitaine? pour y rétablir l'ordre; quant
2. Des députés des trois rois, quarante pour chaque parti, devaient se réunir à Metz le 1° octobre pour effectuer le partage. Voir ci-dessous.
3. Sur l'exclusion de ces trois provinces, voir le chapitre précédent.
4. Le droit de préemption avait été sans cesse revendiqué par Lothaire depuis que Louis le Pieux le lui avait accordé à l’assemblée de Worms en 839 (voir plus haut, p. 30), et ses frères ne le lui avaient, en apparence du moins, jamais contesté.
5. Cette phrase, qui paraît être une formule tronquée, semble indiquer que Nithard résume ici le procès-verbal même de l’assemblée, qu'il devait avoir sous les yeux.
6. En réalité, Louis tint d’abord un plaid à Salz, en Bavière. Cf. Annales de Fulda, année 842.
7. Cf. Annales de Saint-Bertin : « Karolus... a Matascone Aqui-
132 SAXONIAM LODHUWICUS, AQUITANIAM KAROLUS ADEUNT
ordinaturi adeunt, Lodharius autem jam, ut sibi videbatur, de electione regni partium securus Arduennam* venatu petit' omnesque primores suae portionis populi, qui a se, dum a regno abiret #, necessitate coacti desciverant, honoribus privavit.
Lodhuvicus etenim in Saxonia seditiosos, qui se, uti praefatum est, Stellinga nominaverant, nobiliter, legali tamen cede, compescuit°?. Karolus vero in Aquitaniam Pippinum fugavit ; quo latitante nihil aliud notabile efficere valuit, praeter quod Warinum4 quendam ducem ceterosque, qui sibi fidi videbantur*®, ob custodiam ejusdem patrie inibi reliquit f. Insuper& Egfridus comes Tolosae? e Pippini sociis, qui ad se perdéndum missi fuerant, quosdam in insidiis cepit*, quosdam stravit. Idemque Karolus ad placitum, quod cum Lodhuvico fratre suo Warmatiam condixerat, iter direxit ÿ.
Cumque Mettis pridie kal. octobris venisset6, Lodharium in villa Teotonis repperit’, quo ante condictum placitum venerat ac aliter quam statuerat residebat. Quamobrem his, qui a parte Lohuvici nec non et Karoli propter divisionem regni Mettis residere debuerant, tutum minime videbatur ut, dum seniores sui in Warmatia et Lodharius in Teotonis villa essent, illi Mettis regnum dividerent. Distat enim Warmatia a Mettis leuvas
a. Arduennem corrigé en Arduennam À. — b. habiret 4. — c.compescunt 4. — d. Uuarinum 4. — e. vebantur À. — j. reliquid À. — g. Fol. 16 w, col. 1, de A. — h. coepit À.
taniam ingressus atque pervagatus... » Charles séjourna à Agen le 23 août et à Castillon-sur-Dordogne le 31. Voir Lot et Halphen, Le règne de Charles le Chauve, t. I, p. 57.
1. En allant chasser dans les Ardennes, Lothaire prenait possession effective de la forêt Charbonnière, que les envoyés de Charles et de Louis avaient eu la faiblesse de lui abandonner.