LOUIS EN SAXE ET CHARLES EN AQUITAINE
à Lothaire, assuré déjà, à ce qu’il croyait, du choix des portions de l'empire, il alla chasser dans les Ardennes! et il priva de leurs biens tous les grands de son royaume qui lui avaient fait défection sous le coup de la nécessité, lorsqu'il avait pris la fuite.
En Saxe, Louis dompta la sédition de ceux qui, ainsi qu'on l’a dit, avaient pris le nom de « Stellinga », et il le fit noblement, mais en procédant toutefois légalement à des exécutions?. Charles, en Aquitaine, mit en fuite Pépin; mais celui-ci se cachant, il ne put rien faire d’utile que d'y laisser le duc Guérin et tous ceux qui lui paraissaient fidèles, pour veiller à la sécurité du pays. De plus, le comte de Toulouse Effroi' prit par ruse ou massacra certains des partisans de Pépin qui avaient été envoyés contre lui. Charles partit pour se rendre au plaid qu'il avait fixé à Worms, avec son frère Louisÿ.
Comme il arrivait à Metz, la veille des calendes d'octobre, il apprit que Lothaire était à Thionville7, où il était venu avant le plaid convenu et où il résidait, contrairement à ce qui avait été décidé. Aussi ceux du parti de Louis et de Charles qui devaient séjourner à Metz, pour procéder à la division de l'empire, ne trouvèrent pas prudent d’y procéder en cette ville, pendant que leurs seigneurs étaient à Worms et Lothaire à Thionville. Worms n’est qu'a environ soixante-
2. Sur la soumission de la « Stellinga » saxonne, voir les Annales de Fulda, année 842 (loc. cit); les Annales de Saint-Bertin, qui parlent de cent quarante exécutions capitales, quatorze pendaisons, d’une quantité innombrable de membres mutilés ; et les Annales de Xanten. Cf. Dûümmler, Geschichte des ostfrænkischen Reîiches, 2° éd., t. I, p. 184-185.