Sur ce duc Guérin, voir plus haut, p. 23 et
4. Sur le comte de Toulouse Effroi ou Acfred, voir Hist. de Languedoc, nouv. éd., t. I, p. 1032, et t. II (notes et preuves), p. 299.
5. Charles était encore le 25 septembre à Bétheniville (Marne, arr. de Reims). Voir Lot et Halphen, Le règne de Charles le Chauve, t. I, p. 57.
6. Le 30 septembre, veille du jour fixé pour la réunion des députés chargés du partage de l’empire.
7. Les Annales de Saint-Bertin et de Fulda (année 842) mentionnent aussi la présence de Lothaire à Thionville.
134 APUD CONFLUENTEM REGES CONVENIUNT (19 oct. 842)
plus minus LXX, Teotonis autem villa plus minus octo!. Occurrebat etiam quod Lodharius in fratrum deceptione sepe perfacilis promptusque extiterat, ideoque suam salutem 1lli credere haudquaquam absque* qualibet securitate audebant.
Ergo Karolus, horum saluti consulens, ad Lodharium dirigit, mandat quoniam aliter quam convenisset venerat et erat ; si vellet, ut missi fratris sui nec non et sui inibi una cum suis remanerent, daret illi obsides ut de? salute illorum fidus esset ; sin aliter, mitteret‘ ille missos suos Warmatiam ad illos, et 1lh quos vellet obsides 1lli darent ; sin aliter, recederent a Mettis pari? spatio ; sin etiam et hoc nollet, in meditullio, qua‘ vellet, missi illorum convenissent : non enim se tot nobilium virorum salutem neglegere debere dicebat. Erant quidem* octoginta electi? ex omni multitudine omni nobilitate praestantes, quorum interitus, ni praecaveretur, maximam sibi fratrique suo posse inferre jacturam aiebat.
Tum tandem, pro commoditate omnium, hinc# inde visum est ut Conflentum missi illorum, centum viginti” videlicet *, absque obsidibus convenirent inibique regnum prout aequius possent dividerent.
[b.] Quo scilicet x1111 kal. novenbris’ convenientes!, ne forte quoddam scandalum inter homines illorum qualibet ex causa oriretur, pars illorum quae a Lodhuwico nec non
a. absquæ corrigé en absque À. — b. des corrigé en de À. — c. mittere À.— d. par À.—e. Fol. 16 v°, col. 2, de A.— f. quidæm corrigé en quidem À. — g. hic 4. — h. decim À, ce qui ne peut être qu'une erreur pour viginti, ainsi que l'ont bien vu les précédents éditeurs (voir ci-dessous, n. 3). — 1. Sic dans À. Cf. plus bas, D. 138, note d.
1. Worms est éloigné de Metz de près de 200 kilomètres ; Thionville n’en est qu’à une trentaine.
RÉUNION DES TROIS ROIS A COBLENCE (19 oct. 842) 135
dix lieues de Metz, tandis que Thionville en est éloigné d’environ huit". Ils se rappelaient, en effet, que Lothaire s'était montré souvent très enclin et prompt à tromper ses frères, et c’est pourquoi ils n’osaient lui confier leurs vies sans en obtenir quelque sûreté.
Donc Charles, voulant assurer leur salut, envoya dire à Lothaire qu'il se trouvait dans une situation différente de celle qui avait été convenue et que, s’il voulait que ses envoyés et ceux de son frère restassent là avec les siens, il fallait qu’il lui donnât des otages pour répondre de leurs vies ; sinon, qu'’ilenvoyât ses propres messagers à Worms, et qu’euxmêmes, dans ce cas, lui donneraient les otages qu’il demanderait ; qu’autrement ils se retirassent tous à égale distance de Metz; ou encore, s’il ne le voulait pas, que leurs envoyés se réunissent en un endroit intermédiaire, où il voudrait : car, ajoutait-il, il ne pouvait pas négliger le salut de tant de nobles hommes. Il y en avait, en effet, quatre-vingts?, choisis entre tous comme supérieurs en noblesse, dont la disparition, disait-il, s’il n’y prenait point garde, pouvait porter le plus grave préjudice à son frère et à lui.
. Puis, finalement, il parut bon de part et d’autre, pour l’avantage de tous, que leurs envoyés, au nombre de cent vingt3, se réunissent à Coblence, sans échanger d’otages, et que là ils divisassent l'empire le plus équitablement possible.
[&.] Se réunissant là le 14 des calendes de novembre f et, prenant la précaution, pour empêcher qu'aucune querelle ne vînt à s'élever entre leurs hommes, pour quelque motif que ce fût, de faire camper la partie d’entre eux qui était avec Louis et Charles sur la rive orientale du Rhin et celle qui
2. Les Annales de Fulda, année 842, indiquent également quarante députés pour chacune des parties en présence, soit quatrevingts pour Louis et Charles réunis.
3. À raison de quarante députés pour chacun des trois rois. Voir la note précédente.
4. Le 19 octobre 842. Cf. Bœhmer et Mühlbacher, 2° éd., n° 1093 C, p. 451, où l’on trouvera toutes les références utiles.
136 COLLOQUIUM IN BASILICA S. CASTORIS HABITUM (oct.)
et Karolo venerat, orientalem ripam Reni metantes, quae autem a Lodhario, occiduam, cotidieque ob commune colloquium Sanctum Castorem! petierunt. Cumque ad regni divisionem hi qui a? Lodhuvico et Karolo missi fuerant variis querimoniis accessissent ‘, quesitum est si quis illorum totius imperii noticiam ad liquidum haberet. Cum nullus repperiretur, quesitum est, cur missi illorum illud in transacto spatio non circumissent et illorum industria inbreviatum esset ; cum et hoc ut fieret Lodharium nolle repperissent, aiebant inpossibile esse ignoranti quoddam aequaliter dividere posse. Novissime autem quaesitum est quoniam * sacramento illud, prout aequius ac melius possent nossentque, dividere deberent, si hoc sincere jurare possent, dum scirent quod nemo ignoranter id facere valeret. Et hoc quoque ad conferendum episcopis commissum.
Qui hinc inde in basilica Sancti Castoris convenientes, a parte Lodharii aiebant, si in sacramento quilibet deliquisset, hoc expiare posse ac per hoc melius esset ut hoc facerent quam diutius tot rapinas*, incendia, homicidia, adulteria ecclesia Dei pateretur. At contra hi qui a Ludhuvici nec non et Karoli erant aiebant, dum neutrum / necesse esset, cur in Deum peccare deberent? Aiebant melius esse ut firmaretur pax inter illos mitterentque pariter per universum imperium et imbreviaretur& ac tum”* tandem jurare quod certum est absque periculo aequaliterque dividere posse censebant : sic quoque perjuria ceteraque facinora devitare, ni ceca cupiditas impediret ‘, posse firmabant ; ac per hoc nec’ se ledere in sacramento velle nec
a. Karoli 4. — b. ad corrigé en a À. — c. accessisent 4. — d. Fol. 17, col. x, de À. —.e. rapine À.— f. Mot récrit au X VIS siècle A.— g. Les lettres br, i, a, t ont été refaites au XVI siècle A. — h. Mot récrit au XVI siècle A. — à. Les lettres ediret ont été refaites au X VIS siècle À. — j. ne À.
CONFÉRENCE DE SAINT-CASTOR (octobre 842) 137
était avec Lothaire sur la rive occidentale, ils se réunirent ensemble tous les jours, pour la conférence, à Saint-Castor!. Et comme ceux qui avaient été envoyés par Louis et Charles pour la division de l’empire, en étaient venus à formuler diverses plaintes, on demanda si l’un d’entre eux avait une connaissance claire de tout l'empire ; et comme il ne s’en trouva aucun, on demanda pourquoi des envoyés ne l’avaient pas parcouru dans le temps qui avait été laissé à leur disposition et n'en avaient pas dressé eux-mêmes un état. Lorsqu’ils eurent la preuve que Lothaire s'était opposé à ce que cela se fit, ils déclarèrent qu'il était impossible de diviser également ce qu’on ne connaissait pas. Enfin, en dernier lieu, on se demanda, puisqu'on devait procéder sous serment à cette division, selon ce qu’on pourrait et connaîtrait de plus juste et de mieux, si l’on était en mesure de prêter loyalement un tel serment, quand on savait que personne n’était capable de le faire sans être au courant. Et cela aussi fut renvoyé aux évêques pour en délibérer.
Ces derniers se réunirent donc en la basilique Saint-Castor, et ceux du parti de Lothaire dirent que, si quelqu'un péchait en prêtant serment, il pourrait l’expier et que, par conséquent, il valait mieux procéder au partage que de laisser l'Église de Dieu souffrir plus longtemps tant de rapines, d'incendies, d’homicides et d’adultères. Mais, au contraire, ceux du parti de Louis et de Charles demandèrent pourquoi on les contraindrait à pécher envers Dieu, puisqu'il n’y avait aucune nécessité? Ils disaient qu’il valait mieux que la paix fût confirmée entre les deux partis, qu’ils envoyassent chacun faire une enquête dans tout l’empire et qu’alors seulement, à leur avis, on pourrait affirmer sans danger ce qui serait exact et procéder à une division équitable : ainsi, assuraient-ils, on pouvait éviter les parjures et tous les autres crimes, à moins que l’aveugle cupidité ne s’y opposât ; et ainsi ils montraient qu’ils ne voulaient ni manquer à la foi du serment ni permettre à quiconque de le faire. En présence de ce dissenti-
1. La « Kastorkirche » actuelle, qui a été reconstruite à l'époque romane, est sur les bords de la Moselle. Cette situation devait mettre l’ancienne basilique à l’abri d’un coup de main de Lothaire, qui campait sans doute sur la rive opposée de la rivière.
138 COLLOQUIUM IN BASILICA S. CASTORIS HABITUM (oct.)
cuipiam, ut* faceret ?, licentiam dare testabantur. Qua dissentientes quique, qua venerat, ad suos secesserunt !.
Hinc omnes in eadem domo convenerunt a parte Lodharii, dicentes quod parati ad sacramentum et ad divisionem, uti juratum fuerat, essent ; at contra a parte Lodhuvici et Karoli similiter se velle, si possent, aiebant ; novissime autem, quoniam neuter quod alter volebat absque seniorum suorum auctoritate assentire audebat®°, statuunt ut pax inter illos esset, donec scire possent quid seniores sui horum recipere vellent ; et hoc fieri posse in non.novenbris?visum est, usquequo pacis* termino constituto discedunt.
Qua quidem die* terrae/ motus magnus per omnem poene hanc Galliam factus est eademque die Angilbertus vir memorabilis Centulo translatus et anno post decessum ejus xXVIIII* corpore absque aromatibus indissoluto repertus est. Fuit hic vir ortus eo in tempore haud ignotae familiae, Madhelgaudus autem, Richardus& et hic una progenie * fuere et apud Magnum Karolum merito magni habebantur'. Qui ex ejusdem magni regis filia nomine Berehta” Hartnidum “6 fratrem meum et me Nithardum
a. Mot récrit au XVIS® siècle A. — b. Corrigé en facerent au XVIe siècle A.— c. Fol. 17, col. 2, de A. — d. Sic dans À, comme plus haut, p. 134, note 1. — e. pascis À. — f. ter À. — g. Richardus 4.— h. progenie À.— i. habeuantur corrigé en habebantur 4. — 7. Sic dans À. Cf. E. Færstemann, Altdeutsche Namenbuch, 2° éd. (1900), £. T, col. 281. — k. Harnidum corrigé en Hartnidum À.
1. Les Annales de Saint-Bertin, de Fulda et de Xanten font aussi allusion à ce désaccord.