‹ Histoire des Français des diverses états (volume 2)Chapitre 79 sur 96 · LE SONGE · texte numérisé non relu

LE SONGE

Épitre lxxxix.

Hier nous nous mîmes à parler d'impôts, de subsides; nous en parlâmes d'une manière assez animée. Le frère Antonin seul gardait le silence; il souriait. A la fin nous nous tournâmes tous vers lui; nous lui dîmes que s'il en savait plus que nous sur cette matière il parlât aussi à son tour, que nous l'écouterions volontiers. Il sourit encore plus. Mes frères, nous répondit-il, j'étais apprenti financier1 ou si vous voulez novice de saint Mathieu, quand je me fis novice de saint François ; j'ajouterai même que la veille du jour de mon vœu de pauvreté, j'avais encore les mains pleines d'argent et d'or. Aussi

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pourrai-je maintenante puisque vous le voulez , vous donner quelques notions sur plusieurs faits dont il m'a paru que vous n'étiez point parfaitement instruits.

C'est d'abord, continua-t-i I, une erreur de croire que le peuple confonde les usuriers avec les financiers; car il appelle très souvent et très distinctement les uns Juifs, Lombards, Caorsins% et les autres voleurs, larrons, maltôtiers3. Du reste, je conviens qu'il est toujours également prêt à mettre en pièces les uns et les autres-

Vous avez parlé, poursuivit-il, de la déconsidéralion de l'état des financiers ; vous en avez indiqué plusieurs causes qui étaient vraies : vous en avez oublié plusieurs qui ne l'étaient pas moins, entre autres que le grand nombre des emplois sont temporaires1, que souvent même ils ne sont que des charges ou des corvées communales5. Vous avez oublié encore que les clercs, les nobles, les avocats ne peuvent être financiers, fermiers des subsides6. Et en effet, vous n'en verrez jamais un seul dans les auditoires des sénéchaussées et des bailliages", où les élus du roP adjugent les fermes à la chandelle9. Vous me direz que les grenetiers, ou gardes des greniers10, les receveurs, les contrôleurs, les visiteurs, sont des officiers du roi". Je vous dirai que s'il y a de grands, il y a aussi de petits , et de bien petits officiers du roi. Vous me direz que les viguiers, les prévôts, les vicomtes1*, les séné-

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chaux, les baillis, sont on partie financiers'3; qu'ils prêtent serment à la chambre des comptes1'. Je vous dirai qu'ils sont en même temps magistrats15, et que la politesse et l'usage ont fait prédominer la qualité qui est honorable, et oublier celle qui ne l'est pas. Vous me direz que les chefs de la finance sont élevés; je vous dirai qu'ils sont très élevés. Vous me direz qu'il y en a qui sont chevaliers, présidens au parlement1''; je vous dirai qu'il y en a même qui sont abbés, évêques, archevêques'7. Vous me direz qu'il y en a dont les gages sont de quatre cents livres, de six cents livres; je vous dirai qu'il y en a même dont les gages sont de huit cents, de mille livres "; mais je vous dirai aussi que les uns et les autres sont bien peu nombreux. Il n'y a qu'un argentier du roi, ou payeur des dépenses de la cour'9. Il n'y a qu'un changeur ou payeur général des dépenses de l'Etat °. Il n'y a que trois, quatre conseillers du trésor, trésoriers de France ou administrateurs des dépenses de l'État21, la moitié ecclésiastiques, la moitié laïques3 ; et pour apurer les comptes il n'y a que six, huit conseillers maîtres, la moitié ecclésiastiques, la moitié laïques*3.

Mes frères , continua le frère Antonin , il m'a paru aussi que vous ne saviez pas bien comment sont perçus les impôts accordés ou exigés , sous la dénomination d© subside, taille, plus ordinairement aide. Souvent l'ordonnance qui en autorise?

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la levée nomme en même temps le conseiller , le commissaire , ou les conseillers , les commissaires qu'elle en charge, qu'elle charge aussi de veiller à ce que la dépense en soit conforme à sa destination 2* ; en sorte qu'à cet égard il y a pour chaque aide, un administrateur ou des administrateurs temporaires.

La répartition de l'aide est d'abord faite entre les bailliages, et ensuite par les commissaires des bailliages entre les communes a5, où elle est faite entre les habitans par les élus ou les gens qu'ils ont élus avec des formes qui varient suivant les lieux 6.

Quand l'aide est une taille sur les terres , elle est répartie d'après un rouleau ou rôle où sont énoncées la situation, la contenance et la valeur des différentes propriétés de chaque habitant 7; et quand elle est en même temps une taille sur les terres et sur l'industrie, ou une taille mixte28, elle est répartie d'après un rôle où sont énoncés et la situation , la contenance , la valeur des différentes propriétés et les revenus commerciaux , industriels , ou autres revenus quelconques de chaque habitant 29. S'il s'agit d'une aide de fouage3°, la répartition en est plus facile : tant de feux ou tant de francs, ou tant de sous suivant l'imposition 3|. Les élus ou répartiteurs n'ont alors qu'à bien équitablement déterminer combien il y a de feux 3% ou ce qui revient au même , quelles sont les maisons qui comptent comme feux ou chiefs d'Iw&tel™. Dans le pays de la la langue d'oc, les feux sont au contraire uue éten-

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due territoriale imposable 3\ Vous saurez encore que les rôles de l'aide portent le nom de tous les habitans, des exempts de paiement, c'est-à-dire des clercs, des nobles , des pauvres, des boiteux , des infirmes, des veuves, des mineurs, et des nonexempts , c'est-à-dire de tous les autres 5j. Vous voyez, sans que je vous en avertisse, que ces rôles ne sont que pour les impôts directs : les impôts indirects, tels qne les impôts sur le sel, sur les boissons, sur les entrées, n'ont pas besoin de rôle puisqu'ils ne sont perçus qu'au fur et à mesure des consommations.

Il vous faut savoir aussi, car il m'a paru que vous ne saviez pas non plus très bien qui accorde les modérations, les décharges sur les impôts ou aides. Je vous dirai qu'autrefois c'étaient les élus et le conseiller général ou les conseillers généraux de l'aide, qu'on appelle plus simplement ou plus ordinairement le général , les généraux ; mais depuis quelque temps que les aides paraissent devenues fixes36, il y a pour chaque diocèse deux élus du roi, l'un clerc, l'autre laïque, qui, en première instance, jugent des réclamations et des surcharges 7, et pour toute la France, six ou huit conseillers généraux des aides, moitié laïques, moitié clercs, qui les jugent sur appel et en dernier ressort 3a.

Jusque-là, poursuivit le frère Antonin, les rouages sont assez bien ajustés , se correspondent assez bien; mais voici comment ils s'embarrassent ou se dérangent, ou quelquefois même §e hrl****** *

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D'abord un grand nombre d'aides ne sont que particulières à la province 9 où l'aide a été accordée par les trois états40. Ensuite, dans la province il y a des lieux exemptés de tout impôt41; il y en a d'autres où l'on ne peut en établir sans en demander la permission aux habitans *a. Si au contraire l'aide accordée par les trois états du royaume 43 est générale, les grands vassaux , pour la repousser de leurs provinces , interposent presque toujours victorieusement leur puissante et haute main 44. Alors le poids de l'impôt paraît bien plus lourd à ceux qui le portent, et leurs murmures deviennent bien plus grands, leur résistance bien plus prochaine 4'.

Le frère Antonin nous a raconté ensuite avec modestie qu'il était depuis deux ou trois ans clerc écrivain46 chez un receveur particulier d'aides47, qui lui promettait de le faire dans la suite son lieutenant 48 ; que sur la fin ce receveur ne fournissait plus le cautionnement de la valeur d'une année de sa recette 4; ; que malgré ses sermens sur les évangiles, il ne pouvait s'empêcher de s'immiscer dans les gestions des particuliers et ensuite de s'en charger 5o; que malgré ses sermens, il prêtait sinon l'argent du roi , du moins le sien 5l ; que malgré les ordonnances, il n'acquittait pas les reliquats ou débets dont l'état avait été remis par la chambre des comptes aux généraux des aides 5"; enfin, que s'élant obstiné à ne pas rendre ses comptes aux termes fixés , il avait été condamné à l'amende 53 , et bien-

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tôt après et tout à coup destitué ; qu'on avait tout saisi, jusqu'à la scabelle des clercs-écrivains; qu'alors il avait été se consoler et prier Dieu à l'église des Cordeliers , où ayant vu ouverte la porte latérale qui donnait dans le cloître, il y était entré et n'en était plus sorti.

A l'histoire du frère Antonin succéda une discussion sur l'origine des impôts qui forment aujourd'hui le système des finances. Le frère Antonin dit ou que les redevenances seigneuriales étaient l'imitation en petit des redevances royales , des impôts , ou que les redevances royales , les impôts , étaient l'imitation en grand des redevances seigneuriales. Il penchait plus volontiers pour cette dernière conjecture, et même il mit quelque chaleur à établir qu'elle était la plus vraisemblable 54.

Le soir, rentré dans ma cellule et m'étant couché, les deux conjectures opposées du frère Antonin me revinrent à la mémoire. J'en examinai et en balançai assez longtemps les probabilités ; enfin je m'endormis. Mais , frère André , ma raison ou mon imagination ne voulut pas lâcher prise , et la nuit j'ai eu un songe assez singulier pour que je vous le rapporte.

Je voyageais , mon psautier sous le bras, je traversais un beau pays ; d'un côté s'offraient des prairies fleuries et parfumées, où semblait se jouer en longues sinuosités un joli ruisseau que, malgré le poids de mes années , j'aurais facilement sauté à

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l'endroit le plus large ; de l'autre , je voyais des moissons dorées, des vignes remplies de raisins noirs ou pourprés , variées par d'élégans bouquets d'arbres chargés de fruits , où les oiseaux ne cessaient leur mélodieux ramage. Ce délicieux spectacle semblait me délasser, me rafraîchir; j'avais ralenti mes pas, lorsque j'ai entendu, à quelques pas de moi , une voix haute et impérieuse à laquelle répondait une voix humble et douce. Je me suis tourné, j'ai vu deux hommes: l'un avait la cotte serrée 55 , les mains crochues ; l'autre portait des houseaux'6 ; ses cheveux étaient trempés de sueur; j'ai bien vite reconnu l'impôt aux prises avec le villageois. L'homme à la cotte serrée, ou l'impôt, a frappé sur l'épaule du bonhomme avec un faisceau de tailles, que par une vieille habitude57 il avait encore à la main, et il lui a dit que sans retard il voulait être payé. Le bonhomme lui a dit: Prenez un peu patience, je suis sur le point de marier ma fille; l'homme à la cotte serrée, ou l'impôt, lui a répondu quelle pouvait attendre comme tant d'autres : ma maison menace ruine; l'homme à la cotte serrée, ou l'impôt , lui a répondu qu'il se moquait de ces menaces : j'ai à payer un généreux ami qui m'a gratuitement prêté ; l'homme à la cotte serrée , ou l'impôt, lui a répondu qu'il était toujours le premier créancier : Paie l lui a-t-il dit, paie la taille ,8! paie, ou je te fais tout saisir, tout jusqu'à tes chausses. Le bonhomme a mis la main à l'escarcelle, —

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Encore. — Le bonhomme la fouillée de nouveau. — Encore. — Le bonhomme Ta vidée jusqu'à la dernière maille.

L'homme à la cotte serrée , ou l'impôt , s'en est allé. Je lai suivi, il a péniblement gravi une haute montagne, s'est approché d'un air timide et mal assuré du noble , qui a été tout surpris de le voir. L'homme à la cotte serrée, ou l'impôt , lui a parlé fort poliment et lui a dit que par une exception qui n'aurait plus lieu 5% la nouvelle aide du cinquantième denier ° n'exceptait personne , mais qu'elle n'était pas territoriale, et qu'il pouvait payer sans déshonneur6' : le noble a tiré de fort mauvaise grâce une petite pièce d'argent. L'homme à la cotte serrée, ou l'impôt, a tendu encore la main. Le noble, d'un signe lui a montré la hauteur de ses tours, la profondeur de ses fossés: l'impôt a fait un grand salut.

J'ai encore suivi l'homme à la cotte serrée , ou l'impôt. Il est allé chez l'ecclésiastique et s'est nommé; aussitôt l'ecclésiastique lui a déroulé ses chartes, ses privilèges, ses immunités62. L'homme cà la cotte serrée , ou l'impôt , a refusé d'y lire , en lui disant que c'était pour faire la guerre aux infidèles : accordez-moi pour cette fois les décimes ; vous savez qu'elles ont été établies pour les croisades63. Le roi et ses bers ont promis de prendre la croix : à la bonne heure , a répondu l'ecclésiastique, en lui donnant quelque argent ; mais que je ne vo us revoie plus.

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J'ai suivi encore l'homme à la cotte serrée, ou l'impôt ; il a été s'asseoir devant son grand comptoir64 autour duqueL sont venus , excepté les clercs et les nobles , des hommes de tous les états. Ceuxci lui ont payé les aides du fouage , du capage65 ; ceux-là les aides du treizième, du vingtième66, et les autres aides. Enfin les gens de tous les états sans exception , sans distinction, lui ont payé les amendes, les confiscations , le sceau, les péages , les entrées , les passeportes , les douanes , les régales, les amortissemens , les naturalisations, les légitimations , le prix des successions des aubains, des intestats , le prix des déshérences , des épaves , le produit des mines découvertes , l'argent des trésors découverts, les droits sur les greffes, les tabellionages et mille autres droits et perceptions de toute espèce67. Les seigneurs roturiers sont venus lui payer assez clandestinement le franc-fief68; les Juifs, les Lombards., les Ultramontains sont venus encore plus clandestinement lui payer leurs taxes69.

L'homme à la cotte serrée, ou l'impôt, s'est levé pliant sous une grosse charge, criant à la rareté du numéraire.

IMotre règle , comme vous savez, mon cher frère André, nous empêche «l'avoir à craindre l'impôt. Je l'ai donc appelé sans façon : l'homme à la cotte serrée ! lui ai-je crié , venez ! j'ai à vous parler. Je suis le frère Jehan. Il est venu d'un air assez déli-

béré. Ami , lui ai-je dit, bien que vous soyez l'impôt , vous devez avoir un peu de conscience. Qui sait aussi bien que vous que nous ne connaissons que deux sortes d'impôt, les impôts domaniaux ou incorporés au domaine , que le roi peut lever de son autorité70 , et les impôts provinciaux ou nationaux, que le roi ne peut lever que du consentement des trois états de la province ou des trois états du royaume71 ; qui sait aussi bien que vous que les impôts territoriaux , aujourd'hui nouvellement appelés tailles ;2 , quoiqu'ils remontent au commencement de la monarchie7', n'ont pas été incorporés au domaine74; que l'impôt sur le sel ou la gabelle75 , si ancien dans les finances seigneuriales76 , si nouveau dans les finances royales77 , n'y a pas non plus été incorporé 7 ? ; qu'il en est de même des aides sur les boissons , sur les marchandises, de même de tout ce qui porte le nom d'aides ou subsides79 , car c'est la même chose, sinon le même mot? L'impôt, à mon avis, peut aller au ciel tout comme un autre , mais il me semble qu'il se fourvoie diablement du vrai chemin tant qu'il fera la perception des subsides provinciaux ou nationaux ,■ qui n'ont pas été accordés pas les trois états.

Le feu roi, le jour de sa mort , et depuis le roi actuel , en l'année 1 38o , l'ont formellement reconnu, en supprimant indistinctement tous les subsides établis depuis la réformation générale de l'état sous Philippe-le-Bel °.

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Dans notre monarchie , le roi doit vivre de son domaine, qui est inaliénable81.

C'est là son naturel revenu.

Au commencement du siècle dernier, il n'en avait pas d'autres ; l'état s'en est conservé"2.

Quand nous avons guerre de terre ou guerre de mer , nous accordons au roi des aides de l'armée de terre ou des aides de l'armée de mer8' , comme au temps du feu roi, sous lequel les recettes générales se sont , dit-on , portées à un million 4.

Mais aujourd'hui que nous sommes en paix , qui donc mange tant d'argent ? ai-je crié de toutes mes forces aux oreilles de l'homme à la cotte serrée.

Qui mange les emprunts que fait le roi55, que font les villes'6?

La dette publique ne cesse de s'accroître 3?.

La misère du peuple est à son comble.

Autant et mieux vaudrait décrocher du gibet de Montfaucon l'ancien conseiller des finances, Enguerrand de Marigni , qui ne valait pas grand'chose , ou Rémi, son successeur ' , qui valait encore moins.

L'homme a la cotte serrée a pris alors une stature courte, ramassée"9, une figure gracieuse90; mais en même temps un air animé, vif, violent , d'un petit homme sanguin et fortement constitué. Il m'a jeté son gant au nez en me disant : c'est moi qui suis le conseiller Enguerrand de Marigni. Et coup sur coup , se changeant en un grand vieux

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homme, sec, renfrogné , il m'a dit, en dégantant sa main , et en me portant le poing sous le nez : c'est moi qui suis Rémi. Dans mon enfance on en voulait encore plus à Rémi qu'à Enguerrand, Toute l'indélébile prévention du premier âge m'a repris , toute ma jeune colère s'est rallumée ; j'ai mis la sandale à la main : je voulais casser les dents à llemi. L'effort que j'ai fait m'a éveillé.

Il était jour : je me suis levé. J'ai trouvé sous la main une plume, une écritoire, une feuille de papier. Je n'ai eu de cesse que je l'aie remplie de mon songe et de ce qui l'avait précédé : je l'ai pliée ; je l'ai cachetée, je vous l'envoie.

Ecrit à Tours , le treizième jour du mois de novembre.

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