LA COUR DE LOUIS XII
Mais toutes choses ont un terme , surtout la douleur, les regrets, Louis XII, qu'on appelait déjà Monseigneur, comme héritier présomptif du roi"4, monte sur le trône. Il épouse la reine Anne , encore drapée des habits de deuil "5. Les festins , les danses recommencent. La joie se communique à toute la France , et chaque année elle augmente.
Quel si beau règne que celui où tout le peuple, transporté du bonheur de posséder son roi , fait des signes de sa dévotion pour les saints116, les signes de son amour pour lui , baise les pas de la mule
ao6 XVe SIÈCLE,
qui le porte1'7, frotte ses mains contre ses royaux habits et s'en frotte ensuite le visage'10! Quel si beau règne que celui où la monarchie n'est qu'une famille , où le roi n'est qu'un père couronné !
Et cependant les courtisans n'ont jamais été si malheureux; leur art si long, si difficile à apprendre, est devenu inutile. Ils ne peuvent maintenant faire leur cour au roi qu'en aimant , qu'en remplissant leurs devoirs, qu'en aimant, qu'en faisant le bien du peuple.
Et cependant le roi aussi n'a jamais été si malheureux. 11 voit les maux qu'il ne peut guérir; ses prédécesseurs les ont vus aussi; mais il les voit mille fois mieux, et en souffre mille fois davantage.
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