‹ Histoire des Français des diverses états (volume 3)Chapitre 7 sur 23 · LE COURTISAN · texte numérisé non relu

LE COURTISAN

Histoire xxii.

Un pauvre fournier du pain du chapitre , à qui, durant ses dernières années , les chanoines avaient donné asile aux champs, dans lesvieuxbâtiments d' un de leurs bénéfices, mourut sans laisser à sa femme d'autre fortune qu'un jeune garçon de dix à douze ans , vif, gentil et docile. Les chanoines eurent encore pitié du fils et se chargèrent de son éducation. En assez peu de temps il apprit à lire et à écrire; mais, après quelques années de latin et de grec, s'étant lassé de ses études , il prit du goût pour

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la chasse, et, toujours par la bienveillance des chanoines, il trouva le moyen d'obtenir une place dans la vénerie royale. La, il se fît connaître de plusieurs personnes de la cour qui l'employèrent dans leurs affaires, où il montra encore plus de talent â éviter les pièges des hommes qu'il en avait montré à en dresser aux animaux. Bientôt on le donna au roi : il redoubla d'efforts, monta sans jamais s'arrêter, et parvint à une haute fortune.

Tous les ans il habite pendant quelques semaines son château, situé aux environs deTroyes, où, durant son séjour, il vient assez souvent; et ce soir, en passant par hasard devant l'Hôtel-de-Ville, qu'il a vu plus illuminé qu'à l'ordinaire , il y est entré. Il était paré d'une grosse chaîne d'or de plusieurs livres ', qui lui pendait du cou 2. Les jeunes gens se sont levés et se sont rangés sur son passage; mais les gens âgés qui l'avaient vu enfant , qui avaient connu sa famille , n'ont pas bougé. Les uns et les autres croyaient, non sans raison, que tout resplendissant de richesses et de dignités , comme il l'était , il n'oserait parler des malheurs de son état; cependant , voilà que dès que l'artiste a eu fini , il s'est mis fortement, et plus fortement à frapper du pied le parquet , ce qui ayant aussitôt excité un silence général, il a élevé la voix et a dit:

Messires, quant à moi personnellement, je ne me plains pas , je suis à quelques égards assez content de mon sort , et j'ai même quelque raison de l'être.

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J'ai mieux fait les affaires de mes enfants que mou père a fait les miennes : sans autre détour j'en conviens; car, quoi qu'on en dise, les gens de cour, nous avons plus de franchise , de bonne foi que beaucoup de gens de province; mais qu'importe! Une petite et même une grande fortune ne font pas toujours le bonheur. D'ailleurs, pour quelques-uns qui réussissent dans notre état , combien d'autres dont les efforts sont vains ! combien de malheureux! Oui, les poètes le disent, et en cela du moins il faut les en croire : la pire des conditions de la vie est celle de courtisan.

Cependant, vous tous habitants d'une ville éloignée des résidences royales, vous regardez la cour comme un lieu de bonheur. A cet égard vous êtes bien excusables ; votre erreur est celle de tout le monde ; moi , j'en suis guéri , mais c'est à mes dépens.

La cour, il est vrai, offre d'abord une richesse, une magnificence , un éclat qui vous éblouit.

Vous qui parlez ici de luxe, de pompes, d'habits, de spectacles, de fêtes, de banquets, vous croyez avoir vu de grandes, de merveilleuses choses, vous n'avez rien vu , si vous n'avez pas vu la cour. Vous vous demandez ici : Où donc est l'or et l'argent? il y en a si peu à la ville , à la campagne. Venez à la cour , l'argent , tout l'argent , l'or , tout l'or y sont ou semblent y être. Lorsque les dignitaires* les officiers, les gens du roi, suivis de leurs dignitaires, de leurs officiers, de leurs gens , s'offriront pour la

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première fois à votre vue, vous direz qu'hommes et chevaux se sont roulés dans les plus riches mines 3; et quant aux princes , vous direz qu'ils sont passés sous une pluie de perles et de diamans 4.

Si vous entrez dans les châteaux royaux , vous n'oserez appuyer le pied sur des pavés peints 5, sur des pavés couverts de riches tapis 6; vous resterez immobiles d'admiration au milieu de ces grands appartements de soie et d'or 7.

Ne me dites pas toutefois qu'on n'est pas à plaindre pour habiter au milieu de cette magnificence , de ces richesses, car je vous répondrais qu'en les voyant tous les jours on s'y habitue, et qu'en ne les voyant pas on trouve tout médiocre, mesquin: Oh! me direz-vous, jusque-là ce sont de bien petits malheurs: cela est vrai , mais je ne fais que commencer.

Sans vouloir du mal au siècle dernier, on ne peut que dire qu'il était barbare et gothique en tout. En tout il avait besoin d'être réformé. Ce n'est guère que de nos jours que la raison, la politesse, l'aménité, la grâce ont, pour ainsi dire, façonné le cérémonial de la cour , en ont revu , renouvelé les lois qui sont si essentielles , que j'aimerais mieux enfreindre des lois de l'État , car alors je pourrais obtenir du roi des lettres de rémission 8, qui sont en même temps si difficiles à apprendre , qu'il faut toute la vie ou du moins une grande partie de la vie pour bien les savoir.

Vous êtes étonnés; vous ne m'en croyez pas; vous allez m'en croire.

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Nous ne sommes pas à l'Hôtel-de-Villede Troyes ; îous sommes pour un moment à Paris, au palais les Tournelles, ou , si vous l'aimez mieux , au châeau d'Amboise ; nous nous promenons sur une des terrasses. Vous voyez monter vers la grande porte , côte à côte, en hautes personnes, un prince du sang et un évêque. Lequel des deux précédera? lequel aura la main? Autrefois c'eût été, sans difficulté, J evêque;aujourd'huic'est, sans difficulté, le prince9. Si l'évêque avait précédé, si le prince s'était laissé précéder, ils auraient été l'objet de la censure générale; ils auraient été également blâmés de tous les gens de bon sens. Nous ne sommes plus au siècle passé. Les évêques actuellement nesont les premiers qu'à l'église : partout ailleurs ce sont les princes.

La cour du château se remplit tout à coup de chenaux, de mules à frein doré0; plusieurs princesses entrent, voilà qu'elles se huchent, s'invitent mutuellement à passer devant. A laquelle est-ce à passer la première ? Les spectateurs sont embarrassés ; les écuyers des princesses ne le sont pas : ils savent qu'elles suivent la condition de leurs maris11. Mais voici le point délicat; tous les maris sont princes, quel est le premier d'entre eux? Est-ce le duc? est-ce le comte? Vous auriez dit : le duc; erreur; c'est le comte , ou parce qu'il est plus proche parent du roi12, ou parce que le duché de l'autre prince relève de son comté13. Dans le même cas, mêmes lois pour les officiers des princes; ils prennent entre

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juxlerang de leurs maîtres. Malheur à celui qui, en pareille occasion , ne le soutiendrait pas ; il serait cassé, renvoyé sans pitié et sans délai.

Les princesses sont entrées dans le château. Elles se présentent chez la reine. Point de courtisan qui ne vous dise d'avance quelles s'agenouilleront trois fois, d'abord à la porte delà salle, ensuite au milieu de la salle , enfin en abordant la reine , qui les baisera , ainsi que deux ou trois de leurs dames les plus qualifiées , qui serrera seulement la main à toutes les autres dames de la suite14, que les princesses s'assiéront par terre, sur un carreau de velours , et toutes les autres dames par terre sans carreau1".

Mais voulez-vous savoir jusqu'à quel point, à la cour, sont absolues les lois de l'étiquette, écoutez ceci.

A cause de la dignité du mari de sa fille nouvellement mariée, souvent vous y voyez le père , bien que très grand seigneur , lui donner la serviette et se mettre à genoux 6 devant sa chaise : Ah ! que c'est singulier, dites-vous naïvement; nonj ce ne l'est pas ; c'est dans les règles.

A l'époque où j'arrivai pour la première fois à Amboise, je trouvai toute la cour en rumeur ; les gens graves ne donnaient leur opinion qu'avec des restrictions, des modifications, qu'avec la plus grande réserve. Yoici de quoi il s'agissait : une grande dame, et par sa famille et parcelle de son mari, étant conduite par un prince dans une assemblée,

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n'avait pas porté la queue de sa robe et l'avait fait porter par ses pages. On ne lui imputait pas cela à grief, mais bien de n'avoir pas. ainsi que le lui prescrivaient les sévères lois de l'usage17, tenu la main à sa queue, comme si elle l'eût portée : heureusement pour elle, les families , les amis s'entremirent et l'orage fut dissipé. Toutefois , depuis on n'a pas fait grand cas ni de l'esprit ni du jugement de cette dame.

Je me souviendrai aussi toujours qu'un jeune héraut , nouvellement reçu dans sa charge, croyait tout savoir, tout avoir appris. Le maréchal de la cour de France et le maréchal de la cour de Bourgogne se rencontrèrent à une cérémonie; avant qu'ils prissent rang, ou lui demanda qui des deux devait précéder l'autre : Le maréchal de la cour de France, répondit notre étourdi. On lui dit qu'ils devaient se précéder alternativement18. Il soutint que c'était contre la raison, il fit rire tout le monde; il paria , il perdit. Depuis , il a eu beau avoir de l'esprit, il n'en est pas moins passé, et il n'en passe pas moins pour un sot.

Ecoutez encore ceci, vous, bons habitans de Troyes , qui vous dites si malheureux ; moi , en vérité, je vous trouve trop heureux. Dites-moi, lorsque vous êtes invités à une noce , à un festin , vous vous mettez à table sans façon , et ensuite , sans inquiétude, vous pouvez vous livrer au plaisir de la bonne chère. Il n'en est pas ainsi à la cour.

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où nous sommes alors surtout obligés de nous tenir rigoureusement sur nos gardes, car à table toutes les fautes sont grandes.

D'abord , il est bon que vous sachiez qu'il y a des personnes avec qui nous pouvons laver les mains , d'autres avec qui nous ne le pouvons, ou parce qu'elles sont au-dessus de nous , ou parce qu'elles sont au-dessous.

J'ai connu la mère d'un jeune prince, femme respectable par son âge et par ses qualités personnelles, qui, avant la mort de son époux , traitait son jeune fils comme un enfant, le châtiait, lui donnait le fouet, le mettait en pénitence, et qui, tout aussitôt qu'elle fut devenue veuve, fît prendre partout la première place à ce même fils, lui donnant à laver , ne se permettant pas de laver avec lui19. J'ai eu l'honneur de manger plusieurs fois chez elle : Couvrez les épices, les dragées, disait-elle à haute voix , quand elle voulait en manger ; et après qu'elle avait servi son fils et qu'elle s'était servie , elle ajoutait avec le même ton de dignité : Découvrez20 ! et tout le inonde, même les plus qualifiés, étaient obligés de se servir de plats découverts, d'avoir aussi bon appétit , ou du moins d'en faire le semblant.

Habitans de Troyes, je vous trouve trop heureux ; je ne puis cesser de vous le répéter. Vous ne connaissez pas votre bonheur : dites-moi encore, vos femmes accouchent dans des lits parés de bouquets

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de fleurs *' ; à la bonne heure pour cela , mais c'est souvent clans des chambres tendues de satin jaune, de satin rouge , de satin vert. A la cour , les plus grandes dames n'oseraient accoucher dans des lits de satin vert, ni dans une chambre tapissée de la même étoffe. Le vert est exclusivement réservé pour la reine, ou les plus grandes princesses23.

Le cérémonial du deuil offre encore bien des difficultés.

Un fils , un frère, un parent du roi est-il mort? aussitôt le roi s'habille de rouge ; le roi est-il mort, tout est en noir; on ne voit plus que le noir a3.

La reine de France ne peut sortir, pendant un an , de la chambre où elle a appris la mort du roi son époux. Pendant six semaines elle ne peut voir d'autre lumière que celle des lampes 4. Tel est le protocole des royales douleurs.

Pour les princesses, les duchesses, les comtesses, les femmes des nobles, les usages du deuil sont également très rigoureux. Il n'y a pas long-temps que j'allai voir ici la veuve d'un vicomte qui venait de mourir. Je la trouvai dans sa chambre tendue de noir, couchée dans un lit blanc ; elle y était depuis quatre semaines; elle me dit qu'elle ne se lèverait que dans deux25. Je me doutai alors que cette dame devait avoir demeuré à la cour. Effectivement, je ne me trompai point : dans la conversation , elle m'apprit qu'elle avait été fille 2<5 d'une princesse du sang.

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N'est-ce pas que tout cela vous paraît bien extraordinaire, bien compliqué, bien difficile? Eh bien ! ce n'est là qu'un petit feuillet du grand coutumier de la cour dont nous sommes obligés d'avoir toutes les lignes continuellement présentes.

Mais vous n'êtes pas entièrement persuadés que nous sommes les plus malheureux. Écoutez encore.

Il y a ordinairement à la cour sept cents officiers du roi ou de la reine , et cent du Dauphin; ajoutez les cent gentilshommes pensionnaires 2? , qu'il ne faut pas confondre avec les grands pensionnaires , qui, ainsi que Jehan de Foix , ont jusqu'à deux mille livres a8; mettez en tout neuf cents , si vous voulez, mille officiers civils ou militaires. Leurs appointemens, leurs pensions montent à cent quatrevingts ; mettez deux cent mille livres 29 , ce qui fait environ pour chacun, l'un portant l'autre, deux cents livres; et certes je dis plus que moins, car le sommier de fruiterie n'a que cent quatre-vingts livres ; le maître queux n'a pas davantage, et il y a des valets de chambre qui n'ont que cent vingt livres30.

Eh bien ! aucun n'est content; tous par leur air lassé, fatigué, semblent vous dire : Vous plairait-il de prendre ma charge? présentez vos épaules.

C'est à la cour surtout que les emplois sont avec juste raison nommés charges : dans le monde cependant on les envie.

On envie, entre autres, l'emploi ou la charge de fourrier , à cause de l'autorité et de l'honneur. A la

vérité, le fourrier marque à la craie, dans la ville où se trouve la cour, les logemens ; et sous peine de la vie, on ne peut toucher à ses marques. Il porte un bâton de bois vert, devant lequel toutes les portes doivent à l'instant s'ouvrir ; avec ce bâton il bat tous les soirs le lit du prince, pour s'assurer que personne ne s'y est caché 3l ; en ce moment la tranquillité de la France et du monde semble remise en ses mains ; cependant ses fonctions , qui d'abord éblouissent, deviennent insensiblement, tous les jours, plus pénibles. Je le sais aussi bien que tout autre : vous avez donc été l'ami confidentiel du fourrier? Je le sais mieux que tout autre, vous dis-j e: Vous avez donc été fourrier? Oui, je l'ai été, je l'ai été pendant plusieurs années; et, sans reproches , grand nombre de Champenois, entr'autres de Troyens , peuvent s'en souvenir.

Les hommes attachés à la cour ne sont pas heureux ; les femmes attachées à la cour ne sont pas non plus heureuses.

Dans un des châteaux les plus voisins du mien , était une jeune demoiselle, qui au printemps disait : Quand viendra l'été ? qui, l'été venu, disait : Quand viendra l'automne? qui au commencement de l'automne, disait: Quand viendra la fin de l'automne? Elle vint , après plusieurs mois d'attente, cette fin d'automne, cette époque où la jeune demoiselle devait être placée à la cour en qualité de fille d'honneur, comme portait son brevet, ou de fille de la

reine 3* , comme on dit plus communément. A son départ , elle était enviée dans tous les châteaux des environs par toutes les jeunes personnes. Bientôt on la voit revenir fort mécontente de la licence de la cour, suivant les uns, et au contraire, suivant les autres , de la gêne à laquelle elle ne s'attendait pas. La vérité est qu'elle croyait avoir par an cent livres de gages, comme les quatre premières filles delà reine, et non trente-cinq livres seulement , comme les filles ordinaires33; elle ne voyait pas que dans ce monde on ne peut à la fois avoir les avantages de quinze ans et ceux de soixante.

Il tardait beaucoup aussi à une dame de ma connaissance d'être gouvernante, ou, suivant l'expression ordinaire, mère des filles de la reine34. Elle obtint cette place pendant un de mes voyages en Champagne. A mon retour, j'allai la féliciter; elle se mit de fort mauvaise humeur : Si vous saviez, me dit-elle , ce que c'est que d'avoir à veiller sur vingtsix paires d'yeux qui veulent guerroyer avec ceux des jeunes archers et des jeunes gend'armes; si vous saviez ce que c'est que d'avoir à retenir dans le sentier de la vertu vingt-six jeunes personnes35 qui souvent ne craignent pas de courir sur les bords , vous en auriez déjà trop, moi j'en ai assez.

Tous pensez avec raison qu'une pauvre villageoise qui offre son sein au Dauphin nouveau-né , qui voit son lait se mêler avec le sang royal , qui a deux cents livres dégages, est heureuse; non elle

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ne l'est pas , c est que la berceuse en a deux cent quarante36. Eh! pourquoi cela, direz-vous? cela ne paraît pas juste : Oui, sans doute, quand on ne sait pas que pour être nourrice, il ne faut que de la fraîcheur , de la santé , au lieu que pour être berceuse , il faut une illustre généalogie, un nom37; car vous devez sentir comme moi que ce n'est pas une paysanne , mais une demoiselle ou une dame qui doit parler a l'auguste nourrisson.

Les duchesses couronnées'8, dont est entourée la reine, sont-elles heureuses? Oui, me direz-vous: Non, vous dirai-je; chacune souffre continuellement de la moindre parole obligeante que la reine dit et qu'elle ne lui dit pas.

Les seigneurs en faveur sont-ils heureux? Oui, me direz-vous aussi : Non, vous dirai-je de même; ils souffrent continuellement de la peur : de quelle peur? me demanderez - vous ; je vous répondrai qu'à la cour il n'y en a qu'une, la peur de la disgrâce.

Il vous reste à m objecter que le roi fait partie de la cour, à me citer le proverbe, heureux comme un roi. Tout en convenant qu'un proverbe ne peut mentir, je vous répondrai que ce proverbe était vrai , lorsque dans l'antiquité la plus reculée il a été fait , mais que si on en faisait aujourd'hui un autre, il dirait tout le contraire.

Pour vous le prouver , je veux ici faire rétrograder les temps, et successivement vous amener dans

chacune des cours de France qui ont occupé ce siècle.

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