‹ Histoire des Français des diverses états (volume 4)Chapitre 9 sur 36 · LES HOPITAUX DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

LES HOPITAUX DE LA FRANCE

Station liv.

Déjeunez ici. — Non , allons déjeuner chez moi. — Ne me refusez pas. — Faites-moi cette grâce. C'est ainsi qu'aujourd'hui, sur le pas de la porte de ma chambre, le sire Lamouche et moi, nous avons long-temps disputé : hier il m'avait donné à dîner et il voulait encore me donner à déjeuner aujourd'hui. Enfin j'ai terminé en lui tendant amicalement la main , en le tirant dedans et en lui disant 6. ç

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que j'avais écrit dans mon journal de voyage l'entretien que nous avions eu , qu'il trouvât bon aussi que j'écrivisse celui que nous allions avoir avant mon départ que je ne pouvais guère différer : il s'est aussitôt assis sans nouvelle insistance.

Vous penserez sans doute ainsi que moi, lui ai-je dit, que si les institutions des aumônes, mieux que les institutions des hôpitaux, propagent les secours, elles ne les complètent pas si bien : les aumônes nourrissent les pauvres; les hôpitaux les nourissent , les habillent , les logent , les chauffent , les entretiennent en santé , en maladie , enfin les adoptent.

Les hôpitaux des enfans orphelins.

Au commencement de cette semaine , ai-je continué , j'étais sorti pour aller faire une visite ; je rencontrai dans la rue Saint-Denis une troupe de jeunes garçons et une troupe de jeunes filles tous habillés de bleu'; la curiosité qu'excita en moi leur joli et uniforme habillement me les fit suivre jusque dans leur maison. J'avais le manteau de velours vert2 brodé, la plume fraîche, éclatante; les portiers, auxquels je demandai la permission d'entrer , se rangèrent respectueusement pour m'ouvrir le passage.

Lorsque je fus dans les cours , j'interrogeai économes , sœurs , domestiques ; tout le monde s'em-

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pressait de répondre a mes nombreuses questions; j étais enchanté de ce que je voyais et de ce que j'entendais»

Les bâtimens de cet hôpital sont divisés en deux parties ; dans l'une demeurent les jeunes garçons , dans l'autre les jeunes filles : même nombre de salles et de dortoirs dans chacune des deux parties.

Tous les matins au son de la cloche les jeunes garçons et les jeunes filles se lèvent à cinq heures en été, et à six en hiver : ils vont à la messe; après la messe le déjeuner, la leçon de lecture, d'écriture ou de chant; à onze heures ils dînent; à six heures ils soupent; à neuf ils se couchent.

Je les vis dîner. Leur réfectoire est propre; chaque orphelin a par jour une livre de pain et six onces de viande.

Je visitai en détail les salles d'instruction. On me fit ensuite passer dans la salle des métiers où trois ou quatre cents jeunes garçons maniaient les instrumens de tous les arts. Dans le fond , sur une espèce d'estrade , d'habiles artisans donnaient des leçons de théorie et de pratique aux orphelins les plus âgés qui allaient ensuite , à quelques pas , les répéter à leurs jeunes camarades. La laine , la soie, le coton , l'ivoire, les bois, les métaux étaient tout à la fois façonnés. C'était un tableau complet de l'industrie française3. J'étais émerveillé, j'admirais : je me disais pourquoi une pareille salle d arts mécaniques ne se trouvait pas dans tous les grands

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hôpitaux d'enfans , lorsqu'un chef d'atelier , s'approchant de moi, vint interrompre mes réflexions : Monsieur, me dit-il , si je ne me trompe , il paraît que vous n'êtes pas mécontent de notre établissement. Le public ne l'est pas non plus. Il nous sait quelque gré de l'avoir conservé, malgré les traverses de toute espèce que, dans les commencemens et même ensuite pendant assez long-temps , nous ont suscitées plusieurs ouvriers de la ville , fâchés de nous voir fabriquer les mêmes ouvrages que les leurs , et mieux et à plus bas prix , fâchés surtout de nos privilèges. Monsieur, savez-vous bien où vous êtes ? Peut-être vous ignorez que les ouvriers qui enseignent dans cette enceinte gagnent la maîtrise et que les apprentis la gagnent aussi, que la maison a le droit de faire acheter toutes les matières de fabrication comme les maîtres artisans de Paris , et que les gardes jurés ou les inspecteurs ne peuvent entrer ici qu'en se faisant assister par les supérieurs de la maison4 ? Ainsi que la politesse le voulait , je trouvai ces privilèges grands, honorables, magnifiques, extraordinaires. J'en félicitai ce brave homme; ensuite je lui dis : Cette moitié des bâtimens occupée par les jeunes garçons est dans un continuel mouvement ; je pense que l'autre moitié nlest pas sans doute dans le repos, et qu'on y exerce aussi les jeunes filles aux arts de leur sexe. Vous ne vous trompez point , me répondit le chef d'atelier , les plus jeunes fdles lavent , cardent , fdent les laines,

les cotons et les soies ; les plus âgées les ouvrent à l'aiguille et les tricotent. — Maître , à quel âge sortent les jeunes garçons et les jeunes filles? — A vingt-cinq ans. Ordinairement, en quittant la maison, ils se marient entre eux5; et ces jeunes ouvriers, accoutumés aux vertus religieuses, au travail, à l'économie , forment d excellens ménages. Les plus heureux époux , les plus sages , les plus habiles artisans de Paris sont sortis des enfans bleus'5. — Maître, quel est le revenu de la maison ? — Monsieur, il n'est que de trois cents livres, mais chaque enfant reçoit tous les jours six deniers que lui donne l'aumône générale7. Oh ! lui dis- je , ce n'est pas trop , si c'est assez , car j'ai trouvé que le repas de vos élèves était bien frugal et bien léger. — Monsieur , il n'y a pas long-temps qu'il l'était encore bien davantage ; ces pauvres enfans n'ont eu de déjeuné que depuis le don d'une rente en blé qui leur a été fait par Guillaumette de l'Arche. Que tous les jours Dieu rende bien pour bien à cette bonne Guillaumette I jamais les enfans ne commencent leur déjeuner sans la nommer3.

Moi , s'est pris à dire le sire Lamouche , je puis vous parler des enfans rouges dont 1 hôpital a été fondé dans un quartier voisin de celui des enfans bleus par la bonne et aimable reine de Navarre, sœur de François Ier. La chapelle , agréablement et gaîment éclairée par les vitraux qui représentent des histoires denfans9, est à voir et c'est tout ; il y

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a bien des ateliers , mais quelle différence avec ceux des enfans bleus ! L'administration de la maison n'est pas non plus comparable à la leur : on remarque trop facilement qu'à l'hôpital des enfans bleus sont les orphelins nés dans Paris , et qu'à celui des enfans rouges sont les orphelins nés hors de Paris l0. Les premiers orphelins des enfans rouges furent des fils de pauvres gens forcés de se réfugier dans cette ville par les pestes ou les guerres , et qui y moururent sans laisser aucun bien11.

Sire Lamouche, ai-je dit, l'institution des enfans de la grange de Lille a la même origine12. On leur donna d'abord asile dans une grange. Aujourd'hui on leur a bâti une belle maison où on les élève jusqu'à ce qu'ils soient mis en apprentissage chez un maître artisan , ou bien en service chez un honnête bourgeois. Lorsqu'ils se marient , l'hôpital leur donne pour présent de noces cinquante florins *' , toujours out prêts et tout comptés.

Sire Lamouche , ai-je ajouté , Antoine de Glandevès a fondé à Marseille , il y a quelques années , un hôpital pour douze orphelines, habillées de gris, appelées Filles-Grises , gouvernées par une matrone. Antoine de Glandevès a pourvu aussi à leur dot14.

Les hôpitaux des enfans trouvés

Pendant quelques momens le sire Lamouche est demeuré à réfléchir : Mon cher messire, ma-t-il dit

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ensuite , ce qui ne surprend guère les autres , ce qui me surprend beaucoup , c'est que nous n'ayons pas encore d'hôpitaux d'enfans trouvés qu'on nomme à Paris, et par imitation en province, enfans de la crèche15. Ce qui me surprend beaucoup aussi , c'est que partout la porte des hôpitaux des enfans leur soit , aux termes des statuts , perpétuellement fermée l6. A la vérité les ordonnances , les arrêts de parlemens forcent les seigneurs à s'en charger jusqu'à l'adolescence17; mais qu'arrive-t-il ? les seigneurs tâchent de s'en débarrasser au meilleur marché , et facilement on reconnaît â leur maigreur, à leur petite figure pâle , ces enfans allaités , nourris , vêtus au rabais.

Les hôpitaux des adultes.

Que n'a pas fait la charité chrétienne de notre siècle, a ajouté le sire Lamouche : elle a , dans les Indes , bâti de ses longs et puissans bras , les deux plus grands , les deux plus magnifiques hôpitaux du monde18. Elle a fait encore plus, elle a judicieusement ôté aux clercs , judicieusement confié aux laïques , souvent plus instruits dans les lois , toujours plus exercés dans les affaires , l'administration du bien des pauvres l9 ; elle a fait encore plus , elle s'est courageusement rendue sourde aux plaintes et aux cris , et a réuni en grands hôpitaux plusieurs petits dont elle a chassé les fainéans et riches pauvres'0.

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Les hôpitaux des malodes.

Elle a fait encore plus, elle a refondu les vieux hô. cls-diou. INc croyez pas que je veuille parler de celui de Paris, depuis saint Landri toujours à peu près le même21 ; je veux parler de celui de Lyon , je veux parler de son service simple , économique, admirable. Pour tout l'Hô tel-Dieu une seule salle. EJle est , à la vérité , vaste , aérée , divisée en deux dans sa longueur par des piliers et des grilles : d'un côté sont les hommes , de l'autre les femmes ; au milieu se trouve une grande cheminée commune autour de laquelle les uns et les autres peuvent se voir , mais sans pouvoir autrement communiquer. Par cette disposition , deviennent encore communs le mouvement de l'air , la lumière des fenêtres , la lumière des lampes ; et de plus tous les malades peuvent aussi , de leurs lits , entendre la messe , voir le prêtre qui la dit. J'y ai surtout admiré la propreté ; les lits , faits de beau noyer , étoiles en tapisserie , sont tous les jours exactement nettoyés ; les ustensiles brillent. Cette vaste salle forme presque tout l'hôpital ; elle est comme le temple de la bienfaisance ou de l'hospitalité. Et combien croiriez:-vous.que l'administration emploie d'hommes pour le service ? Comptez : un aumônier „ un médecin , un chirurgien p un pourvoyeur,, un boulanger , un portier, deux porteurs pour aller chercher les malades dans une litière couverte.

pas davantage. L administration a pour le service des malades vingt femmes, saus autre salaire que la promesse des récompenses célestes. C'est aussi à cause de cette promesse que les apothicaires et les épiciers de la ville fournissent gratuitement la pharmacie32.

Les hôpitaux des infirmes.

Quand les maladies, a continué le sire Lamouche, sont permanentes, elles sont des infirmités. Les hôpitaux des infirmes touchent aux premiers temps de 1ère chrétienne33. Mais de notre temps il s'en est élevé un à Paris, sous le nom d'Hôpital des teigneux, où se trouve, passez-moi cette manière de parler, un assortiment complet d'infirmités, ou chacune a pour ainsi dire sa tablette , du moins sa loge, où le service est fait à aussi bon marché et aussi bien qu'il est possible, Le gouverneur est le seul qu'on paie. Les infirmes sont eux-mêmes surveillans, ils sont eux-mêmes tailleurs, lingers, blanchisseurs, commissionnaires, garde-malades. Us remplissent tous les emplois24. Messire de Bouïencourt , président a la chambre des comptes , a fondé cet hôpital 25. Je vous prie de faire connaître en Espagne et son nom et sa belle œuvre.

Les hôpitaux des femmes enceintes.

On ne peut dire , a poursuivi le sire LamoucJue,

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que la grossesse des femmes soit une maladie ; mais elle en nécessite les soins et les dépenses. Dans tous les hôtels-dieu des grandes villes il y a une salle des femmes enceintes 2Ô. Il ne devrait pas y en avoir; il devrait y avoir des hôpitaux , c'est encore ce que la charité de notre siècle a , sans le savoir , laissé à faire.

Les hôpitaux des fous.

Sans le savoir , elle a aussi laissé au siècle prochain à fonder les hôpitaux des maladies de la raison, ou plutôt des organes de la raison. Disons cependant en notre honneur qu'il y a déjà des salles de fous27, qu au dernier siècle il n'y en avait pas 28.

Les hôpitaux des vieillards.

Tous les siècles qui nous ont précédés ont à l'envi agrandi et agrandi, doté et doté, les asiles de la vieillesse indigente : à cet égard nous n'avons presque rien fait; il n'y avait presque rien à faire.

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LE SERGENT DEVALOGINE.

Station LV.

Faut-il que j'écrive ici que je suis maintenant dans la Normandie? Je pense que non, puisque

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j'ai à écrire et que j'écris qu'aujourd'hui j'ai dîné à Valogne. Un gentilhomme sergent de sa sergenterie1 m'a invité chez lui. Je n'écris pas à quelle occasion , ce serait trop long.

Monsieur , m'a-t-il dit à un premier mouvement que j'ai fait pour me lever de table, causons encore un peu, je vous en prie, car j'ai quelque raison pour que vous sachiez plus tôt que plus tard comment mon épouse et moi nous nous sommes d'abord fait l'amour en vrais amans normands. Il a continué ainsi :

Dès le premier jour que nous nous vîmes , la jeune personne qui devait être mon épouse et moi nous parlâmes aussitôt et avant tout de nos biens, et d'abord de ceux que nous possédions en entier, ensuite de ceux que nous possédions comme coportionnaires , c'est-à-dire par fraction; mais à peine avais-je commencé rémunération de ceux-ci que, renouvelant encore ses interruptions , elle me dit:

Les fractions de fiefs.

Et moi, monsieur, dit-elle, je suis dame aux trois quarts d'un fief d'une nature bien rare , d'un fief en même temps noble, en même temps ignoble, d'un fief-ferme2.

Les fractions de vaudeville.

Et moi, mademoiselle, j'ai, au contraire, le

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tiers de la plus noble seigneurie , la seigneu r idu lyrique vallon de la Normandie, la seigneurie du Vaudeville3. Ma part me rend en boisseaux , demiboisseaux , quarante setiers de froment ; plus , en couplets4, demi-couplets, quarante vaudevilles en bons vers , bonne rime , bonne mesure , aune de Rouen.

Les fractions de moustache.

Mademoiselle , j'ai aussi en ma qualité de coseigneur du Menil , le droit de me faire faire et de faire faire à mes enfans gratuitement la moitié de la moustache par le barbier du village 5 ; ce qui reviendra, quand nous aurons sept garçons, à quatre moustaches gratuitement faites en y comptant la mienne : Mademoiselle , si je calcule mal , si je faux, dites-moi , je vous en prie, en quoi.

Les fractions de serfs.

Monsieur, me dit la jeune demoiselle , j'ai mieux que cela : j'ai un serf; à la vérité il ne m'appartient qu'aux deux tiers ; mais mon tuteur veut m'acheter le reste. Yous me demanderez , continua-t-elle , comment dans un pays où sont nés Calvin et Bèze, il peut se faire qu'il y ait encore des serfs. Je le de-* mandai aussi à mon tuteur ; il me répondit que le fait était qu'il y en avait , qu'il y en avait encore et en assez grand nombre 9 dans presque toutes les

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provinces 6 , et qu'il en connaissait un , établi savetier dans la boutique de la maison où demeure le plus célèbre de nos historiens actuels qui dit , avec tous nos autres historiens, que le servage est aboli depuis Louis-le-Hutin7.

Les fractions d'usage.

Mademoiselle, outre que j'ai tous les jours dans le village , pendant une heure, l'usage des eaux de la fontaine8 que je change contre du vin , du cidre ou du lait, avec les propriétaires des prairies voisines, j'ai la moitié de l'usage du chauffage9 , et nous nous chauffons alternativement avec mon cousager une année, lui l'hiver et moi l'été , une autre année , lui l'été et moi l'hiver.

Les fractions d'aînesses.

Monsieur , j'ai par indivis avec les soeurs maîtresses d'école10 un tennement d'aînesse dont tiennent sous les mêmes redevances , comme héritières de puînés, plusieurs jolies petites aînées l : ce sera peut-être quelque chose pour un fils , et pour deux ce sera davantage.

Les fractions de gardes-nobles.

Mademoiselle , moi j'ai le dixième des gardesnobles du Gontentin12. Mon père avait acheté du

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roi le droit de le représenter dans l'administration des biens et des personnes des jeunes demoiselles orphelines ,3 : ce sera peut-être quelque chose pour un fds , et pour deux ce sera davantage.

Les fractions d'offices»

Mademoiselle , continuai-je bon gré mal gré , mon grand-père avait eu par succession un quart d'une sergenterie noble de plaids d'épée ; mon père en avait acheté une autre ; quand j'ai pris à rente l'autre moitié, j'ai été sergent noble de plaids d'épée^ aux quatre quarts ou bien peu s'en faut. — Monsieur , mon oncle , m'a acheté une moitié , et il cherche à m "acheter l'autre moitié d'un office d'un prévôt de maréchaux de France qui , dans les cas prévôtaux , condamne souverainement à mort'5. Ainsi j'aurais un entier office prévôtal. — - Mademoiselle, j'ai un quart d'un office d'un grenetier de grenier à sel 6. — Monsieur, j'ai des parts dans un office d'un maître de ports et passages '7. — Mademoiselle, j'en ai dans un office d'un vendeur de poissons'8. — Monsieur, j'en ai dans un office d'un vendeur de cuirs'9. — Mademoiselle, j'en ai dans plusieurs offices de regrats20 , de bureaux de changes21 , de recettes urbaines, rurales22.

La jeune demoiselle me dit alors d'aller porter mes titres chez son notaire, d'aller y voir les siens ; je n'y manquai pas. Le lendemain elle me fit les

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veux doux , et toujours plus doux. De mon côté , les soupirs devinrent de plus en plus fréquens , de plus en plus enflammés : et de même que nous avions heureusement marié nos biens, nous mariâmes heureusement nos personnes.

En saluant ce bon gentilhomme , en m'en allant, je ne pouvais m'empêcher de penser , comme en ce moment je ne puis m empêcher de dire : La drôle de France ! la drôle de France !

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