‹ Histoire des Français des diverses étatsChapitre 30 sur 36 · LA BANNIÈRE DE SAINT-PAUL · texte numérisé non relu

LA BANNIÈRE DE SAINT-PAUL

J'avais ouï dire depuis assez long- temps que l'état de cordier était surtout jalousé : cette semaine j'en ai eu une nouvelle preuve , ici, à l'hôtelde-ville, où un courtier disait au maître cordier de la mairie : Perrot, votre grand père n'était pas

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pauvre, votre père était riche, vous êtes encore plus riche , je veux changer de métier, faire ie vôtre. Vous travaillez pour les hauts châteaux où sont les puits les plus profonds, et l'on vous paie les cordes deux sous la toise 4". — Oui, mais sachez qu'elles doivent être de bon chanvre qui n'ait pas été mouillé, resséché, ressuyé. — Vous gagnez beaucoup avec les cultivateurs à faire les traits de charrue. — Pas tant; ils doivent avoir au moins douze fils. — Beaucoup avec les charretiers, les voituriers. — Pas tant; les chevêtres doivent être de huit fils et les licous de chanvre doivent être mélangés de poil 4'2. Le débat s'étant prolongé , Perrot impatienté le termina en disant : Les cordiers, quand nous filons une corde, nous ne savons si ce ne sera pas celle d'un pendu ; cela ne donne guère envie de prendre trop, de trop gagner. Les cordiers, nous sommes les plus pauvres et les plus honnêtes; notre état convient à peu de monde; que les courtiers surtout ne s'y trompent pas.

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