CHAPITRE VII
lmitére — Voyage de Lafayette. — Procis dé presse. — Mod ES du prince de Poligonc = Affaires ee
SE Mesrerins Pouesac, — Le Moniteur du 9 août annonça la
emation d'un nouveau ministère, ainsi composé : affaires étran
Enes-le prince Jules de Polignac ; guerre, le comte de Bourmont;
Mèvieur, le comte, de La Bourdonnaye: justice, M. Courvoisier,
rocummrgénéral à Lyon; finances, le comte de Chabrol ; marine,
e de Rigny; affaires ecclésiastiques et instruction pu ‘baron de Montbel.
Débit xme véritable déclaration de guerre jetée à l'opinion ublique, et la chose fut acceptée comme telle, Ceux qui vivaient ls me peuvent avoir oublié, et ceux qui sont venus depuis # suraient imaginer quelle explosion d'indignation et de colère mieva la France d'un bout à l'autre, à la lecture du Moniteur. ‘æ fat une de ces heures rares et décisives, où le cœur de tout m peuple bat les mêmes pulsations et inspire les mêmes résoutiens. La trêve du ministère Martignac était rompue , la bataille venir. Quand et comment? on ne le savait encore, mais on a tnt pour prochaine, inévitable; on voulait laisser à l'ensemi le perilleux honneur de tirer le premier : on ne reculerait aa moment suprème.
Le ministére Polignac fut peut-être étonné lui-même de l'etfet isistre produit par son apparition. S'il devait, par la logique fatale les choses, conduire à la bataille, il n’en avait pas conscience, il s'en avait pas même, à cette heure, l'intention, le désir; il se avait un ministère de défensive plutôt que d'agression. Il n'était pes sorti en bloc d'une subite volonté royale. Charles X n'avait wala bien résolûment que la présence du prince de Polignac; il eût volontiers gardé M. de Martignac, s'il eût consenti à rester, et M. Roy, qui eût accepté si M. de Martignac ne fût pas parti. Les æntres membres du cabinet avaient été choisis, après essais de diverses combinaisons qui durèrent plusieurs jours. M. de La Bourdoanaye fut choisi, comme chef de la droite et sans souvenir de ses projets el de ses harangues sanguinaires de 1815. En appe-
544 MONALCULE COMSTITUTIUNSELLE.
Jant le comte de Bourmiont à la guerre, on ne songea pas davantaze à sa conduite la veille de Waterluo, et on ne se douta pas de l'effet que ce nom produirait sur l'armée aussi bien que sur l'opinion publique, MM. de Rigny et Courvoisier furent nommés sans avoir été consultés : ils étaient l'un à Lyon, l'autre à Moulins. Un les considérait, avec MM. de Chabrol et de Montbel, comme des hommes de conciliation. Tous deux apprirent leur nomination par le Moniteur ; M. Courvoisier se rendit à Paris à petites journées; M. de Rigny vint plus rapidement, pour apporter un refus que n'ébranlérent pas les instances du roi; il fut remplacé à la marine park baron d'Haussez.
ILn'y avait pas de président du conseil ; ainsi l'avait exigé La Bourdonnaye, comme condition sine qud non de son acceptalion. Mais, dès le premier jour, le public qualifia le nouveau cabinet : Ministère Polignae, non-seulement parce que ce personuage en el, mais parce que son nom sem ion de la politique pour laquelle Le prince, cependant, répudisit a pensée d'un coup d' :
te ut violente. Sur la toi de cal . M. Rave
blait la plus expressive signifie on croyait ce ministère foriné alors, dans toutes k
ait pas à s'en élunner:
du changement de pol . à la fois, teuu park ait le plus anteæand contre M. de Ville.
taux Dourb ë ce lien d'amour qu Cour avec #$ ation avec , le sacendoce se qui viennent se jeter entre la at maintenant Les alfaires S qu'ils ne le pourritent pas. Les lines que leurs ve réveillent dans tous les esprits sont trop protondes pour n'être pe rendues... Que ferontats cependant? lront-ils chercher un sppat
Journal des Débuts qui, ment les colères de Chat fait profession d'a al, le 10 goût, le ve unissait Le peuple
— 1829. ETHES
M £tns qui entendent cette question à merveilll ques jus aprés, revenant sur le même sujet, il flétri prisce de Polignac « l'homme de Coblentz et de la contre-révol tion », Boarmont « le déserteur de Waterloo, aujourd'hui exposé sur l'échafaud du ministère », La Bourdonnaye, « qui représentait dans le mini trières, ses lois de proscription, sa clientèle de massacreurs deaur… Pressez, tordez ce ministère, ajoutait-il, il n'en dégoutte q'hamiliations, malheurs et dangers. »
Cet article était d'un jeune rédacteur appelé Saint-Mare Girardin. Pour que le Journal des Débats se laissät aller à ces véhémences réitérées de langage, il fallait que l'émoi füt bien profond des la couche sociale à laquelle ‘appartenaient ses écrivains el ses lecieurs.
Dans la presse royaliste, c'était le Drapeau blanc qui défendait avec le plus d'emportement le ministère Polignac. Par une manœuvre insolite dans cette presse, habituellement peu soucieuse des casses populaires, c'est à ces classes qu'il faisait appel contre les classes intermédiaires, « également ennemies de l'aristocratie
546 MONARCHIE CONSTITCTIONNELLE,
et du peuple. C'est du peuple que s'occupera le nouveau mi têre, du peuple qui travaille et qui souffre. On lui doit du tr du pain et un salaire « permette d'entrevoir sans tristes jours de la vieillesse et des infirmités. » Cette tendresse pour classes ouvrières vient subitement à ceux qui veulent faire evups d'État. Le Drapeau blanc proclamait le droit au trara faisait du socialisme vingt ans avant 1848.
Un autre symptôme de la réprobation atlachée an ministère lignac, c'est le grand nombre de démissions qui lui vin d'hommes qu'on ne pouvait pas compter coïinme des révolul naires. Chateaubriand, que Martignac avait nommé ambassade Home, et qui prenait alors les eaux des Pyrénées, accourut à P pour mettre sà ission « aux pieds du roi. »
$ IL. Vorace ne Lararerte. — L'avénement du ministère F gnac fat aussi mal accueilli dans les départements qu'à Paris; publique ent, dans une partie de la France, une ot
ee éclat, Le ns l'Auvergne iille (kère), où étnit mariée sa pe trouvait au Puy. ut quelques citoyens lui affraient um À quet, | nouve 9 auût. Aussi'üt, wvalion fut reproduisit dans
faisait pas aux so!
tubre, dans un banquet de ent des députations des villes une allocution par e
d'applandisements : Plus de
ti: plux de concessions, d s juste titre Le peuple fr: qui conrait Les populations voyaient en Lafas
sont tour et droits et sa
ennitication de 15 méme moment recueillait que de réfet voulut organis
due d'Angou it en Normat témoignages de froideut en son houneur, un bal rip isiois d'un coup d'État pre Plusionts journaux pub ée, disaient-ils, en Rrets pÜl. Aussitôt des ass0t
abese pe cuantes x. — 182. En
Er epéient sur divers points, Les parquets
non associés, mais les journaux qui pu
#atuts. Les tribunaux correclionnels et les cons
des sentences contradictoires, d'où il résultait
que s'il w'ébit pas illicite de provoquer le refus de Lim
be de mesuresincanstitufionnelles, c'était un délit d'imputer vrnëment la pensée dé pareilles rnesures.
D août, le Journal des Débats avait élé condamné, pour son lu 40, par le tribunal de police correctionnélle, à six mois mat 500 fr. d'amende. L'auteur de l'article, Étienne Bé— était fait connaitre, mais le rédacteur en chef, Bertin de mit assumé toute In responsabilité, et c'est lui qui avait été mé. Sur sou appel, l'afliire revint devant la cour nl Bübre. 11 y eut, ce jour-là, une affluence énorme qui, de la (cour, s'étendait dans les galeries du palais, Le journal End par Dupin. Aprés lui, Bertin de Vaux prononça une allocution, où il rappelait son long dévouement aux Bourt qu'il termina ainsi : « Si mon défenseur, par impossible, gas parvenu à vous faire partager sa conviction et la mienne, € flatter, messieurs, qu'aucun de vous, aucun de ceux qui tent, ne pourra croire qu'arrivé au terme prochain d'une e arrière, j'aie sciemment voulu offenser, outrager, insulter qui fut toujours l'objet de mon respect, de mon amour, j'alesque dire de mon culte. »
our se retira pour délibérer. Au bout de trois heures, elle séance et le premier président prononça un arrèt déclarant
les expressions de l'article incrininé étaient inconvenantes iquaient de modération, elles ne constituaient pas le délit se et d'attaque à la dignité royale; en conséquence, le journal xonéré des condamnations prononcées contre lui et renvoyé Hainte.
ecture de cet arrêt fut suivie d'applaudissements prolongés, els s'associa la foule qui encombrait les abords de la salle ence.
is jours auparavant, le 17 décembre, la même cour avait un arrêt qui n'avait pas moins satisfait l'opinion publique. wrier français, dans un article sur l'exposition des beaux- Hisait : « L'admirable tableau de la Cène, la Transfiguration lommunion de saint Jérôme resteront encore des chels-d'œuéme quand les croyances chrétiennes seront complétement
548 MONARCHIE COXSTITUTIONNELLE.
abolies, sila durée des fragiles matières de ces œuvres pouvait à teindre jusque-là. » Il se trouva un procureur du roi pour décæ vrir dans cette phrase le délit d'outrage envers la religion t l'État et les autres cultes chrétiens, délit résultant de ce que N crivain admettait que la religion chrétienne püt ne pas durer &s nellement. Le journal fut poursuivi, et il se trouva des juges pa le condamner à trois mois de prison et 600 fr. d'amende. Le Con rier fil appel. La cour royale infirma le jugement, par cr md que, si l'opinion émise établissait un manque de croyance, « à malheureux aux yeux de ceux qui ont la foi, l'auleur, en prévom un événement mème impossible, ne s'était pas servi d'expressis ni permis des réflexions ou allusions injurieuses constitusst délit puni par la loi. »
L'opinion publique vit dans ces deux arrèls un signe que La gistrature voulait faire obstacle aux empiétements du clergé. C'éu peut-être vrai; mais on voit par là de quelles précautions la pr imiére cour royale de France était vbligée d'envelopper ses décisia les plus équitables.
S IV. Moniricariox pu causer. — Paosers pu Paixce pe Pouen La question de la présidence du conseil, soulevée par M. Con r, ainena la retraite de M. de La Bourdonnaye (18 november qui fut remplacé par M. de Montbel, auquel succéla, à l'instrueti publique, M. de Guernon-Ranville, procureur général à Lyon d r.
ville passait, au contraire, pour être de la Congrè constance ajout t possible, à l'impopularité du cabinet :( ÿ vit un accroissement d'influence de la faction ultramontaine. Depuis son installation, le ministère n'avait rien fait de bien 4 parent, si ce n'est de se démolir pour se reconstruire. M. de Ml guae, cependant, avait de vastes projets. Frappé, pendant ses » jours en Angleterre, de la haute prospérité commerciale et à avantages des franct les, il se proposait de produi les mêmes effets e1 ndant pas compte de La dilt rence qu'il y a ent le et l'initiative des citoveæ I voulait dune encourager le commerce aux grandes entreprises : développer le plus possible li . C'est une propension we naire chez ceux qui r les peuples d'exagérer ke pol des jouissances matérielles et de substituer la recherche du bio
gr,
phisk De GuAnLES x. — 1820. 540 Là: j est plus facile à gouverrier, chez
bête. Peut-être M, de Poliguac: ne
Lie ET extrême. Toutefois, il n'eut pas le
beancoup ses ; il convient done de lui ler le 2 d'en avoir eu de es. Mais, venant dé celte ie, x repuussait les mellleurs présents.
DE Arrkine Aie. — La querelle avec le dey d'Alger se compe es 1829. Le capitaine de vaisseau La Bretonnière, envoyé de navire Ex Provence pour signifier au dey l'ultimatum de la surtait du port d'Alger, sous pavillon parlementaire, le Jersque les batteries du port firent feu sur la Provence, une demi-heure. 1 n'y avait plus à traiter que par les ren Va dans quelles circonstances s'achevait l'unnée 1829, pour Fplice 3 l'annie 1830, que Ja Restauration ne devait pas par wrhout entière.
PV Lervmes, sciences. — Si agitée qu'elle fût par la politique, mée 1429 fut féconde encore dans le domaine de l'intelli- 2; Lamartine publie les Harmonies poétiques et religieuses, 2 mérite littéraire supérieur peut-être à celui des Méditations, is qui n'eurent cependant pas le succès enthousiaste de celles-ci. fe ace aussi parut l'édition la plus complète qu'on eût enre dommée des curieux Mémoires du duc de Saint-Simon. Au is de février, fut représenté Henri III et sa cour, drame en rose, par Alex. Duinas.
Charles Fourier publie le Nouveau monde industriel et sociétaire, stisé à faire passer de la théorie dans la pratique les doctrines tes Phalanstériennes, qui ont, comme la doctrine saint-simoæane, le tort d'encourager outre mesure les appétits matériels. L'arientaliste Emile Burnouf commence à faire paraitre la tra sion du Vendidad-Judé, de Zoroastre, qi partie du Zendwest.
L'Astrolabe, commandé par Dumont-Durville, revient en France, près un voyage d'exploration scientifique ayant duré trois années.
350 MONARCHIE CORSTITUTIORRELLE.