CHAPITRE II
Révolution belge. — Modifications ministérielles. — Mort de Ben — Cour des pairs.
$ L RévoLvriox seuce. — Tandis, en effet, que le & français comprimait la fermentation intérieure, une r pulaire, coïncidant avec celle de France, sans en être la éclatait en Belgique.
En 1814, la Belgique, là Hollande mème appar France. La première y avait été annexée par la Républi des événements de guerre contre l'Autriche; la sect acte arbitraire de Napoléon, après que son frère Louis fait un roi de Hollande, se fut enfui de sa royauté ] traire à la tyrannie fraternelle. Les politiques de 181 pa laisser la Belsique à la France, n'osant pas la res triche, eurent l'idée bizarre de l'accoupler au royau Bas, sous le sceptre de la maison de Nassan, qui ja leuuent séparé les provinces du Nord des province temps de la domination espagnole. L'union ne pou cordiale entre populations différentes de religion. Avant 1830, on en était déjà à des host menaces de séparation. Au mois d'août 1K50, une én Bruxelles ; la garde civique resta maltresse de la vi Frédéric marcha sur cette ville à la tête de troupes mais, d'accord avec la garde ci de camp. Les di s de la population ét
le pr daises reparurent, pêné ger dans l'intérieur et s'établirent dans le pur Bruxelles. Elles ÿ furent attaquées, et aprés trois jou sanglante (25, 24, 25 septembre), elles durent évac
cie constitutionnelle, comme en Angleterre, avec les tempé que commandait l'état de la France après 1784, car il con loi du droit d'ainesse, La révolution de Juillet lui parut ave définitivement en France celle monarchie, et ne besoin d'aller au delà, il se tourna résolüment contre ceux laient antre chose ou quelque chose de plus.
Lui et M. Guizot appartenaient à celte coterie qu'on apf doclrinaires, qui aimaient les théories abstraites et prêter ployer tous les esprits, les impuser à lontes les opinions n el impérieux ceux même € tion de certaines de leurs idées.
ent souvent à eux Casimir P et Dupin, dont la timidité hbèr
pu attirer l'élé Ces deux hommes ral
nait facilement l'épouvante,
Le mouvement ëtail représenté par Dupout (de l'Eure) e auxquels Lafayette apportait habituellement le concours d pularité et de son ascendant sur la popul:
Avec des nuances diverses et des homt
suppe ent début dn règne, en présence d'un peuple encore fier de 53
400 MONARCHIE CORSTITUTIONNELLE,
tenaient une grande place. Benjamin Constant n'avait ni parole de Manuel, ni l'éloquence entralnente du général lui manquait la flamme de passion qui échauffe le cœur : gage. Mais, soit dans des discours élégants, ingénieux, = soit dans des livres et des brochures où la solidité du raiso était relevée par la vivacité du style, il avait traité avec « questions les plus élevées de la doctrine constitutionnell sous l'Empire à cause de ses rapports d'intimité avec mn Staël, il s'était laissé attirer par Napoléon pendant les Ce L'opinion lui avait pardonné cette faiblesse parce qu'il fidèle aux idées libérales en rédigeant l’Acte additionnel au tutions de l'Empire. Ce fut peut-être heureux pour lui constitution ne dût jamais vivre sous celui qui l'avait jur
Benjamin Constant, lorsque éclata la révolution de Juillet, d'infrmités physiques auxquelles s’ajoutaient les souffrar rales d'une existence embarrassée. Ni le traitement con attaché à un emploi, créé pour lui, ni le don d’une in somme d'argent fait par le roi ne suffirent à réparer le dés ses affaires ; les cruelles angoisses de la gène, presque de l: assombrirent ses derniers jours et hâtèrent sa mort.
$ VI. Cour Des Pains. — La Chambre des députés ayat la mise en accusation des quatre ministres de Charles } après la révolution, la Chambre des pairs s'était, le 1° constituée en cour de justice el avail délégué à quatre de bres, le baron Pasquier, le comte de Bastard, le baron Sègr comte de Pontécoulant, le soin de diriger l'instruction grave affaire.
Tandis que se poursuivait l'information, la Cour des } occasion de siéger pour juger, un des siens, le cointe de Kergoray, prévenu d'avoir accusé la Chambre des d'usurpation de pouvoirs, Louis-Philippe de n'être we verain illégitime, et la Chambre des pairs d'avoir viol ments. Cette accumulation de délits ne valut à l'anci déclaré cot le, que six mois de prison el 500 francs d' La Cour faisait un premier essa ulgence.
Le 10 décembre, à huit heures du matin, MM. de Poh Peyronnet et de Gugrnon-Ranville furent transférés du ch Vincennes dans un li ent du Petit-Luxemboury, disposé de geble. Le quatrième prisonnier, M. de Chantelaure, tn frant, ne put ètre transporté que dans la soirée.
de ministère public; les accusés , par M. de Martignac, le chef du
lac; M. de Peyronnet par M. Mrs Sous, du barreau de Lyon; M. dé à
président de la Cour, fit, selon l'usage,
d'eux un interrogatoire où l'on crut voir la pensée
Û la responsabilité des faits de l'accusation
roi. Si cela est vrai, ce fui une précaution inutile.
acceptérent pleinement la responsabilité de leur par ordonnances et à ce qui s'ensuivit.
de nombreux témoins, le ministère pu-
avec énergie l'accusation et oublia quelquefois la mo-
Er que l'organe de la justice doit garder en présence des
ons lui, les défenseurs eurent la parole. La situation des aceuds ait quelque chose de juridiquement étrange. La Charte qu'on ar ryrochait d'avoir violée, ne les rendait responsables que des
Wie de haute trahison et de concussion. Ür, on ne relevait pas
toire eux de tels chefs d'accusation. Pour lous autres crimes en-
Hg la responsabilité ministérielle, la Charte renvoyait à des bis qui étaient encore à faire. D'autre part, la Charte déclarait le Wiérresponsable, et, contrairement à la Charte, le roi Charles X wait payé pour la responsabilité de ses ministres. Les défenseurs lscstérent ces points de droit constitutionnel, puis la légalité des Noanances et la légitimité de la résistance et, par conséquent, de Aéwolution des trois jours. Ce procès fait à la révolution irrila et Mgna beaucoup de gens. C'était pourtant le droit de # défense et ‘es l'inconvénient des procès politiques que les accusés prennent rréle d'accusateurs. Ainsi avaient fait les libéraux sous la Reslau- Wien, ainsi allaient faire les républicains sous Louis-Philippe.
LL de Peyronnet se défendit lui-même dans un langage dont la modération étonua.
‘Tæmdis que la Cour des pairs procédait avec un calme, au moins parent, à ses devoirs judiciaires, une agitation menaçante enveleppait le palais que la garde nationale protégeail avec un zële infatigable. Elle voulait que la loi seule disposät du sort des accusés,
402 MONARCATE CONSTITUTIONNELLE.
mais beaucoup de gardes veillaient dans l'espoir que la jastiee perait sans pitié ceux qui avaient si cruellement versé le sa la population parisienne. Lafayette employa toutes ses fs toute son influence à calmer l'irritation populaire, à encouræ garde nationale, à éloigner tout danger de ce palais, qui faillit d'une fois être enlevé d'assaut par une multitude furieuse.
La dernière audience eut licu le 24 décembre. Tous les al du palais étaient gardés par des forces imposantes au delà desqu stationnaient des foules avides de connaître Je dénouemes drame.
Les débats étant terminés, la cour se retira en délibératie crète, tandis que les accusés étaient reconduits à leur priso n'y restèrent pas longtemps ; une voiture les attendait où üs rent place tous les quatre ; puis, escortés par des détachemes cavalerie, protégés par la présence du ministre de l'intér M. de Montalivet, et d'un officier supérieur de la garde nationale, deux à cheval aux côtés de la voiture, ils roulèrent, de nou vers Vincennes. Un coup de canon tiré du château annonça étaient arrivés sains et saufs. Rien, d'ailleurs, n'avait inquiét voyage.
Un de ces bruits, dont on ne sait jamais l'origine, avait règ la nouvelle d'une condamnation capitale. La garde nationale avait pas, non plus que la foule, dissimulé sa satisfaction. Lors apprit le départ des accusés, ce fut une explosion généra colère. La garde nationale, cependant, ne manqua pas à son dé L'arrêt, d'ailleurs, n'était pas rendu, personne ne savait et quel il serait.
C'est seulement à dix heures du soir que le président Pasq rentré dans la salle d'audience, fit lecture de la sentence qui damnait les quatre accusés à un emprisonnement perpétuel, ajoutant pour le prince de Poligmac la mort civile.
La Cour des pairs reconnaissait dans les ordonnances du 35 let une violation de la Charte et déclarait que cette violation stituait le crime de trahison. La prine de la prison perpét était substituée à celle de la déportation, à laquelle aucune kx n'était affectée ni en France ni au dehors.
Cet arrèt renouvela les scènes qu'avait provoquées le déper prisonniers. Peu s'en fallut qu'une collision n'éclatit entre la 4 nationale et la population ouvrière. L'autorité {it appel à la
nesse des écoles qui, mèlée à des compagnies de garde nation
de Lafayette. — Algérie. — Lettres, sciences. — Étranger. — Insurrection de Pologne.
KL Démssrox DE Lararerre. — En ce moment, la Chambre Msälquiés discutait une loi sur la garde nationale, dont un article Initial de concentrer en une seule main le commandement de tes ls gardes nationales et même de celles d'un département ou Mis ammdissement. Lafayette était alors investi de ce commande- Mmisuprème, par mesure temporaire, il est vrai, C'était là un
qu'on ne devait laisser à aucun personnage, quel qu'il ft, Eril se trouvait plus puissant que toute autre autorité. Sous la ion, le comte d'Artois avait exercé ce commandement et Louis XVIIL s'était trouvé dans la nécessité de le lui reti- Ha de l'abolir. Dès que Lafayette apprit le vote de l'article, il rss sa démission au roi qui, après quelques refus, l'accepla. Pit raisonnable et juste, mais il l'eñt été aussi de trouver une pour un homme aussi considérable que Lafayette, qui
pu empêcher l'élévation du duc d'Orléans, qui, au contrairé, Ymitaidé en sacrifiant ses propres préférences el avait rendu de Fads services à la nouvelle royauté. Celle-ci eut peut-être hâte 2 débarrasser d'un auxiliaire qui pouvait devenir génant. En Téariant, elle en fit un des chefs d'une opposition qui, sans viser M remersement de la dynastie, voulant même la fortifier en la Fmmant däns ne voie plus conforme à son origine, la mil
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quelquefois eu danger par ses altaques peu adroites on per tunes.
Un autre chef vint encore à cette opposition, ce fut Du l'Eure), qui suivit Lafayette dans sa retraite. Par suite, le n de la justice fut donné, le 27 décembre, à Mérilbou, qu' avocat, Barthe, remplaça à l'instruction publique.
SIL. Aucémis. — Après la prise d'Alger, le maréchal & organisa deux expéditions ou plutôt deux reconnaissances l'une par lui-même sur Blidsh, l'autre ayant pour obj villes de Bone et d'Oran.
La première partit d'Alger le 92 juillet, atteignit la Mitidja Bouffarick, où elle fit halte et entra le même jour à Blidah, habitants avaient envoyé une députation au maréchal pour ter la soumission de la ville. Les Français y furent, en efl accueillis et bien traités. Le maréchal poussa jusqu'à une demie de la ville une reconnaissance qui ne découvrit rie mant. Cependant lorsque, deux jours après, la troupe fran prit la route d'Alger, elle ent à repousser plusieurs fois les des Arabes, embusqués dans les haies, les jardins, les roch
Le 95 juillet, M. le général Vanrémont partit d'Alger, | avec des troupes, pour aller rétablir la domination que li avait autrefois exercée sur la ville de Bone. Il arriva le ? aoû cette ville, que les habitants le prièrent aussitôt d'occuper. I ral Danrémont, y entra, installa une garnison dans la cast exécuter quelques travaux de défense. Les Arabes tentérent ] attaques, toujours repaussées, Malheureusement, l'expédi peu de jours après, rappelée à Alger.
M. Louisde Bourmont arriva, le 24 juillet, à bord du Dra vant Oran, que bloquaient deux bâtiments français et don avait annoncé l'intention de se soumettre à la France. Le encore inaitre de la ville et des forts, mais au delà des murs torité était complétement méconnue des Arabes révoltés. randant du Dragon tit occuper le fort de Mers el Kébir. Le manda la protection de la France ; le capitaine Bourment à Alger pour prendre les ordres de son pêre, Le marèeha un pelil corps expéditionnaire qui arriva le 6 août et qi mème d'avoir pu débarquer fut rappelé en toute hâte : troupes. Oran et Mers el Kébir furent donc abandonnés couu et Blidah.
Le 10 avûl, un navire arrivant de Marseille, puis une dép
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régnait au delà des murailles d'Alger. Partout les Arabes s révoltés. tenaient la campagne, tuant, pillant, ravageant. audacieux, le plus redoutable des chefs arabes était Bou-Mar de Tittery, ayant sous ses ordres des tribus belliqueuses et € naguère défié le maréchal Bourmont. Clauel résolut de l'attei centre même de ses pouvoirs, à Médéah.
Une colonne expéditionnaire de 8,000 hommes, command général Boyer, qui avait fait la campagne d'! , avec marchait le général en chef, se mit en marchele 19 novem compagnée d'un chefmaure distingué, Mustapha-Ben-Omar, ( fait preuve dedévouement aux Français et désigné pour êtn Tiltery. Le 19, Blidah fut occupé après une faible résistance la colonne franchit les défilés du Tenish de Mouraïa, défen Bou-Mazra avec 6,000 hommes el des canons. Le passage fu de vive force. Une brigade y fut laissée pour le garder. Le 2 on arriva devant Médéah, dont les habitants firent bon acc Français. Le lendemain, dans la soirée, Bou-Mazza se sc entra dans Médéah, avec sa femme, sa famille et une sui breuse maissans armes. Mustapha-Ben-Omar fut installé com le 25. Clauzel lui laissa 1,200 hommes et quelques canons, prit, sans être inquièté, la route d'Alger. Il trouva Blida tout émue d'une attaque tentée par les Kabyles et victorier repoussée, Clauzel ne jugea pas utile d'y maintenir une gar continua sa marche de retour, suivi d'une partie de la po de Blidah, qui abandonnait la ville par crainte de la venzte
colonne rentra, le 50, à Alger.
tion, vivement et vaillamment conduite, ne é gea pas pour longtemps les Arabes. Les 27, 2X et 29 nover dirigèrent contre Médéah des attaques qui restèrent sans Dans le courant de décembre, Clauxel fit ravitailler la gan cette ville, mais il dut bientôt la rappeler à lui, ayant ét de faire retourner en France une partie des troupes d', Le fruit de cette première et heureuse expédition se troc perdu.
SU. Lerrnes, Sciences. — Bien que la politique ait eu ke toutes choses, en cette année 1850, les autres branches de | humaine ne restèrent pas les en France. Deux savantsde ordre, qui étaient en même temps deux remarquables à Geoffroy Saint-Ililaire et Cuvier, continuant un débat enga eux, firent paraître. \e premier les Principes philosophique.
Dans les possessions autrichiennes, un mouvement près « à stations et des envois de 1 , son fils Ferdinanel 11
A Rome, mort du pape lie VIL, Le siège pontifical reste jusqu'en février 1854.
En Angleterre, mort de Georges IY et avénement de & Guillaume IV. Le ministère Wellington fait place à un cabir présidé par lord Grey. Ouverture du premier chemin de les voyageurs entre Liverpool et Manchester.
En Espagne, Ferdinand VII abroge la loi salique, impe France, et rétablit l'ancienne loi espagnole en vertu de laqt tilles pouvaient accéder à la couronne. Peu après, naissance fante Isabelle, que le roi désisme pour son héritière. Protest: don Carlos, frère du roi, et des Bourbons de Naples et de L Révolle carliste. Le monvement des réfugiés libéraux a été re laut. (Voir chapitre 11.)
En Portugal, une régence s'établit, au nom de dona Mari l'ile de Terccira.
SV. Insunnécriox DE PoLocxe. — Tandis que, à l'ouest d rope, l'insurrection belge devenait, par l'appui de la Fran
à ité de l'Europe une a qui n'obtint pas Je n
toutes Les de Posen et n mn à La Prusse, ll Au Pour éviter d'avoir trois ennemis à combattre, Chlopichi ne
Pre = pu empêcher les Prussiens d'envahir la Belgique, Rine leur appartenait pas el où il lui était facile de faire entrer Wechamp une armée. La France était séparée de la Pologne par Ma l'étendue de l'Autriche et de la Prusse, avec qui elle n'était CI it de guerre, el qui, de leur côté, n'attaquérent pas la Po- Meet vrai que la Russie v'avait pas tenu envers ce pays les Bpiments pris au congrès de Vienne; la France élait-elle en Ein de soulever une telle question? Tout ce qu'elle pouvait fe était de laisser partir des volontaires, comme Louis XVI l'a- Lit pour l'Amérique et Louis XVIIL pour la Grèce. Maïs entre Mérique, la Grêce et la France, la mer était libre, tandis qu'on pourait arriver en Pologne sans courir le risque d’être empêché les polices d'Autriche ou de Prusse. La Pologne n'avait donc Éewpter sur elle-même dans la lutte inégale qu'elle entrepre- Ficest dire qu'elle était « destinée à périr, » suivant une parole Mlemment vraie, mais qui n'eût pas dû sortir de la bouche d'un fastre français.
410 MONARGULE COMSTITUTIONNELLE.