‹ Histoire des FrançaisChapitre 30 sur 90 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Gouvernement personnel. — Industrie. — La créance américaine. d'avril.

1834 a été une année de haine et de guerre, 1835 serat née de haine et de vengeance. La discorde est partout. -

$L. Gouvenneusnr P&xsonnEL. — C'est pour se soustraire à la minance personnelle du roi que M. Thiers et M. Guisot s retirés, entraînant avec eux la presque totalité du cabi 44 octobre. C'est pour établir sa prépondérance que Louis-f avait fait le ministère du 40 novembre, qui était son œuvre nelle. Ce ministère de trois jours, tomba sous sa propre i sance et sous la risée universelle : le roi dut s'avouer vd reprendre, pour les subir, les ministres dont il avait cru s'affranchir. Mais ceux-ci, lout en rentrant au pouvoir, n daient pas ne pas constater avec éclat leur triomphe.

L'occasion leur en fut fournie par des interpellations pre nières semaines de la session ouverte le 29 dàt ant sur la fréquence des crises ministérielles. En « tégré le 43 novembre semblait déja près de se dre. Le maréchal Mortier, reconnaissant son insuflisanc donné sa démission. Le roi, au lieu de chercher simples nouveau président du conseil, cherchnt à refaire le cons

tissail à ri C'est a au cours de ces tätonnements qu'étaient les demandes d'interpellations qui, d'abord fixées au 7 mars ajournées au 41. Ce jour-là, la crise était finie : ke roi s'étail

cepler pour président du conseil un homme qu'i pas, le duc de Broglie, qui reprit le portefeuille des affaire

quis de Sade, en développant les interpellations,

funeste impression causée par les dernières eré

du gouvernemeut. La Chambre ir le retour en imprimant seule 1 es. Le druit que la Chan tres n'avait rien de cumnx le même droit dent dispose un roi absolu. La royauté constt

as MONARCHIE CORSTITUTIONRELLE.

tifs au blocus continental. La réclamation américaine avai sentée en 1810, et réduite de 70 millions à Ha impérial, réduction que n'acceptérent pas les js 4850, la Restauration avait éludé toute solution formelle. après un nouvel examen, un traité, préparé par Sébas l'indemnité due par la France à 25 millions, desquels der: déduits 1,500,000 fr. dus par l'Amérique à la France. ( exécuter ce traité qu'en 1834 fut présentée la demande rejetée par la Chambre.

Quand le cabinet fut reconstitaé, la question se reprèt vant les Chambres, car il fallait la résoudre. Les dissentia soulèvent, même entre particuliers, des débats de ce get gravérent ici de paroles blessantes, de menaces impruden gard de la France, contenues dans un message du président Il est vrai que les messages d'un président américain n° que lui, et que le congrès avait refusé de s’y associer, : avant que les résolutions de la France fussent connues part, une dépèche du ministre américain en France, qui fu! informait le gouvernement fédéral que le roi des Fran personnellement favorable aux réclamations américaines ferait tous ses efforts pour en assurer le succès. Mais u particulière du roi n'engageait aussi que lui et laissait € liberté du gouvernement. Celui-ci avait répondu aux intem de langage de Jackson en rappelant le ministre de 1 ton et en offrant les passe-ports au ministre am Le Ces incidents avaient mis de l'aigreur dans la pol la presse des deux pays et éveillé les susceptibilités de publique. Le mot de guerre était prononcé d'un côté et dei

La discussion parlementaire se ressentit de la passion e1 L'opposition reprochait au ministère sa pusillanimité qui toujours reculer devant des menaces que ceux qui les faisa vaient pas l'intention de ser, Les uns trouvaient l' singulièrement exagérée, d'autres en niaient la légiti encore jugeaient insuflisants les avantages commerciaux qu rique accordait à la France et concluaient au refus de la

n'aursit lieu qu'ap s explications satisfaisantes domi gouvernement à . Ces explic: rent donnes termes ; Jackson déclara que ses parules n'avaient pas eu d

460 MÔNARCEIE CONSTITUTIONRELLE, LE juges. C'était une autre forme d'insurrection et de semi où la dignité se perdait dans la violence, le courage dar nésie.

11 y eut des incidents déplorables. Deux journaux publié adresse aux accusés terminée par ces mots qui donnent la pièce entière : « L'infamie du juge fait la gloire de l'a suivaient les noms des-défenseurs. La Cour des pairs ayar des poursuites contre les deux journaux, plusieurs des p dont les noms figuraient au bas de la lettre déclarérent 1

{pss signée et n'avoir autorisé personne à signer pour eux. signataires assumèrent la responsabilité de la publication ainsi dans le procès des accusés un procès des défenser des signatures étaient celles de MM. de Cormenin et Audry raveau, députés. Il fallut demander à la Chambre élrctive sation de les poursuivre. Ce fut le sujet d'un débat des plus Ja Chambre des députés devait-elle se reconnaître intérit Chambre des pairs en accordant à celle-ci le droit de juxer u

‘ quand elle-même n'avait pas le droit de juger un pair? soudre la question de principe, l'assemblée autorisa les p contre M. Andry de Puyraveau, qui refusait de désavoner ture. M. Audry refusa, d'ailleurs, de comparaître au Luse et on n'osa pas l'y contraindre, Quant à M. de Cormenin, i n'avoir pas signé la lettre, ce qui étail vrai.

Les signataires appelés (c'est Le terme qu'on employa) « Cour des pairs niérent tous avuir signé : quelques-uns ajor leur réponse des commentaires plus ou moins énergi niers furent retenus avec Trélat et Michel (de Bou reconnus auteurs et publicateurs de la pièce incrimin autres furent renvoyés de la poursuile. Plusieurs défendirent eux-mêmes avec une éloquence à la dime mente, Trélat fut condamné à trois ans de prison et 10,0 d'amende ; Michel (de Bourges) et les gérants des deux jo la Tribune et le Réformateur, chacun à un mois et 10,000 les autres à un mois de prison, avec 200 ou 500 francs d'i

Après cet épisode, le procès principal se continua dans ke: conditions de confusion que précédemment. On avait voalu des insurrections éclatant simultanément un immense cont dut y renoncer et procéder par séries d'accusés correspond localités où les troubles s'étaient produits. Les audiences Jongérent jusqu'au 28 décembre, dote de l'arrêt concernant

maréchal Maison ; trois autres maréchaux, Lebee, Mobitoe tier, en faisaient aussi partie.

La reine et ses filles devaient se rendre à la chenceller Vendôme, où avait lieu le défilé terminant la revue.

Le roi, passant entre le double front de garde nation troupe, avait franchi le point, signalé comme dangereux, d bigu; arrivé boulevard du Temple, en face du café Turc, à un instant pour prendre une pétition que lui tend un garde: ‘En se relevant, il aperçoit une légère fumée à l'étage s d'une maison. « Ceci, dit-il au prince de Joinville, est pou Au même moment, éclate une terrible détonation. Le roi e demeurent seuls debout au milieu de quarante morts & gisant autour de leurs chevaux. Un cri d'épouvante jaillit de qui se disperse, folle de terreur. La première stupeur passés le roi et ses fils sains el saufs, une immense acclamatior les salue; puis, tandis que Louis-Philippe reprend avec : marche vers la Bastille, on s'empresse à relever les cadavr blessés. Parmi les premiers, il y avait le maréchal Mortie néral la Chasse de Vérigny, le colonel de gendarmerie lieutenant-colonel de la première légion Rieussec, le capits tillerie Oscar de Vilatte, officier d'ordonnance du minist guerre, neuf citoyens, une femme et une jeune fille de ans. Quatre autres personnes, dont trois femmes, mour curs blessures du 22 au 28 août. Vinglrois blessés curent.

Le roi avait sur-le-champ expédié un de ses aides de e chancellerie pôur rassurer la reine et les princesses : mais ce ne pouvait apporter aucun détail, et comme il ÿ avait là des ou ces filles de personnages accompagnant le roi, ce fut trop longtemps une nouvelle scène d'angoisse et de douleu

Sous le coup mème du crime, gardes nationaux et agent lice avaient envahi la maison d'où la mort é chambre du troisième étage de celte avait trouvé un ch n bois sur lrque rière en a -quatre canons de fusil dont les lumi gnées pouvaient être mises simultanément en feu par une de poudre. l'lusicurs des canons avaient éclaté et avaien l'assassin, On le suivit à la trace du sang. Prévoyant l'en ment de la maison, il avait disposé à la fenêtre de La cu corde par laquelle il s'était laissé glisser. On le trouva dans

taient fliés, incli

paroles HS à l'Hôtel-Dieu, où, placé dans et soigneusement

os surveillé, il fut mis

ol ce fit presque un prodige ie destinée à l'échafaud.

+ qu'on vivait alors dans une atmosphère

es, dle passions ennemies ne reculant

strié, pour comprendre la fureur avec laquelle,

moment, les partis se renvoyérent res-

) de l'aftentat du 98 juillet. Le gou=

donna l'exemple; comme Bonaparte après Nivôse,

Restauration aprés Lonvel, il accusa les Es pr

« Toutéfois, on en revint, de part et

tre, à om sentiment plus juste et l'on s'accorda à ne voir dans Bcrime que l'acte isolé d'un ou de quelques individus. Bependant, les feuilles oflicieuses persistérent à imputer le for- Htsu parti républicain. Aussi, lorsque, le 5 août, le gouverne- Int ft de somptueuses funérailles aux viclimes de l'attentat, Mignit-on quelque acte de violence. Des rangs de la garde natio- Me partit le cri : Aux prisons ! Ces appels à la justice sommaire ferent pas de résultat.

{0 Lois pe Srprevone. — Le roi avait lancé une proclama- Man qui se terminait ainsi : « Mon gouvernement connait ses de Ms; illes remplira. » Ces mots annonçaient des mesures de ri- Meur et il n'était pas difficile de prévoir que la rigueur Lomberait VB cite liberté de la presse dont les gouvernements sont les éter= Das ennemis.

Le 4 août, en effet, trois lois, dont l'une contenait des disposilus draconiennes contre la presse, Des deux autres, l'une ‘sur le Mie, siléignait indirectement la presse, la troisième aggravait les Prat ede rébellion et simplifiait la procédure au dé- Mient des accusés.

In raison même de l'état des esprits | pion publique vil avec ces lois de rigueur. On attri- Mit Unt de mat à la presse, on imputait aux républicains une si

Maaise influence sur » les affaires» que lous ceux qui vivaient

vient vivre des aflaires se figuraient que les affaires repren-

, une certaine partie de

46, MONARCHIE CORSTITUTIONNELLE.

draient comme par enchantement dès que le presse serait et que le mot Républicain serait rayé du dictionnaire de 1 française.

Ces lois furent soutenues par le duc de Broglie, le mi vingt ans auparavant, dans les premières et plus néfastes x la Restauration, avait eu l'honneur de revendiquer, sul, | illimitée de la presse. Il pat se rappeler ce glorieux tem vie lorsque, devant lui, un homme de la même époque, teur, un penseur comme lui, mais resté plus fidèle aux } de toute sa vie, Royer-Collard, se leva et retrouva quel des plus beaux élans de sa haute éloquence pour défer dernière fois la liberté de la presse.

Ce n'était plus de principes qu'il s'agissait, mais d'exf les lois furent votées, puis promulgnées le 9 septembre : meurent historiquement fameuses sous le nom de Luis tembre. À ce moment déjà, le gouvernement savait avec : que le crime du 98 juillet n'était œuvre d'un parti exploitait l'erreur, non encore dissipée, de l'opinion pour commettre une iniquité.

Les partis républicain et légitimiste, emportés par la avaient rarement gardé une juste mesure dans leurs contre Louis-Philippe; ils avaient inquiété, épouvanté le des prises d'armes qui n'allaient pas sans une grande eff sang. On rendait le parti républicain solidaire de théorie sées qui se produisaient à côté de lui, quelquefois sous s mais qui étaient antérieures à lui et qui ont vécu de toul Les esprits peu éclairés ne savaient pas alors séparer © avait de salutaire dans les doctrines de ce qu'il y avait de ou de coupable dans les actes des hommes.

Que les hommes de l’art employassent toute leur science : l'assassin blessé, c'est une cruauté que justitie la nécessité naitre-les auteurs ou les ne saurait excuser, c'est homme, alors méme que l'on sut n'avoir pas aflaire à ui égarements du patriolisme qui font les Charlotte Cord Staps, les Karl Sand. Pendant cinq mois, la société

françai:

bravo, de ce déserteur, d vu, on eût été heureux d' tressè faisait des envieuses. Li

r de lui une audience; , Savait cet ignoble empres

466 MOXARCHIL" CONSIETUTORELE.

$ V. Ixpusras. Commence. — Cette snnée 4855, si si agilée, ne fut cependant pas tout à fait stérile. Une loi : let autorise l'établissement d'un chemin de fer de Pari Germain-en-Laye.. Cette ligne qui, selon un homme d'Éta vait servir qu'aux promenades des Parisiens, devint La : ligne de Paris au Havre et fut le commencement du n voies ferrées en France.

Un peu auparavant, dans le mois de mai, une loi avait l'établissement d'un service régulier de bateaux à vapez seille à Constantinople et à Alexandrie.

$ NI. Exrémeun. — En Allemagne, les mesures ré de la liberté se multiplient. L'empereur d'Autriche Fr meurt, le 2 mars, hissant le trône à son fils Ferdinan garde Metternich pour ministre.

En Angleterre, les élections générales amènent la re ministère Robert Peel (8 août); lord Melbourne reprend 1 avec John Russell et Palmerston. O'Connell continue l'Irlande.

En Espagne, la régente a à se défendre tout à la fois e insurrections libérales et contre les carlistes. Ceux-ci, af ques avantages, sont contenus sans pouvoir faire de pro l'intérieur.

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