CHAPITRE XVI
L'Orient. — Réforme électorale. — Dotation. — Ministère du Anniversaire de Juliet. = Atfoire de Boulogne, — Allental 1
$ L Sesswox vK 1840, L'Ontexr. — Eù ouvrant la sessi tive, le roi disait: « Noire pavillon, de concert avec à Grande-Bretagne, et fidèle à l'esprit de cette union avantageuse aux intérêts des deux pays, a veillé sur l'ind et la sûreté immédiate de l'empire ottoman. Notre pt toujours d'assurer la conservalion el l'intégrité de € dont l'existence est si essentielle au maintien de la pai Nos efforts ont au moins réussi à arrèler dans l'Orie des hostilités que nous avions voulu prévenir, et quelles les complications qui résultent de la diversité des ir l'espérance que l'accord des grandes puissances amèn une solution équitable et pacitique. »
Ainsi, la Chambre, en reprenant ses séances le 25 retrouvait celte question d'Orient qu'elle avait laissée : commencement de juillet. La diplomatie avait marché avait-elle marché sûrement ?
Dès le début de la nouvelle crise, la France et | s'étaient promptement mises d'accord sur la nécessit dans les eaux de Constantinople des forces importantes, ment pour imposer la paix aux belligérants, mais encor Ler toute action exclusive de la part d'une puissance Cette puissance ne pouvait être que la Russie, à laque d'Unkiar-Sekelessi’ donnait le droit de protéger la Ti ferait-on si la Russie prétendait exercer ce droit? La qu été posée entre les deux cabinets unis et ils avaient d les vaisseaux russes entraient à Constantinople, les nat et français y entreraient aussi, de gré ou de force. Pn
494 MOSARCHIE COMSTITUTIONEELLE,
4839. Le roi Louis-Philippe avait-il réellement tant de glorifier sa politique? Les événements préperaient à ses e de cruelles déconvenues.
Le public s'attendait que la discussion de l'adresse pre lumière sur tout ce qui touchait à cette obscure questior fut rien; le président du conseil se rejeta sur la nécessité secret des négociations et se contenta de déclarer que gouvernement était de « conserver l'empire oltoman « élément essentiel de l'équilibre européen, et placer son dance non plus sous la garantie d'un protectorat exclusif reux, mais sous la garantie commune de toute l'Europe. l'intégrité et la sécurité de la Turquie étaient compat certains arrangements favorables à la famille du pacha €
La discussion n'ayant aucune base précise, chaque oral loppa ses propres théories sur la solution orientale et h en fut réduite à paraphraser les paroles royales et à s'as espérances de Louis-Philippe.
Cependant, plusieurs membres infuents dé l'Assemi vant trop molle l'attitude de l'ambassadeur français à L général Sébastiani, et, le croyant trop favorable à la Tu: posérent au roi de donner celte ambassade à M. Guizut. seconda celle combinaison, un peu peut-être pour él allié incommode pouvant devenir un adversaire génant. sila quelque temps: il avait une vieille amitié pour Sébs qui il exerçait une influence considérable. Toutefois, il sèns en lémoigner.maladroilement son déplaisir. e Un es geant avec moi, dit-il à M. Guizot lui-mème, je le c on est loujours bien aise de faire avoir à ses amis SU, de rente. — Sire, répondit M. Guizot, mes amis et sommes de ceux qui aiment mieux doi ner 300.000 livre que les recevoir. » Le hautain doctrinaire faisait allusion et de loi que le ministère venait de présenter pour attr dotation de 500,000 francs au duc de Nemours.
M. Guizot fut nommé ambassadeur le 9 février et part
SIL. Réronue fLecroraue, — La nécessité d'une rélor: rale préoccupait beaucoup d'esprits, qui différaient d'° la nature de l'extension du droit électoral. On signait de à la Chambre: les journaux discutaient et proposaient tions. Le 12 r, un grand nombre de gardes nali uniforme mais saus ares, se rendirent d'abord c'es Lai
des affaires étrangères à M. Thiers. Furent nommés à l'intéries M. de Rémusat ; à l'instruction publique, M. Cousin ; aux finenet M. Pelet (de la Lozère); à la guerre, le général Cubières ; à la js tice, M. Vivien; à la marine, l'amiral Roussin ; aux travaux pli M. Jaubert ; à l'agriculture et commerce, M. G:
Sauf M. Thiers et surtout, M. de Rémusat, aucun de ces an n'avait une signification bien hautement libérale. Cependæsk cabinet du 1* mars fut accueilli trés-favorablement par l' publique qui le faisait plus libéral que peut-être il n'avait tion de l'être en effet. i
Dans la discussion d'une demande de fonds secrets, le sembla prendre à tâche de justifier et de confirmer cette nue générale. En même temps qu'il rassurait les timorés en maïntenant les lois de Septembre, il promeltai clairelr ce qu'avait de trop obscur celle de ces lois qui les allentats, et il satisfaisait les partisans d'une réforme élel en montrant la réalisation de cette réforme dans un avenir ait devoir être prochain.
Pour la troisième fois, la conversion des rentes se produ vant la Chambre des députés, où elle fut vivent M. Pelet (de la Lozère) et adoplée pour la troi pour la troi e fois aussi, la Chambre des pars rvje, projet.
Le 19 mai, M. de Rémusat demanda la parole pour une cor nicalion du gouvernement et, à la grande surprise de tous. 4 nonça que, sur la requête du gouvernement français » notre f gnanime alliée » l'Angleterre avait décidé que le cercneil res mant les restes de Napoléon serait remis à la France. Let avait chargé son fils, le prince de Joinville. d'aller chercher œf nébre dépôt et de le ramener à l'aris pour être inbhune ss dôme des Invalides,
Cest Louis-Philippe qui avait eu l'idée de ramener en Franc corps du captif de Sainte-Hélône. a La monarchie de 1Xu, dt musat, est l'unique et lé e de tous les irs dont la France s'enorgueillit ; il lui appartenait sos def chie qui, la pre tous les vœux de la révolution franc
craint statue et le tombe d'un héros popubaire, 4 se, une seule, qui ne redoute pas la comparait
— 1840. 497 année même, quel présent pour les frais de l'expédi- Je lui accorda. e au roi les armes de Napo—
partit de Toulon, à bord de
d'Orient, un des actes qui ont été ntde Louis-Philippe et qui ont
Cabinet du mas, at de question d'0direct entre la Turquie et
les puissances européennes, qui (garantie collective In durée de 1a paix à
Le odse À Méhémet que l'hérédité visgére d'une partie de la Syrie, avec
Méhémet eût la Syrie viagé-
Vois cols Rénalaion.
se décida à traiter à
498 NONARCAIE CORSTITUTIONNELLE.
la Russie, l'Autriche et la Prusse, une convention par lock quatre cours s'eng nt à employer leurs forces navales gi. pour contraindre le pacha d'Égypte à exécuter arrangement àÀ proposé par le sultan, soit à protéger Constantinople si le paf. dirigeait contre cette ville ses forces de terre et de mer. L'arrangement dont il s'agit concédait à Méhémet ct is cendants directs l'hérédité de l'Égypte et la possession la partie méridionale du pachalik d'Acre, avec la Saint-Jean. @tte possession serait retirée si, dans le délai jours, ie pacha n'avait pas notifié son acceptation ; si dix jours s'écoulaient encore, l'Égypte mème lui serait enl outre, le pacha devait restituer la flotte turque et payer ui annuel proportionné à l'étendue de son gouvernement. Cette convention ne fut cofhmuniquée à l'ami France qu'après avoir été signée par les quatre istres des contractantes et le négociateur envoyé par le sultan. M. Guüut| pédia aussitôt à P:
La nouvelle en causa une grande sensation en France 4 toute l'Europe, car il en pouvait sortir une guerre qui etnl partie de l'Urient et tout l'Occident. On ne doutait cué en effet, qu'avec une armée victorieuse, une flotte co e un chef militaire comme Ihr: he polilique
soutenu les prétentions du re hat, la France ne le ment dans sa nce mil
Le gonvernement français se mit ei guerre. I appela 10,000 hommes sou nombre des régimen de fortitier D
esure de poursoir à drapeaux, ausments et y atfecta ands art
nement ent Toulon dans les passages de S VE 27, 2N, 90 avis, fut inauguré colonne d levée destinées, s , à supporter la font 29, les corps des citoyens tués en 1830 et enterrés alars devant ke
MONARENTE DE JUILLET, — 1840. 409
Bean diamp de Marsetau marché des Innocents, furent {rans- Es ses selle colonne.
Mare we Hovrocxe, — Le 6 août 1840, le même Louis- Prtéqui, en 4856, avait tenté un soulévement militaire à ur, recommenta li même aventure à Boulogne-sur-Mer, jus Wimereux, avec une soisantaine de complices, travestis tiers ou généraux français, il essaya d'abord d'enlever un éste, qui refusa de le suivre, puis une caserne, où il fut re- \par un capitaine, sur lequel il tira un coup de pistolet dont bhriss la mñehoire d’un soldat, Menacés d'être cernés, les Biers s'enfuirent ense jetant à la mer. Les gardés nationaux Wsur eux ; plusieurs furent tués ou blessés. Louis-Bonaparte Ppeisonnier avec quelques-uns des siens.
fois, le gouvernement n'eut pas d'égard au litre princier Meur de La Lentative. Louis-Bonaparte et ses complices furent TE devant Ta Cour des pairs, qui les condamna, le 6 octobre : Bonaparte à l'emprisonnement perpétuel, les autres à cinq, ngt ans de détention. Louis Bonaparte fut incarcéré au chàe Ham.
MI. Arrextar Darwës. — Quelques jours après celte coudam- , le 15 octobre, comme Louis-Philippe passait en voiture, a famille, sur4a place de la Concorde, un coup de feu fat L'assassin, immédiatement ar ait un jeune æ appeté Darmés, d’une intelligence médiocre, espèce de fabrute: il fut jugé par la Cour des pairs, le 29 mai 1841, mné à mort et exécuté le lendemain.
rime, commis dans le moment où les événements politiques supaient trés-vivement tous les esprils, causa une grande wo. Les gens que la perspective de la guerre effrayail et qui naient du langage des journaux, de l'appel fait aux souvenirs Révolution, voulurent voir dans l'attentat de Darn mn des projets du parti révolutionnaire. Ces gens-i reproc uk. Thiers d'appuyer sur ce parti ses tendances belliqueuses, 1 s'en fallut que le président du conseil ne fût accusé de cité avec Darmés, comme jadis M. Decazes en avait été acavec Louvel.
IL Éciore Et SRE. — Aussitôt que la conclusion du traité 5 juillet avait élé connue à Constantinople, la Porte avait déé un messager pour porter à Méhémet-Ali les sommations pres- ?s par le traité.
500 MONARCETE CONSTITUTIONSELLE.
Avant même que Méhémet. eût entendu l'envoyé du : 44 août, l'amiral Napier se présentait devant Beyrouth, sc commandant égyptien d'évacuer la ville et la Syrie, pron Syriens à s'insurger, et saisissait les bâtiments égyptiens nant dans le port. En même temps, l'amiral Stophord, an de la flotte anglaise, bloquait Alexandrie. Un protocole : traité du 45 juillet stipulait, il est vrai, l'exécution immé mesures arrêtées ; encore convenait-il d'attendre que Méh reçu les sommations et y eùt répondu.
M, Thiers avait envoyé à Alexandrie le comte Walew engager Méhémet à ne pas se laisser emporter à quelqu tion violente pouvant empêcher tout sccommodement. L: comte arriva, Méhémet venait de répondre à Rifaut-bey, le du sultan, qu'il « acceptait l'Égypte héréditaire et s'en fiai surplus, à la magnanimité du sultan. » Méhémet expliq voyé français que, par ces derniers mots, il entendait la f viagère de la Syrie, de Candie, du district d'Adana et d saintes. Le comte Walewski lui fl comprendre l'exagé celte exigence et le pacha se restreignit à la Syrie viagère
Cette proposition transmise par la France en Angleter pouvoir être une base de négociations. Le cabinet anglai bérait quand on apprit que la Porte, au retour de Rifaut déclaré la déchéance de Méhémet, et que Napier avait, k tembre, bombardé Beyrouth et l'avait fait occuper par w son turque, sans qu'Ibrahim, compé près de la ville ave hommes, eût fait aucun mouvement pour la défendre.
La déchéance de Méhémet-Ali était une mesure estrème dans le traité du 15 juillet, mais destinée à n'être mise à « que dans le cas où Méhémel se montrerait intrai réclama contre l'usage prématuré qui en était q répondu que c'é un acte purement commuinatoire « vant pas avoir de résullat eflicace.
Trois des quatre cours regreltaient peut-Are d'avoir tr pitamment pris une réolution eu dehors de laquelle à France. La Russie seu'e s'en applaudissait, c séparé la France de l'Angle son ancienne alliée que le traité fait sans elle n° elle, et se montrait disposée à accepter telle cor mettrait d'offrir à la France un motif de 1eut
MoxARGNM DE AUILLET. — 1840. 501
eme unie preuve d'hostilité contre la France, comme Beette longue coalition européenne que la Révolution line et vaineue, Le sentiment public secondait les dis bprenait le gouvégnement en vue d'une guerre possible Wochait plutôt de ne pas se monirer assez résolu que
bre, une ordonnance royale convoqua les Chambres Les circonstances devenaient assez graves pour que le ulüt mettre sa résponsabilité à couvert sous celle du