‹ Histoire des FrançaisChapitre 4 sur 90 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Gorpræmment roryal. — Mesures religieuses, — Loi sur la presse. — Budget dt Use cixile — Biens d'émigréss— Congrés de Vienne. —1Mf5,— lnision de Napoléon.

SL — Gouvensexent noval. — L'état de paix entraînait forcment une grande réduction des forces militaires de terre et de mer. C'était une douloureuse nécessité qu'eussent subie avec résisnation les soldats congédiés et les officiers mis en demi-solde, sks ministres de la guerre et de la marine n'eussent semblé premire à tâche d'aggraver celle dure nécessité par des mesures inques. Tandis que le premier renvoyait des cadres 14,000 offiiers de tous grades, il y réintégrait une foule d'émigrés, non pas avec leurs grades d'avant 1789, mais avec ceux qu'ils avaient conquis en servant l'étranger, même contre la France. 11 froissait les «ldats restés sous le drapeau, le drapeau blanc, en retirant les numéros des résiments pour y subslituer des noms de fantaisie, dont quelques-uns désigmaient des corps privilégiés : Régiments du Roi, de la Reine, du Dauphin (il n'y avait ni reine ni dauphin). des grenadiers royaur de France. etc. Il mécontentait les chels suvéneurs en substituant aux litres de généraux de division et de brigade. les dénominations surannées et dépourvues de sens de liatenants généraux et de maréchaur de camp. En outre, le miatre introduisait dans les cadres nombre de jeunes gentilshomwe n'ayant jamais fait la guerre, qui remplaçaient des officiers trouvés, pleins de vigueur, ayant gagné leurs épaulettes sur les “hamps de bataille.

Le ministre de la marine agissait dé même à l'égard de la flotte. Aniens émigrés, anciens combattants de Quiberon venaient occufer la place d'officiers qui avaient pris part aux Inttes maritimes

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de la République et de l’Empire et qui avaient, sous Napoléo vaillé à refaire une marine française. Des ‘hommes tout étrangers à la navigation, des adolescents qui n'avaient pa: mer, recevaient des commandements ou des grades.

Ici ni à on ne contestait le courage des nouveaux venus: les uns ne l'avaient montré que contre la patrie; les au étaient à faire leurs preuves.

C'est le grand péril des restaurations, ces révolutions retou de ramener avec elles des hommes qui veulent contraint peuples à remonter vers le passé. Sans doute, il devait &t nible à Louis XVIIT de résister aux sollicitations de gen croyant servir sa famille, avaient, pendant vingt années l'exil, la pauvreté et perdu quelques-uns des leurs. Cepend salut et l'avenir de son gouvernement étaient à ce prix : il pas le voir.

Ce qui se passait dans l’armée ct dans la marine se pas même-dans toutes les branches de l'administration civile. danger était moindre et l'action du gouvernement mieux ju car le pouvoir royal ne pouvait conserver tous les agents, tt instruments serriles du despotisme impérial. Ce qui blessa nion, ce ne fut pas la destitution de ceuxi, mais, là, € partout, l'invasion d'émigrés et de gentilshorgmes, qui se révéler le parti pris de relever en toutes choses le régime « en 1789.

$ I. Mesures nauicieuses. — Un autre acte devait pro un méenntentement général, car il n'atteignait pas tel : nombre d'officiers ou de fonctionnaires, mais l'universalit citoyens, et il les attaquait tout à la fois dans leurs intérêts riels et dans la liberté de leur conscience.

Le directeur général de la police, rendit, le 7 juin, à la st tion du comte d'Artois, une ordonnance dans les considéra laquelle on lisait :

« Considérant que l'observation des jours consacrés aux sc tés religieuses est une loi qui remonte au berceau du 1 … qu'il ya été pourvu pour la France par différents régleme nos rois, qui ont été seulement perdus de vue pendi troubles, … pour attester à tous les yeux le retour des Frar l'ancien respect de In religiôn et des mœurs. et à la pratiq vertus qui peuvent seules fonder pour les peupli:s une prot durable... »

di. Des amendes de 100, 300, 500 francs seront pronontre les contrevenants, sans préjudice des poursuites s, e #donnance était exécutoire dans toute la France. jours après, le 11 juin, le même fonctionnaire publia une xdonhance, exécutoire à Paris seulement, prescrivant « à particuliers de tendre ou faire tendre le devant de leuts dans toutes les rues par létquelles devront passer les prode la Fête-Dicu.»

ux ordonnances étaient également contraires à l'article de : consacrant la liberté des cultes, car ce n'est pas respecter srté que de vouloir astréindre un.culte à observer les pra- ‘un autre. On vit alors ce qui pouvait sortir des mots aussi dans la Charte : « La religion catholique est la relil'État. »

#donnances furent vivement altaquées au point de vue de :&. Elles le furent plus encore au point de vue de la liberté le trouble qu'elles pouvaient causer dans des habitudes epuis plus de vingt ans, pour le dommage qu'elles pouvaient au commerce et à l'industrie, enfin pour le tort qu'en éprouver le gouvernement. Le fils du comte d'Artois, le Berry, s'en exprima très-vertement vis-à-vis du directeur

MOSANCHIR CENSTÉTENONNELLE . :

LIL Lor sun La Presse. — Le gouvernement venait de montre par les ordonnances des 7 et 11 juin, comment il comprenait a berté des cult allait montrer aussi comment il compre liberté de la presse.

L'article 8 de la Charte reconnaissait aux Français J publier leurs opinions, en se conformant aux leis qui doiventi primer les abus de celte liberlé ». Cet article avait virtudl abrogé les lois impériales qui, pour réprimer les sbus, supfi maient la liberté. Celle-ci existait, en fit et très-largement, del la chute de l'Empire, et les royalistes en avaient protité p personne. Cependant, ils réclamaient une loi contre les ces abus, c'étaient les critiques des actes officiels, car on quait pas alors le gouvernement royal en 1

Le 5 juillet, l'abbé de Montesquiou, m 1e! porta à la Chambre des députés un projet de loi destiné à les abus de la presse.

Ce projet donnait toute liberté de publication pour les uyant plus de trente feuilles d'impression. Or, trente feuilles f ment un volume de 480 pages in-octavo; pour profiter de la Jégale, il fallait donc publier un volume de 31 feuilles at c'est-h-dire de 496 pages in octava. Étaient affranchis di obligation les écrits ea langues mortes ou étrangères, les êt épiscopaux, livres de piété, mémoires judiciaires, ele,

Quant aux journaux et écrits périodiques, Hs ne pou: raitre qu'avec une autorisation du roi *

Les libraires et imprimeurs des it être brevelés par la

La loi devait être revisée au bout de trois ans dé mise cn pr

tique.

__ Dans l'exposé dés motifs, le projet était présenté comm liné à assurer l'exercice du-droit établi par la Charte, droits sims colle loi, resterait sans effet.

L'exposé et le projet étaient l'œuvre commune de Ml. Meyer Collard et Guizot. L

L'opinion publique s'émut vivement de co projet, eur, À dpoque, les journaux étaient encore peu nombreux, pen répailes € la liberté de la presse s'exerçrit principalement au moyen brochures n'ayant souvent qu'une fouille d'impression, qui se laiont à bas prix et cireulaient rapidement de main en (minitt réalité done, la loi supprimait la liberté, telle qu'elle existait

La Chambre renvuya le projet à l'examen d'une commissions

58 MOXARENIE DOSSTITUTIONNELLE, Les recettes à 520,000,000, d'où ressortait un déficit de 507, MS 000 que li loi reportait au eompte dé l'arriéré. 1

Pour 1845, le ministre prévoyait une dépense de 548,100/0000 ét des rectles de 6f8,000,000, es qui donnait nn excédatit dé : 72,500, 000. «

Les calculs officiels, plutôt exngérés qu'affaiblis, élevaient Wat riéré à 799 millions. La loi proposait d'y pourvoir : 1* par tation des 74,500,000 francs du boui du 4815 ; 2 par La ventes 300,000 hectares de bois; 5° par une émission de bons du produisant un intérêt de 5 pour 100 et pouvant être escnmpli

Les deux Chambres volèrent, sans modification, cetle lof, promulguée le 22 septembre ; les événements devaient en

profondément l'économie.

$ V: Lure auue. — Conformément à la Charte, la liste devait être fixée pour Louté la durée du règne. Les Cliambees! rent une somme sumuelle de 53 millions, avec les revenus d&t0en les domaines de la couronne, montant environ à 50 millions: y ajoutérent 50 autres millions pour acquitier des dettes tées à l'étranger par la famille royale : peut-être quel ves detles avaient eu pour cause des intrigues ou complots Le la France,

SV. Les mens démonté. — La Charte avait déclaré irré les ventes de propriétés dites nationales. Cependant, les rentrés à la suite des alliés, ve tement pas cette promesse PO irrérocable elle-même. Ils se considéraient comme les seuls UE gilimes propriétaires de leurs anciens domaines, et afficliai rt hate, tement la prétention d'en reprendre possession. En quelquéséte droits, les possesseurs actuels avaient été espulsés de vive forces Sur tout le territoire, la crainte ou, tout an moins, l'inquiétude, était grande, car on savait que la prétention des émigrés était fotb appuyée en cour, à

Pour mettre {in anx menaces des uns, à l'anxiété des autres @it trouble de tout Le pays, Louis AIT ft présenter une loi qui, consacrant la validité des ventes accomplies, restiluait aux aneiéni propriétaires kés parties non vendues dé leurs biens, à l'exception de ce qui était dévolu au domine de l'État, affecté soit à uns dre vice publie, soit aux hôgitaux ou à La dotation de la Légror d'ions heur,

Ce n'était pas à une innovation, La Convention, le Térectoire, be: Consulat, l'Empire surtout, avaient rendu des biens confisquess. Ont

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listes purs », maïs souleva dans le pays un long mouvement dignation qui émut jusqu'à la Chambre des députés, Aussi 1e ra porteur de la commission à laquelle avait été renvoyé le projetäfs loi, M, Bedoch, formulait-il un blâme sévère contre l'exposé motifs. alfirmant que ce doument « n'était pas l'expressionilé volonté du roi, »

Dans le cours de la discussion, des députés, ayant remarqué le plus grand nombre des restitutions, consistant surtout en fonts devaient profiter à des familles riches, tandis que la plupart familles pauvres ne dévaient rien recouvrer, proposérent def de l'ensemble des restitutions un fonds commun dont lé pi serait partagé entre tous les ayants droit. D'autres, faisant oliséi lat avait perçu le prix des biens vendus, éstimaient q était due par Jui aux anciens propriétaires.

léed'une indemnité cireulait déjh dans le publie, #1: 1e rapport de M, Hedoch proposait de décider que les propr de biens vendus ne pourraient jsmais avoir droit à demnité, Cette disposition fut repoussée aprés un discours président de la Chambre, M, Lainé, démontra que l'Assemb tuelle ne pouvait engiger les Assemblées fatures, ni interdire acte de générosité, si, plus tard, l'état des finances le perm Par une sorte de protestation contre les tendances de M) rand, la Chambre substitua partout le mot remise au mot tulion, Ainsi commentée et amendée, la loi fut votée par 169 voix tre 23.

À La Chambre des pairs, la discussion n'ofrit de

indemnité, mais en l'étendant, outre les émigrés, aux mit ue les derniers événemen ï

tant que celles-ci ne dépasseraient pas la somme de 2,000 Ê de revenu.

La loi fut sdoptéé au Luxembourg, telle qu'elle y était Palais-Bonrbon.

Quelques jours après, le 10 décembre, le maréchal Ms reprit, sous forme de proposition formelle, son idée d'indten La discussion n'en put avoir lieu dans In session qui allait fütvir, la commission qui en était sais ta Le gouvernement à tous les nasignements nécessaires pour la reprendre à ln

suite.

MONARQHIE CONSTITUTIONNELLE.

Bernadotte, pour le récompenser d'avoir combattu la France, Suisse fut agrandie de trois cantons (Valais, Genève et Neufehätel] mais la neutralité de Ja Confédération fut garantie.

On établit une autre Confédération, mais nullement rép

* la Gérmanique, destinée à la défense des intérèts commans à! les États allemands ét à la protection de l'indépendance dechaët de ces États. La Prusse et l'Autriche en firent partie. Nous at vu, il ya peu d'années, comment cette Confédération servit dir la Prusse, en assujettissant où même supprimant les É condaires et en affaiblissant l'Autriche elle-même.

Uu tel agrandissement n'entrait pas encore dans les réves ami tieux de la Prusse, qui était moins admise que tofèrée parmill grandes puissances d'alors.

Mais, déjà rapace, elle s'entendit avec la R sie pour 8 donner l'ancien du-hé polonais de Posen, le ezar s'ad nt grand-duché de Varsovie, L'un et l'autre firent occuper ces} vinces par leurs troupes. Ce fut là ce qui faillit rompre l'énd fire recommencer la guerre. Mais le conflit s'arranges, qu'Alesandre s'engageñt à reconstituer un royaume de Po ayant une existenes autonome, promesse qui n'a abouti qu'àla dé traction de la nationalité polonaise.

La Prusse convoitait encore la Saxe. Louis XVI réussite à maintenir ce royaume; on én détacha cependant la provin Magdebourg, qui fut livrée à la voracité prussienne,

La flussie conserva la Finlande, enlevée à la Suéde.

En lialie, le pape recouvra ses États; l'archidue d'Autriche reintégré en Toscane; les srchiducs d'Este à Hodèné, Rezzio raisobe ; Lucques fut denoé à l'ex-reine d'Étrurie; l'archid

rie-Louise, qui avait été impératrice des Français, et la fem

à adulière de Napoléon, accpta un chétif État, composé duchés ile Parme, de Plaisance et de Guastalla; elle laissait captif en Autrèch s

Marat conservait encore le royaume de Naples, malgré les instaits Les de M, de Talleyrand; mais ce ne devait pas être pour } 1

L'Angleterre qui, depnis 25 ans, était l'âme et In trésorière! calitions contre x Franc, eut sa Eargé part dés dépouilles. la création du royaume des Pays-Bas, qui était son œuvre, nos grandes colonies qu'elle s'était appropriées, ellé seit à Malin et Les les fomennes, qui assurèrent, avec Gibraltar, jadis:

Levée à l'Espagne, sa domination sur la Méditerranée, -

Révolution. On a vu comment un m question des biens nationaux et qualifiait les Français qui n'a point émigré, Le roi, lui, donnait des lettres de noblesse à la fi de ce Georges Cadoudal qui ne s'était fait connaître que & chef dé chiouans et assassin. On glorifiait, on honorait oflBcik les chefs et soldats de 1n révolte des Vendéens, qui, su fond s'étaient battus que pour ne pas défendre la patrie et avaient! les auxiliaires de l'étranger; on leur prodiguait la décorationr Légion d'honneur. Le maréchal d'empire qui avait eu l'hom tirer le dernier coup de canon contre les Alliés, Souit, due de matie, à qui la bataille de Toulouse avait valu quelque pop avait oblénu par force protestations de dévouement, Le comme

encore mieux en cour, il prit l'initialive d'une souscription osa dire nationale, destinée à élever des monutnents fumé

« victimes » de Quiberon. Cet acte de courtisanerie lui L Lorsqu'au mois de décembre, le roi dut congédier le général Dupot mélé k un scandale d'argent, le maréchal Soult fut nommé mi de la guerre. Îl s'empréssa de suivre les errements de son: décesseur et augmenta encore le mécontentement dans l'arn s'y moquait des jeunes et vieux gentilshommes ignorants dus des aumôniers ayant rang de capitaines, on y murmurait con messe du dimanche imposée obligatoirement même aux protes on maudissait le drapeau blanc, la cocarde blanche et Les f1 lys; beaucoup de soldats avaient gardé dans leur saé la <0c tricolore et se génaient peu pour l'exhiber: les souvenirs dé À léon s'étaient relevés, avaient grandi parmi ces hommes qu'il menés si souvent à la victoire. Les soldats et officiers li contaient leurs combats, leurs triomphes, dans des cat dans les villes el opposaient ces glorieux souvenirs aux Îl « revenus dans les bagages des étrangers. » Ainsi se farvdait la! Ca napoléonienne.

M était assurément très-légitime que Louis XVI bonordt la, moire de son frère, de sa sœur et de sa belle-sœur; mil n' | trouvé mauvais qu'il fit célébrer, à leur intention, un service fundbré! dans la chapelle des Tuileries. Mais céla n'eùt pas sui à son L rage; ll fallsit un éclat publie, quelque chose qui humikiât le tout entière, une expiation solennelle du crime commis sur personne de Louis XVL À supposer que le jugement el la mort:

Louis XVI fussant des crimes, on n'en pouvait, avec justice,

MOSARGINE CONSTTUTIONNELLE.

Le départ s'éflectun Lristément dans Ja nuit du 19 Louis XVII laissait une proclamation fermant la session et éni: xoquant une autre dans un lieu à déterminer, annonçant sou ultérieur, et déclarant nulle toute assemblée réunie em di son autorité.

À Lille, le maréchal Mortier conseilla au souverain fagit pas rester au milieu d'une garnison hoslile. Louis XVIII se alors à sortir de France, après avoir rendu uné 0 laquelle il interdisait le payement de l'impôt et le service.

entra eu Belgique et alla rés

Dans la soirée du 20 mars, Napoléon arrivait à Bars bruys accueilli par une mullitude d'ofliciers en demi-solde, ets stallait aux Tuileries.

L'Empire était relevé,

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