CHAPITRE IV
vevique Sibour. — Session législative, — Nécrolagia. — 2trés. — Arts. — La Presse. — Extérieur,
»s L'ancuxvéque Smoun, — L'année 1857 fut inaugue. Le 5 janvier, l'archevèque de Paris, Monseigneur £ les offices d'ouverture de la neuvaine deSainte-Ge- 1e Saint-Étienne-du-Mont, lorsqu'un homme, en coscë sur son passage, le frappa d'un coup de couteau véque mourut le jour même. L'assassin avait frappé bas les déesses; » il ne chercha pas à fuir et se ans résistance, C'était un prêtre interdit, nommé on lui demanda l'explication de ses étranges palit avoir voulu protester contre le dogme, récem- 3, de l'immaculée-Conception. Monseigneur Sibour n de ceux qui avaient combattu cette curieuse innodont l'esprit ne paraissait pas, d’ailleurs, bien sain, blement agi par vengeance. Il fut condamné à mort
Léciscarive. — La session de 4857, commencée le t pas plus d'importance que la précédente et n'exge l'attention publique.
islatif réforma le code pénal militaire, rejeta un tendant à accorder une dotation annuelle de au général Pélissier, pour la prise de Sébastopol, à valu le litre de maréchal, renouvela le privilége : France, créa les paquebots transatlantiques, vota our acheter la maison de Longwood, que Napoléon jainte-Hélène, puis le budget, sans insister sur l’acdéficit.
était la dernière de la législature. Aux termes de les élections générales eurent lieu en 1857. Un déélu par groupe de 35,000 électeurs; mais le goula faculté de composer à son gré les groupes ou électorales. En vertu de ce droit. il découpait de 15 bizarre les départements, suivant l'intérêt des vil voulait faire réussir. À ce système, d'un emploi
LE seconn enrme, — 1857. LLLI
1 Cavaignac vivail modestement et trés-retiré, dans le de la Sarihe. Son beau-père ayant subi des perles général rendit spontanément aux créanciers la dot de L était atteint d'une maladie de cœur à laquelle il 28 octobre 4857. Sa jeune veuve le ramena à son Paris, rue de Londres; c'est de là qu'il fut conduit : Montmartre, dans la sépulture où étaient déjà réunis Lmère, son oncle et son frère (51 octobre). L'autorité aucun discours fût prononcé sur sa tombe. D'injustes itiques empéchérent que le convoi d'Eugène Cavaignac ne aussi nombreuse assistance qu'il aurait dù l'être, 457 vit également mourir Alred de Musset (1* mai); iche, critique parfois passionné, mais plus. souvent septembre); lé sculpteur Simart; Auguste Comte, fonsitivisme; le mathématicien Cauchy ; le graveur Des— arisconsulte Isambert ; la duchesse de Nemours, morte (Angleterre).
res FT ENTREVUES DE minces — L'empereur, après sanitaire aux eaux de Plombières, alla faire une sine Victoria, au château d'Osborne. Le 43 août, pour »oléon, il instituait la médaille de Sainte-llélène, dé is ceux qui avaient figuré sur les registres d'un régi- : premier empire; puis, il fit l'inauguration solennelle $ constructions du Louvre; enfin, il eut à Sluttgard, eur de Russie (25-28 septembre), une entrevue que t, à Weymar, une conférence du czar avec l'empereur 1°" octobre).
357 faillit voir une guerre entre la Prusse et la Suisse, la principauté de Neuchatel, dont la première revenuveraineté. Elle y renonça par une transaction que méion II (26 mai).
e, le gouverneur général, à la tête de 25,000 hommes, ribus de la grande Kabylie (mai-juillet).
ws. — Dans ces dernières années, Ponsard fit jouer t l'argent, œuvre d'une valeur poétique contestable, : succés fut très-vif, parce qu'elle faisait appel à des de probité; première représentation de l'Étoile du rerbeer; M. Emile Augier a donné le Gendre de M. Poien collaboration avec M. Jules Sandeau, le Mariage 855); et M. Alexandre Dumas fils, le Demi-Monde
LE seconn Eurine. — 1857. 145
1 deux éatégories, l'une comprenant les écrits Waitant de politiques et d'économie sociale, l'autre les écrits litté= cientifiques, Les journanx et les reyues politiques, outre léd'obtenir l'autorisation de paraitre, étaient grevés d'un t' énorme et d'un droit de timbre de six centimes par faille d'impression, Ce droit s'appliquait également aûx qui ne traitaient pas exclusivement dé matières litté= disques ou scientifiques. Grâce 4 ces mesures, le gouimpérial ne laissait parler que ceux qu'il lui plaisait de re, et ne leur permettait de dire que ce qu'il voulait ML fût dit; la propriété d'un journal, outre qu'elle résultait Price particulière de l'empereur, nécessitait des capitaux Hrables ; ; c'était une fortune que d'un trait de plume le gou= Hnt pouvait anéantir, Ces mesures administratives n'élaient Weul danger qu'eussent à courir les rédacteurs, les éditeurs Imprimeurs de journaux et de revues. Ils n'en tombaient bins sous la juridiction des tribunaux correctionnels quand ternement jugeait utile de rer à d'autres juges que me. Les magistrats ne pouvaient acquitter les auteurs d'un par des jugements qui eussent été la condamnation indik ceux qui avaient requis leur ministère; la liberté deleur Ice n'était donc plus entière, car un acquittement prononcé mprenait iminédiatement le caractère d'un acte hostile au frqui les noinmait.
ituation faile à la presse par celle législation ne tarda point une grave influence sur les mœurs de la nation, et notamsr ce qu'on peut appeler ses mœurs intellectuelles. L'imlité où se trouvaient les écrivains de traiter à fond des sujets & les mena, petit à petit, à s'occuper d'objets frivoles. Les rérs des recueils dits littéraires, dans l'impossibilité où de savoir d'avance quelles seraient les idées que le mi egarderait comme exclusivement littéraires, craignaient imer une idée quelconque, et leurs feuilles furent remplies ide partie par les menus bruits de la ville et de la cour, par ille riens plus ou moins scandaleux que le dix-huitième reléguaït dans les anas et les libelles clandestins. livres étaient dans le mème cas que les journaux. Les philo les historiens pouvaient à chaque ligne être accusés d'allusalsonnantes. Dans les Facullés, les professeurs mesuraient usement leurs paroles,
CHAPITRE 1 Hébrsioi, — Loi de sûreté générale. — Récrudescence de terreur.
Armxrar 'Ousixt, — Tout semblait succéder aux vœux du, de l'empire, et, dans La réception officielle que ramène le
de l'année, il se félicitait, avec toute apparence de de l'union entre les souverains, de la concorde entre les
l'année 4858 débuta, comme 1857, par un événement et meurtrier qui eut bien plus de retentissement que Le Verger.
byanniér, vers huit héures du soir, au moment où la vaicomduisait à l'Opéra Napoléon II et l'impératrice, arrivait dans la rue Le Peletier, trois explosions successives se La compression de l'air éteignit un instant le gaz allumé, éclairs une scène lamentable, Sur Le pavé gisaients des hommes, des femmes, des chevaux, blessés, Un fragment de projectile avait traversé le de l'empereur ; un éclat de vitre l'avait égratigné au nezs de camp, le général Roguet, était lègérement blessé: l'in n'avait pas été touchée, Cent quarante-uné personnes Et alteintes soit mortellement, soit avec plus ou moins
étaient les auteurs de ce sinistre événement? Quels moyens
employés? On le sut bientôt. Dans un restaurant voisin,
lbe parlait de ce qui venait d'arriver avec une telle alfecta-
douleur, qu'il parut suspect, et fut arrêté, IL déclara se
ne, et être au service d'un Îtalien dont il donna Le M'adresse. Celui-ci fut trouvé couché à son domici WEtblessé rue Lepelletier, soigné dans une pharmacie voi
fit à sa demeure en Voiture, C'était en effet un ltalièn,
féliee Orsini, d'une famille considérable A1 avait pris part,
ls frères Honaparté, à l'insurrection de 1831, el, depuis,
ME à ous les mourements contre les Autrichiens, par
fut arrété, incarvéré, el auxquels il échappa par une
. Fort irrité contre Louis Bonaparte, à caûse de
likion de Rome, dont il avait été un des défenseurs; consi-
LA [e
L& secoxn EmrRe. — JSÈ8, # 447
LE dpt de ee que l'instruction judiciaire affirmait, discours Mk adresses, articles de la presse officieuse (l'autre était ré> silence), accusaient plus ou moins directement les anciens #lsurtont les Français réfugiés en Belgique, en Suisse et en
éngiés, en effet, étaient le grand éponvantail dont le gou- Limpérial se servait, en remplacement du spectré rouge
; on peut croire qu'il les redoutait réellement: Toujours que, exploitant les manifestes emportés de quelques exilés, il
lil avec acharnement, sur la terre étrangère, ceux qu'il ssés de la patrie. Avec des menaces d'invasion militaire, il boitraint la Belgique à expulser ceux qu'il jugeait les plus Pr; oubliant l'hospitalité que le conspirateur de Strasbourg Moulogne avait trouvée en Suisse, il avait essayé surle gouverne helvétique une pression qui ne réussit pas. À l'Angleterre seule, it pas osé demander de violer son antique droit d'asile. Pent- ? gouvernement des Tuileries ne fut-il pas tout à fait étranger e des autorités de Jersey qui, en 1855, expulsa de l'ile tous igiés français coupables d'avoir signé, contre l'expulsion de ‘entre eux, une protestation où l'on voulait voir une attaque l'autorité de la reine.
, le gouvernement éprouva ou feignit d'éprouver de grandes % Il divisa la France en cinq commandements militaires, lscun fut confié à un maréchal (17 janvier). Il supprima, du œup, le Spectateur, journal de réaction royaliste remplaçant blée nationale, déjà supprimée, et la Revue de Paris, recueil icain dirigé par MM. Louis Ulbach, Laurent Pichat et Maxime ?.
songea, un instant, à ne plus tolérer d'autre journal Moniteur, et il se trouva un journaliste assez vil pour déceux de ses confrères qui commettaient le crime du silence. ussi question de supprimer l'Institut, coupable de trop peu ipathie pour le régime impérial.
le monde officiel s'empressa de rendre visite à Napoléon Ill, lui envoyer des adresses qu'enregistra complaisamment le sr; on remarqua celles de généraux et de colonels parlant nom propre et au nom de leurs troupes Ces chefs de corps sent une part de complicité, dans la tentative d'Orsini, à erre, qui donnait asile aux proserits; ils parlaient d'aller. ivre les assassins jusque dans leur repaire. C'était là une
2e seconD Empine, — 1858, 149
lihinérion proposa au Parlement des mesures répondant su Murabinet français. 1 subit un échec qui l'obligea à quitter le
lemoiment, l'Angleterre qui, depuis le traité de Paris, n'avait fine médiocre confiance en Napoléou IL, et q i iféstations militaires dont fut précédé le coup d se mit en garde contre l'événtualilé d'un tentative de dessir ses rivages. Elle éleva et arma des défenses le long de Mlioral, augmenta sa Motte et organisa rapidement des corps bhataires pour Ja défense intérieure.
Île Lor ne soneré cénéraze. — Le Corps législatif s'assembla le Inrier, jour antérieurement fixé. Le discours impérial d'ou= te fit d'abord l'éloge du gouvernement, vanta sès alliances, hlra comme l'apphcation vraie des principes de 89. Il ajouta : Le danger, quoi qu'on en dise, n'est pas dans les prérognixcessives du pouvoir, mais plutôt dans l'absence des lois sives. .… Vous obligerez tout éligible à prêter serment à la ution avant de se porter candidat. … La pacification des es— levant être notre but constant, vous m'aiderez à rechercher gens de réduire au silence les oppositions extrèmes et fac - En effet, n'est-il pas pénible, dans un pays calme et prosespecté en Europe, de voir, d'un côté, des personnes décrier wernement auquel elles doivent la sécurité dont elles jouisaodis que d'autres, ne profitent du libre exercice de leurs politiques que pour miner les institutions? » rossier sophisme reproduit la prétention de tous les gou- 2ents d'être seuls aptes à faire le bonheur des peuples et de onsidérer comme factieux et coupables tous ceux qui ne vent pas devant l'infaillibilité du pouvoir.
iscours « du trône » fut suivi de près des mesures qui y annoncées. Le 4" février, fut présenté un projet de le de sûreté -générale, punissant de peines rigoureuses les nouveaux : de provocation non suivie d'effet à des attentats le gouvernement, de manœuvres ou intelligences soit à l'in- , soit à l'étranger ; de fabrication, débit ou distribution de es explosibles et de poudres fulminantes. Tout condamné in de ces délits pouvait être, par simple mesure administraierné soit en France, soit en Algérie, ou expulsé du terri- La même mesure était applicable aux condamnés pour rêuillicites, sociétés secrètes, détention d'armes de guerre,