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CHAPITRE NI

L'Abdication.

En délaissant son armée fugitive pour accourir à Paris, léon comptait évidemment ou être investi par les pouvoirs extraordinaires, ou s'en investir lui-même. « Que putés me secondent, dit-il en arrivant à l'Élysée, et rein À

perdu. » Son frère Lucien lui conscilla de prendre résobimen dictature,

A la Chambre des représentants, on se montra indigné l'empereur eût déserté l'armée. Les dispositions hostiles s'a rent lorsque Lucien , l'homme du 48 brumaire, tint pour ras l'Assemblée sur les bruits de dictature qui circulaient. l

Sur la proposition de Lafayette, la Chambre se déclara en/| manence, ajoutant que toute tentative de dissolution serait rie comme un acte de haute trahison et punie comme lel mandait, en outre, dérant elle, les ministres de la guerre, lotions extérieures et de la police,

Les souverains alliés avaient proclamé, en 181t-comme en qu'ils ve faisaient pas La guerre à la France, mais seulement personne de Napoléon et que la nation française restait trallé de se donner le gouvernement qui lui plairait. Ces déelaral pouvaient n'être pas sincères, mais il eûl été difficile aux 501 reins d'y manquer ouvertement, il

La défaite de Napoléon faisait penser à presque tout le mon Frabce que la prrsonne de l'empereur devenait le seul obstaël rétablissement immédiat de la paix. Aussi, le mot d'abdies dtait-il dans toutes les bouches. On lé disait bien Haut an pi Bourbon, vn le nipétait plus bas à l'Élysée, nou assez bas cepéré

82 MOXARCNIE CONSTITUTIONNELLE.

correspondait avec Louis XVII, avec Metternich, avec Welli avec des amis du due d'Orléans et semblait servir Napoléon | renselgnant les ennemis, intérieurs el extérieurs, de l'Eupi homme avait des influences occultes dans les deux Chambe

L'union qu'appélait Napoléon n'avait existé, en apparence contre lui ; dès qu'il eut abdiqué, elle disparut Nol parti n'a prononcer ouvertement, on usa d'un expédient : on consit} commission exéculive de cinq membres, trois députés el pairs, dont Fouché sut se faire élire président et l'on envoy autre commission pour traiter avec la coalition. L'avénem Napoléon IL était mentionné plutét que proclamé daus un of jour qui laissait entrevoir la possibilité d'une autre solution, sur une sommation plus où moins respectueuse des représer Napoléon quitta l'Élysée pour “aller attendre les événement Malmaison. 11 ne recueillit d'autres marques de sympathie q acclamations d'une foule de fédérés et d'ouvriers qui, réa tour de l'Élysée, criaient : Five l'Empereur !

Tandis que les Chambres françaises se livraiont à des: sans grandenr et sans dignité, les troupes de Wellington et d cher marchaient vers Paris. Le quartier général était à lag lorsqu'y arriva la commission parlementaire, présidée ju fayelle, pour négocier la paix. En même temps arrivait une par laquelle Fouché disait qu'il ne fallait pas écouter Les 00) saires, mais se häler de venir à Paris, où l'on négocierait ef ment avec lui, Fouché. Le général anglais ne donna aux C0) saires que des promesses évasives ét accéléra sa marche.

Le 98, l'ennemi arrivait en vue de Paris. Une armée dei hommes, brûlant de prendre la revanche de Waterloo, couy capitale. L'ennemi défilait au-dessous de Saint-Germai prétant le flanc à une attaque qui pouvait lui dévenie un, Napoléon, retiré à la Malmaison, vit la faute et demanda à H

* mission exécutive l'autorisation de se mettre à la tôte do I! française, comme simple général, prometiant de déposer lt mandenent après avoir battu l'ennemi. On lui répondit par) lus. Napoléon résolut alors de quitter la France et de se nf aux États-Unis; il partit pour Rochefort, comptant s'y exil

L'armée française, coaumandée par Davout qui, en 4814, fait une si belle défense à Hambourg, couvrait Paris duel Nord, aupuyée sur des fortifications récemment élevées. L'en m'ossnt l'altiquer dans celte position, avait tourné Pari

#4 MONARGHIE COXSTHIUTIONNELLE,

La commission de gouvernement, qui autorisa la conventioi 8 juillet, les Chambres, qui n'y mirent pas obstacle et qui leur temps à discuter des théories de constitution landis livrait Paris êt la France, eurent la juste peine de leur And élles furent dédaigneusement chassées de leurs palais par est dats étrangers, malgré une vaine protestation: des ë qui n'avaient pas su avoir de l'énergie à l'heure où elle nécéssaire el eMicace. Napoléon leur avait pourtant recoë l'exemple du Sénat de Rome.

Le principal artisan de ces humiliations, Fouché, en tira set

devenir le ministre, lui, l'ancien persécuteur des L qui avait condamné à mort le frère'de Louis XVII; le Wellington fut l'entremetteur de ctte étrange union, quel carnctérisa par un mot aussi cynique que le personnages parlait.

Arrivé, le 5 juillet, à Rochefort, Napoléon y trouva deux mises à sa disposition par le gouvernement. Soit déclin de cienne activité, soit la secrète espérance de quelque suite de fortune, il laissa trainer en longueur les préparatifs et, tout fat prèt, une croisière anglaise sé trouva devant pour empêcher le départ. C'était le résultat d'un avis errrogt Fouché à Wellington. Divers offres furent faites à Napoléon! conduire au del dés eroiseurs, par rüse on de vive é réfusa, Le capitaine Maitland, du Bellérophon, comm croisière anglaise, proposa à Napoléon de le emduire'é Li terre, l'assurant qu'il pouvait se fier à la générosité el loyauté britanniques. Napoléon éerixit, le 14, au prince Jelire que voici :

= Altessé royale, en bulle aux factions qui divisent mat à l'inimilié des grandes puissances de l'Europe, j'ai consontié carrière politique. Je viens, come Thémistocle, m'asscoir, foyer du peuple britannique. Je me mets sous ln protretiont lois, que je réclame de Votre Allesse Royale comme celle: puissant, du plus constant, du plus généreux de mes em

Le lendemain, 45, montant à bord du Bellérophon, dit au capitaine Maitland : « Je viens à votre bord me metts la protection des lois de la Grande-Bretagne. » Le navire leral! le 16 et arriva, le 24, à Plymouth pour y attendre ba 1

drince-rigent, Napoléon me fut pas autorisé à descendre à

ment répondit-on en Angleterre à une pareille magnanimité? On feignit de tendre une main hospitalière à cet ennemi, et, quaud à se fut livré de bonne foi, on l'immola. »

Le gouvernement anglais eût pu, sans manquer aux engage ments pris, faire conduire aux États-Unis l'empereur vaincu et déchu, qui était, en effet, un réfugié et non un prisonnier, mais Napoléon fut victime de la raison d'État; de cette raison inique an nom de laquelle il avait fait déporter, come coupables, des rép blicains qu'il savait innocents, et fusiller le duc d'Enghien, enlew sur territoire neutre. L'arme dont il avait abusé se retourna ae lui. C'est là trop souvent la seule punition des grands crimes d'État.

Napoléon fut transféré du Bellérophon sur le Northumberland, commandé par l'amiral Cockburn. L'ex-empereur élait accompagné du général Bertrand, avec sa femme et ses trois enfants, du général Gourgaud, du général Montholon, sa femme et un enfant, du comte de Las Cases et son fils. D'autres personnes avaient demandé, mais n'obtinrent pas la faveur de suivre leur ancien maitre dans l'exil. Napoléon n'eut avec lui aucun membre de sa famille.

Après soixante-dix jours de traversée, le Northumberland arriva, le 17 octobre 1815, à Sainte-Iléléne, où Napoléon de: captivité de six années et mourir. De cette ile lointai dait toujuurs l'Europe, posait devant la postérité el trav: mer celle légende napoléonienne que la Restauration allait, de sun côté, seconder, avec ant de maladre.se.

LL NONARGITE CONSTIPUTIONNELER.

qui lui coûta beaucoup, celui de M. de Blacas, son ministre d son confident intime. Tout le monde le détestait dans l'entonrs = royal; cependant le roi le maintenait contre sa cour, contrée mille même. H fallut que M. de Talleyrand, froissé dans une tention personnelle par M. de Blacas, fit imposer au roi, par plomates étrangers et par Wellinglon, comme une ti salut, le reuvoi du favori, Les deux smis pleurérent en se rant. Toutefois, le ministre congédié recevait, comme fiche d solation, une somme d'environ 7 millions, restant des do Lreiré que le roi avait emportés des Tuileries. Le 95, à Cateau-Cambrésis, Louis XYIIE publia une proels où il ne faisait guëre que donner des éloges aux alliés et de sa vengeance ceux qui avaient contribué à rétablir l'E Le 93, l'ennemi avait sormmé Cambrai de se rendre. du commandant de place, l'assaut fut donné le 24 et nétra dans la ville avec l'aide de la population, que ne px comprimer une faible garnison: le 295, la citadelle fut Le 26, Louis XVII entra dans Cambrai, sous des ares de trio avec accompagnement de cris de joie, de vierges én blanc fleurs. Talleyrand et les ministres étrangers l'y attendaient, Louis XVIII trouva aussi à Cambrai une dépêche de We qui lui disait : « Il est essentiel que Sa Majesté se fasse prie par quelque document qui annonce ses intentions de parrion | d'oubli et qui promette de marcher dans les voies de la Chart Louis XVII, heureux d'avoir prévenu ce désir, montra #4 mation du 25. On la jugea unanimement insuifisante et

géreuse,

Louis XVIII ne fit pas difficulté de ln remplacer par une ati portant la date du 28, où, après avoir annoncé qu'il ver mettre entre la France et l'étranger et rappelé qu'il n'avail por à aucun des siens de prendre part à la dernière guerre 00 France, il disait, en parlant de l'année 4844 : « Mon gour devait faire des fautes. Peut-être en at-il fait. 11 est des les intentions les plus pures ne suffisent pas pour diriger, of égarent. L'expérience seule pouvait avertir; élle ne sera p due, Je veux tout ce qui ssuvera Es Franes.. On a parlé, derniers temps, du rétablissement de la dime et des droits fé

à fai emtée par l'ennemi commun, n'a plus bés les arquéreurs de domaines nationaux ent

des femmes en grande toilette dinsèrent des rondes dans le jardin des Tuileries, en chantant : « Rendez-nous notre père de Gand. »

Ge chant venait-il du ministère de la police ? ex Far

— En i&l4, la France avait été traitée rite une nition qui a gloriensement suc= s mvius digne en 1X15. Cette fois cependant on k non pas même en pays conquis, mais comme un malfaitenr en état de v

Les Prussiens, d'abord, toujour.

lando-| et tous le piller le Musie et a Bibliothèque na prendre les objets d'art que vingt ans. Quel penple n'avait lement ?

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les plus rapaces, puis les Bol:

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e leur avait erfovés depuis & de la victoire et pins brutae ces livres, la France les avait demandés. és, si l'on veut, et remplacement de contribntions de guerre, La propriété lu eu avait été eadée par des Lraités par ke AND : Lonse AVE S'en était Fait un mé cure des Chatibres, Nul antre trail la restitution, L'enlévement en eomstitue done an acte viclent de lion. M. de Tallesraunt re dede de Well

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Lo MONARÇHIE CONSTITUTION MELLE.

ls Seine et la frontière belge ; à Paris, ils occupaient les de la rive dmite. Ceux de In rive gauche étaient dévolus aine/Prus siens, avec la Normandie, le Maine, l'Anjou, la Bretrgne. Les! trichiens, Bavarois, Wurtembergeois, llessois tenaient la Hous le Nivernais, partie du Bourbonnais, le Lyonnas, le Dan} Autrichiens s'étendaient jusqu’en Provence et Languedbe. La/CM pagne et la Lorraine étaient le lot Tes Russes. L'Alsace était! aux Badois ét aux Saxons.

1 fallait pourvoir non-seulement à li subsistance, mais dl tretien, à l'habillement de cette multitude armée. Les réqu les plus exagérées étaient faites aux villes, aux villages, aux} culiers même. Quelques villes, entré autres Versailles et furent livrées au pillage le plus brutal pendant plusieurs, Des chefs de tout grade, des subalternes, de simples soldats," saient donner de l'argent ou des objets précieux, quand ilsnes} émparaient pas de vive force. Toutes les armées de l'Europe blsient s'être abattues sur Ja France pour s'y refaire ét enren quelque dépouille, Dans certaines provinces, notamment enQ pagne, en Lorraine, en Alsace, les habitants des villages, dt ques petites villes durent s'enfuir et aller vivre, durant des dans les forêts, les montagnes, les cavernes pour échapperæt lences des énvahisseurs.

Partout où pénétraient les vainqueurs, ils eulevaient Les arm non pas seulement celles des arsenaux et magasins mil ÿ les armes de luxé et de chasse, même les armes hors de qu'ils forçaient les villes à faire remettre en état. Tout vel expédié à l'étranger.

Il n'était pas permis de se plaindre. Trois préfets osèrétit mer : l'un était cousin de M. Talleyrand, l'autre frère de MEME quier, le troisième gendre du chancelier Dsmbray. Îts fu rètés, déportés en Prusse et y subirent deux mois de déterii

La reddition de Paris n'avait pas mis fin à toute résist France, Outre des corps francs qui harvelérent l'énnerni d Vosges, en Lorraine, en Champagne, quelques places fortes A plus on inoëns longtemps. Longwy subit un véritable siège. 0 trénle-cinq hommes enfermés dans Huningue, sous le 00 ment de Harhanègre, résistèrent jusqu'au 27 soût; ils n'ôt plus que cinquante lorsqu'ils sortirent avec les honneurs guérré, Auxonne ne capitula aussi que le 27 août.

SU, L'ammès 0e La Lomme. — Paoscneriens, — Aux termes MEME

MOXANCHLE CONSTITUTIONNEL.

royale fut rendue publique (le 12 août} et le licenciement graduellement ét par corps isolés.

Ces « brigands de la Loire » rentrérent paisiblement d

lis portérent et entretinrent, sur tous les points dus loire, ce mélange confus de souvenirs de la République et 1eme pire, des guerres de la liberté et des guerres de La gloire, quiy le souvenir de l'invasion qui avait ramené les Bourbons, de mal à la Restauration que ne lui en eût fait une révolte de l'armée de la Loire,

Conformément à l'ordonnance royale du 46 juillet, k la guerre, Gouvion Saint-Cyr, organisait des légions départ au nombre de 86 {infanterie), plus 47 régiments de € 12 d'artillerie, formant un effectif de 180,000 hommes, soldats n'ayant pas encore servi : pour anéantir les traditions: habitudes militaires contractées depuis vingt-cinq ans, 0e n6) admettre aucun homme ayant apparlenu aux armées de PI C'était, groyait-on, une bonne précaution contre un nouveau 20m Plus tard, en septembre, celte armée fut suneuie dis a royale comptant 40,000 hommes. «

SIN, Minuraen à Mano. — Si las Irigende 9 1 taieñt retirés pacifiquement après avoir été licenciés, ben diff ment avaient agi les volontaires royaux, compagnies franches, urbaines qui avaient formé la petite armée du duc d', et que ce prince avait licenciés avant de partir pour s'embamue Cette, Tous étaient rentrés dans leurs foyers, en corservanllet armes; renforcés par des réfractaires de la conscription elil garde mobile, en relations avec les comités royalistes, ils foret une armée prète pour une révolte dès que l'invasion ea le signal.

Marseille prit l'uxitiative des assassinats. La nouvelle de la dé de Waterloe y parvint Le 25 juin. Des groupes se forment rüés et vonterier : Vive le roi devant les postes occupés pañ troupe de ligne, accompagnant ce cri d'injares auxquelles, Les sa répondent par le chant de la Marseillaise. Un jeune vance, pistolet au poing, sur un des postes, le sommant de bas les armes. Un coup de feu le renversé. Aussitôt la foule 878 pand dans les rues, La générale bat, le tocsin sonne.

: Le général Verdier, commandant de plice à Marseille; avait) forces suflisantes pour cinprimer ou réduire louté msi s Mais, au lieu de chercher à rétablir l'ordre, il rassemble ses

MONARCHIE DORSUITUTIONNELLE,

En lation. Soulié ajouta que Brune allait chercher l'armée de ts pour chdbier le

Ces paroles, rapit lement colportées, amènent devant l rassemblement nombreux et menaçant. Le préfet dé Vs M de Saint-Chamans, arrivé le matin même, était desc trouvait encore à hôtel du Palais-Royal, Grâce à son il la voiture peut repartir, devançant la foule, qui se jelté, pa Joindre, dans des rues latérales. Malheureusement, & ln po

ville, il y avait un poste de gardes nationaux, dont le ee" Verger, se fait exhiher le passe-port du maréchal et, sous de l'emission d'une formalité, refuse de laisser la voituné com sa route. Pendant ce débat, le maire, M. Puy, le préfet, Jen préfet, M, de Balzac, avertis, accourent pour dégagèr le mt et le ramener en ville. [ls sont suivis d'une foule, gra stant en instant, qui escorte la voiture avec des cris de ft arrive néanmoins à l'hôlel, la porte se referme sur la solidement barricadée,

Ii était dix heures du matin. Toutes les autorités, un faible peloton de gardes natiowaux, litent au péril contre les émeutrers qui veulent envahir l'hôtel, Vers 1leux une double détonatien retentit à l'intérieur. Tous les r@ portent sur l'hôtel. « Is sont entrés par les loits, » Sécritiel En effet, des assassins ont, par le toit d'une maisats voisiep celni die l'hôtel et ont pénétré dans 11 chambre qü se tientile chal, lisant des lettres dé sa femme. « Que me voulez-vous Imande-t-il à deux hommes qui viennent d'entrer; pour totilé ponse, l'un d'eux dirige vers un pistolet que le m tourné, — « Je vais, dit l'autre, te montrer comment il prendre », et, d'un coup de carabine, il étend lé maréelral rail Deux balles l'avaient frappé au cou ei s présente à une fenêtre et annonce Lx mert du maréchal; apphudit.

La fureur dé ces forcenés royalistes n'était pas assouvie. sortit de l'hôtel le corcueil contenant le corps de ln victime, rachérent aux porteurs ét le précipitérent dans le Rhdné.

Le cadavre [ut roulé par le Deuve jusqu'entre Tarascoe ël à 12 Hieves d'Avignon, vis-b=vis d'un domaine appartenait à Cliarirouse, Caehé dns un fossé profond, par les soirs ché tt vileurs du domaine, il resta à deux ans, La veuve di n contut alors le secret de celle retraite et le fit rapporter à

«pond-il d'un ton sévère, je connais vos sentiments pour mé Mi

400 : MOXARCITE CHNSTITUTIONNELLE, Labédoyère voulait expliquer les causes de sa conduite. Le prés dent du conseil ne le lui pérnit pas, disant « qu'il n'y à crime innocent » el exigeant que l'accusé s’espliquét nnig sur le « crime » qui lui était imputé, « Comment voulez-vous, reprit Labédoyére, que je & faits publics, des actions que j'avoue ? Ma seule défense l'examen des causes politiques qui m'ont porté à la démarche! je réponds devant vous, Vous ne voulez pas l'entendre ; je terai pas. Je dirai seulement que je mourrai avec l'espoir souvenir n'éveillera jamais un sentiment de haine où de honte’ mon fils, arrivé à l’âge de servir son pays, n'aura pas à F0 son père, et que la patrie ne lui reprochera pas mon nom, Le conseil déclara Labédoyére coupable de trahison et d lion et le condarana à la peine de mort.

+ Sur les instances de sa mène et de sa femme, le jeune pi consentit à se pourvoir en révision.

Dans l'intervalle, ls mère et l'épouse firent tné tentative sion qui ne réussit pas. Le 19 août, le conseil de révision rejeta lé pourvoi. Die" après, l'ordre d'exécution était signé pour le jour même. Dans l'après-midi, vers trois heures, au moment où 1e rot #0f pour sa promenade habituelle, une jeune femme, toute em plet Sa jeta aux genoux de Louis XVII, en criant : Grâce, sére, fr Le roi la regarde et reconnaît M”+ de Labédoyère : « Madamiés

que ceux de votre famille; je regrette de vons refuser. Je: 18) qu'une chose pour votre mari : je ferai dire des messes pot répos de son âme. » Puis il partit. La mère du condamné aussi d'aborder le roi à son retour, elle en fut empèchée, A cinq heures et demie, Labèdoyère quitta ka prison de MAI pour aller subir la mort à la plaine de Grenelle, Après avoir brassé un ami qui était venu Là lui dire l'udieu suprême, st) devant le peloton d'exécution, à bout portant, et, debout, Hibres, it dit d'une voix ferme : « Tirez, mes amis, stertout net quez pas! » Il tomba.

La famille de Labédoyère fit inhumer le corps au ei Pére-La-Chaise, dans une allée alors peu fréquentée et lon muraille de clôture. 11 ne fut pas perrnis d'inscrire le moën face du tombeau tournée vers le public: on dut le mettnestir: qui regardait le mur. Cette disposition n'a pas été changée d

103 MONARCIE CONSTITUTIONNELLE,

Des bandits, ayant pour chefs des hommes appelés Cerva phémy, Jacqnes Dupont, parcouraient les campagnes, pi villages, dévastant les propriétés, arrachant les oliviers, 1: chasse aux bonapartistes. Un de ces chefs d'égorgeurs. pl encore que les autres, est resté odieusement célèbre sous de Trestaillons.

A Uzès, un autre bandit, nommé Graffans, stimulé par l de Nimes, envahit avec des furieux les maisons des protest les hommes, chasse les femmes, vole ou détruit les me: l'autorisation du commandant de place et du sous-préfet, livrer six protestants enfermés dans la prison comme bona et les égorge sous les fenêtres du sous-préfet.

Cette autre Saint-Barthélemi se prolongea durant cir sans qu'aucune autorité tentät le moindre effort, pre moindre mesure pour en arrêter le cours, sans que pas osät réclamer contre sins el en respect pour la religion, les meurtres étaient suspend manche. Ce jour-là appartenait exesivement aux femine liques, qui se mettaient à la recherche des jeunes filles et protestantes. les entrainaient dans la rue, les conchaient { relevaient leurs jupes par derrière et les frappa coups de battoirs dans lesuues sinant une fleur de lys qui

Épouvanté des < et de lt prolongation de I terreur le préfet du Gard ré-luma l'intervention des troupes autru dont la présences, en let, Ent les assassins en respect moment, Mi, aprés Pés cenation du territoire, mx du due d'Angonl® i a de calmer les protectien aux | 12 novembre Lis pr ovra avec blessé d'un coup Tonton etre

pes pour Le due d'Anzon fin ans assis t béueonp de bonapartites furent encore és mes in ent plus che mnt D'autre grandes villes furent le thé celles de Nimes. À Toulouse, F'adjudant général Hamel, dej Je Directoire, comme complice de Pichegru, nommé

ile

aûs MONARCIIE CONSTITUTIONNEL LE.

département devait avoir de députés. Huit jours aprés, le 60 département choisissait ses députés sur La liste tétale dés at sements. Une ordonnance du 26 juillet avait désigné les es parmi lesquels les collèges électoraux devaient nommer! sidents.

Les élections s'accomplirent donc dans là seconde d'août, alors que l'occupation étrangère couvrait u térriloire, que les départements du Midi étaient Hvrés à Ja fui de bandes d'assassins royalistes, que les conseils de guerra el cours d'assises prodiguaient les sentences de mort contre le partistes, et que nul n'était plus assuré de conservér sx liberté, car était bonapartiste tout individu suspect de tié vers le gouvernement royal. -

Sous l'Empire, les préfets avaient une influence matière d'élections. Mais, au mois d'août 1814, les prés en grande majorité, de nomination toute récente, fe t listes, ardents d'une haine officielle contre les bocumes ble b du régime décliu, mais absolument étrangers dans les dép mis sous leur eoupe, n'en connaissant ni les tendances, ni less bitudes,-et croyant suppléer aux connaissances absentes pari porlément d'un zéle souvent maladroit,

Le 24 noût, la Chambre de 4815 était due.

Le ministère avait compté sur des députés royalistes, sans dt mais dociles ét complaisants, comme on y était habitué sous fl pire; son espoir fut déçu. La trés-grande majorité de la 0 se composait de jeunes nobles et de vieux émigrés, tous us faire une guerre sans merci à la Révolution et à constiluert royauté puissinte, vigoureuse, sachant se défendre 64 se verge Leur première prévecupation était de faire tomber Fouchà,! la présence dans le conseil du roi leur paraissait une monstrunsi Fouché venait de subir un grave affront. Le due et ln à s d'Angoulème arrivaient de Bordeaux. Le roi voulut leur. son ministère; la duchesse déclara qu'elle ne recerrait jansis: deshoimmes qui avaient énvoyé son père sur l'échafand. Cettepanl aggrava l'éloignement que le roi éprouvait pour le ministre police. Talleyrand exploits cette circonstance en appreus Louis XVIII les dispositions des députés à l'égard de Fouchè, Cal ci fut poussé à donner sa démission, que Le roi neceptas recul, en compensation, l'ambassade de Saxe.

Fouehé ne jouit pas longtemps de cet exil diplomatique il

108 MOXARCRIE CONSTITUUIONNELLE.

positions portent la date des 24 et 26 septembre. Talleyrand d parut alors de la scène politique pour n'y reparaltre qu'en 18

$ UT. Ouventore DE LA session DE 1815. — Ce même jour der avoir lieu l'ouverture des Chambres. l’our attendre que les ba du traité avec les alliés fussent définitivement arrêtées, la cérémot fut remise d'abord au 2 octobre, puis fixée au 7. Ce jour-là, le se rendit au Palais-Bourbon, où il fut reçu par de nombreux cris d Vive le roi ! vivent les Bourbons ! Dans un langage où la tristesse mélait à la dignité, il annonça la concinsion d'une convention at les souverains de l'Europe, et promit de lasoumettre aux Charabt sans restriction.”

« Vous connaîtrez, dit-il, et la France entière connaîtra La pr fonde peine que j'ai dû ressentir, mais le salut de mon royam rendait cette grande détermination nécessaire. cette année, il fût versé du trésor de ma liste l'État une portion considérable de mon revenu. Ma famille, à pei instruite de ma résolution, m'a offert un don proportionné. Ft donne de semblables diminutions sur les traitements et dépen de tous mes serviteurs sans exception. Je serai toujours prêt à m' socier aux sacrifices que d'impérieuses circonstances imposent mon peuple. »

is, faisant appel à l'union des Chambres avec le roi et au re pect de la Charte :

« Cette Charte, continuait-il, que j'ai méditée avec soin avant: de la donner, à laquelle la réflexion m'attache chaque jour dara tage, que je jure aintenir, et à laquelle, vous tous, à con imencer par ma famille, allez jurer d'ohéir, est sans doute, comg toutes les institutions humaines, susceptible de perlectionnemes mais aucun de nous ne doit oublier qu'après l'avantage d'amélior est le danger d'innover. »

Ce dernier conseil était superflu. En fait d'innovations, comn d'amélioration, la majorité ne comprenait qu'une chose : revenir L'ancien régime pur et simple.

Le serment d'obéissance à la Charle fat ensuite prêté par lecom d'Artois, les dues d'Angoulème, de Berry, d'Orléans, le prince: Condé, par les pairs et les députés.

Une ordon du 12 nomma M. 1 des députés.

Les deux Chambres répondirent chacune par une actresse an di cours du roi. Dans celle des pairs, il n'y a xnère à remarquer qt

résident de la Chamh

108 MONARCHIE CONSTITUTIORNELLE,

ou autre, qui aura été arrêté comme prévenu de crimes ou de contre la personne et l'autorité du roi, contre les personnes famille royale ou-contre la süreté de l'État, pourra être détem qu'à l'expiration de la présente loi, si, avant cette époque, il r traduit devant les tribunaux. »

+ En vertu de l'article 3, si la prévention n'était pas assez pour que l'arrestation ft maintenue, le prévenu pouvait être sous la surveillance de la haute police.

D'après l'article 4, si la loi n'était pas renouvelée dans la # suivante, l'effet en cesserait de plein droit.

Les deux projets étaient précédés d'exposés de motifs cont tous les sophismes employés en pareille circonstance et qui nent lieu de raisons aux individus et aux Assemblées que la ps emporte.

La liberté individuelle pesait si peu alors (on le voyait bien le Midi) qu'il ne fallut pas trois jours à la Chambre pour examnit secord projet dans les bureaux, nommer une commission, dis dans son sein, élire son rapporteur, en écouter et en adop travail.

Le 91, en effet, le rapport fut lu À la Chambre par M. Bella sanglante mémoire. 11 ne faisait à la loi qu'un reproche, bien 1 celui de manquer de clarté dans le premier article: mais le L pressait de telle sorte qu'il ne faliait pas s’'attarder pour si pe y avait bien aussi quelques petites imperfections dans les autre ticles, ma aient des vétilles auxquelles on ne devait pas rêler. Le rapporteur constatait qu'il y avait eu divergence p les membres de li commission sur l'interprétation des mots | tionnaires publics, employés pour désigner les personnes en de délivrer des mandats d'arrestation. Le rapporteur ne voyait cette discordance qu'une preuve de la sagesse de la loi.

La discussion s'ouvrit, le 23, par un discours trés-logique, ! sensé, de M. Touruemine, quiattaqua le projet comme n'étant u cessaire, ni juste, ct, sur l'abus que l'on faisait du solut pu M. Royer-Collard exposales scrupules des commissaires qui av

critiqué l'article relatif aux mandats. M. Voyer d'Argenson manda qu'avant de convertir l'arrestation en détention, il fût une enquête : « Comment, dit-il, pourriez-vous vous passer de examen? Est-ce sur des fails isolés, est-ce sur des rapports par que vous pourriez établir votre opimon : les uns portent que clameurs sédilieuses, que des provcalions à la révolle se sont

110 MONARGULE CONSTITETIONDELER

Marbois, qui, sous le Directoire, avait été déporté à la Guyanédé fendit la déportation en faisant le tableau des souffrances qu'ilars) éndurées. Ce récit satisûit la majorité, qui vota la déportation

Dans l'article 4, qui déclarait séditieux le fait d'invoquer lé de l'usurpateur ou de quelqu'un de sa famille, la Chambine, proposition de M. de Marvellus, ajouta : « ou de tout autre rébellion. » Ces mots étaient dirigés contré le duc d'Orléans, le nom avait été prononcé après l'abdication de Nipoléon wt. ultra-royalistes soupçonnaient d'aspirer au trêne de Louis À)

Le projet de la commission, ainsi amendé, fut voté voix contre 69 (80 octobre). La discussion avait pris dieux

Au Luxembourg, la loi sur la liberté individuelle fut vôtèer gré uné opposition très-énergique de Lanjuinais, qui a la lei des suspects de 4795 et la présenta comme pouvans de nouveaux massicres de septembre, et après deux jonrsul@ bats, par 498 voix contre 57 (27 vetobre).

La doi sur les cris séditieux fit reparaltre à la Chambre les propositions de peine capitale, dont Chateaubiriand £er fit logiste, Néanmoins, La loë fut adoplée, sans changement, Ces voix contre 27 (7 novembre).

SAV: Couns mévôtases, — Ces deux lots; qui met discrétion de l'autorité, l'une bs liberté de tous les citoyens, les moyens de poursuivre loutes les manifestations par peut se produire l'hostilité contre un gouvernement, ne pas à assouvir la soif de vengeances dont étaient atteints listes, et l'on vient de voir qu'ils avaient exigé du le rétablissement des cours prérôtales. Îans la séance dur vembre, le ministre dé ls guerre présenta le projet de lot à réaliser le vœu de la majorité,

C'était, evmme toujours, pour épouvanter les méchants et rer les bons que le roi proposait de rétablir une juridiction tionnelle empruntée à l'ancienne Kégislition d'avant 4780.

La loi établissiit, dans choque département, ane cour cmpesée d'un prévêt choisi dans l'armée, ayant at eoins de colonel, d'un présitent et de quatre juges choisis dans 181 nal de première instance, Ces cours poursuivaient tous les dus, civils et militaires où autrés, prévenus de rébellion, de rl) sèditieuse, d'avoir fait partie d'une bande armée, de ‘lai fourni des armes, munitions où vivres, d'avoir arboré un drage autre que le blanc, publié des écrits, proféré dles discours qu'à

ARCONDE. RESTAURATION. — 1815, an

cs sblitierx, où des menaces d’attentat contre la personne dan ni ou des membres de sa famille, excité des citoyens à attaquer où renverser l'autorité royale. Ces cours connaissaient encore des tels el crimes commis avec violence par des militaires en activité on en demi-solde, congédiés ou licenciés ; pour ces deux dernières alégories, il fallait que Le fait eût été commis dans l'année qui avait mini le congé on le licenciement.

Le prévôt pouvait poursuivre sur de simples déponciations pri tés. 1 pouvait nonsseulement se porter, de sa personne, partout où il le jugeait convenable, mais aussi requérir le transport de ln cœurentière pour siéger et juger sur le lieu même du erime.

Les arrêts des cours prévôtales étaient sans appel, sans recours m esation, et exécutoires dans les vingt-quatre heures. Le roi ne parait faire grâce qu'aux seuls condamnés recommandés à sa elé- Mence par la cour prévôtale elle-même.

Aprés un débat qui occupa les séances des 3 et 4 décembre, et gueurs de la loi furent défendues par Cuvier, commissaire du roi, 290 voix contre 14 adoptérent

dans quel tontes les ri

rte Je 12 à la Chambre des pairs, la loi des cours prévôtales Sat votée, le sans discussion, par 120 voix contre 11.

LV. Procës po covte Lavauerre. — Tandis que la réaction mali s préparait ainsi de nouvelles armes pour la vengeance, lordannance de proscription du 24 juillet continuait à produire : 20 novembre 4815, comparaissait devant k cour ne, le comte Lavalette, directeur des postes sous Empire et durant les Cent Jours, accusé : 1° de complicité dans nn comlot avant pour but et pour résultat le retour de l'usurpateur, son triomphe et le renversement du gouvernement du roi : %d'usurpation de fonctions publiques, pour avoir repris la direc- ‘un des postes le 20 mars

Aprés les débats. dans lesquels il fut impossible de démontrer D participation de l'accusé à un complot, qui d'ailleurs n'existait s5. le président de la cour, au lieu de poser au jury une question sûr chaque chef d'accusation, réunit les deux chefs en une seule on, de sorte que, si le jury répondait non, il acquittait sur le Sd chef, avoué par l'accusé; s'il répondait ont, il condainnait sur le premier chef, que l'accusé repoussait et que le ministère publie n'avait pu établir. Vainement le défenseur de l'accusé ré: Clnna enntre cette dérogation anx nsnges judiviaires; le président

112 MONARCAIE COXSTITETIONKELLE, "| maintint sa décision. Le jury répondit oi et Lavalette fut con damné à la peine de mort.

Heureusement, cette condamnation ne devait pas récéroir s0u effet, non par un acte de la clémence royale, mais par un seterlé dévouement de la femme du condamné.

Une démarche en vué de la grâce fut pourtant estayée. Le din À de Raguse conduisit madame Lavalette aux Tuileries sur le p du roi au sortir de la messe. Louis XVII vit la comtesse et, s'arrêter, lui dit sèchement : « Madame, je ve puis Ésine autré cité que mon devoir.

Lavaletie s'était pourvu en cassation. Pendant les jours de! qu'entrainait le pourvoi, un projet d'évasion fut préparé,

Le 90 décembre, le pourvoi étant rejelé et l'exécution fixé# 2 lendemain matin, madame Lavalette, accompagnée de +1 jee fillé Joséphine, âgée de douze ans, vint à la Coneiergérie fr visite quotidienne à son mari. Elle était enveloppée d'anvèf manteau garni de fourrure. À l'heure réglementaire, on: mère et la fille sortir de la prison et remonter dans la porteurs qui les avait amenés. Quelques minutes après, le gai entrant dans la cellule du comte, n'y trouva plus le p mais la comtesse. L'alarme fut aussitôt donnée; on courrt la chaise, on la rejoignit: la jeune fille s'y trouvait seule, On réussit pas à découvrir Le fagitif,

Par les soins d'amis dévoués, M. Lavalette était monté, ruelle lay, dans un cabriolet qui l'avait conduit rue da Bac, à u#/Nôt où la police ne songea pas à le chercher, car e'était celui dl de Richelieu. Le duc n'était pas dans le secret. L'apparten servit d'asile à M. Lavalette était celui de M. Bresson, € ministère des affaires étrangères. [l y resta trois semaines, à l'aide de Bruce, Hutchinson et Wilson, officiers anghais, dl de ler Paris, le 3 janvier, et gagner la Belgique, puis la Bavières

Madame Laralette fut retenue six semaines à la Conciergeriés fureur causée par l'évasion de l'ancien directeur des pa telle dans le parti royaliste que la cumiesse, en sortant de pris dut retirer sa fille du couvent où elle était en pension. Dés-quel y avait connu la part qu'elle avait prise à la délivrance de. la jeune Joséphine était devenue un objet de répulsien et del plusieurs funilles avaient déclaré qu'elles retireraient leurs si l'on ne renvoyait pas une pensionnaire souilbée d'un tel at

région avaient refusé de laisser annoncer le retour de Louis par la raison que ces territoires étaient d'ores et déjà d allemands. :

Ce n'était pas là seulement les rêves exagérés de quelqu blicistes, de quelques officiers abusant de la victoire. C'était tention, diplomatiquement exprimée, des négociateurs offici préparaient le traité de paix. Le représentant de l'Autrich nettement formulé des exigences contre la confirmation du tr Paris, il demandait pour les Pays-Bas la partie de nos distr. Nord ayant fait parlie autrefois de la Belgique ; pour le roi : daigne, la Savoie; pour la Prusse et l'Allemagne, plusieurs départements de l'Est. Il y ajoutait la démolition des fo tions d'Huningue, qui ne seraient jamais relevées ; 600 n pour frais de guerre et 200 millions pour construire des fortes destinées à nous tenir en bride; enfin, l'occupation partie de nos frontières, pendant sept ans, par une arr 450,000 hommes de troupes étrangères entretenues aux [ la France.

Sur les instances de Talleyrand, le duc de Wellingtor adressé aux négociateurs des autres puissances, en son non el comme expression de son opinion toute personnelle, ur où il signalait les inconvénients des exigences qu'on imposer à la France. Cette démarche n'ayant pas eu de : Louis XVIII demanda une entrevue cæar et à Wellington. s'adressant au duc : « Mylord, dit-il, je croyais, en rentr France, régner sur le royaume de mes pères. Il parait que suis trompé; je ne saurais cependant rester qu'à ce prix. ( vous, mylord, que votre gouvernement consente à me re si je lui demande encore asile? » Alexandre fut ému du sen qui inspirait ces fières et mélancoliques paroles; il com) dignité froissée du monarque, qui ne séparait pas sa gr personnelle de la grandeur de son pays. « Non, non, sire, s t-il, Votre Majesté ne perdra pas ces provinces, je ne le sot .

Le lendemain, une note du comte de Nesselrode, le négos russe, rappelait à ses collègues que, si les alliés avaient droi garanties morales, ils ne pouvaient exiger le droit de con car ils n'avaient pris les armes que pour maintenir le tra Paris. Repoussant toute idée de cession de territoire, le comt posait des mesures militaires pour tout le temps jugé néce

416 MONARCHIE CONSTITUTIUNNELLE. n

La France dut, en outre, payer une contribution de guerre de ; 700 millions et pourvoir à l'entretien d'une armée de 150,000 home . mes destinée à occuper la ligne de nos places fories sur les fren=. tières du Nord et de l'Est, pendant cinq ans. La durée de cts occupation pouvait, après la troisième année, être supprimée = réduite, à la volonté des Alliés. Toutes les autres troupes étrangères devaient évacuer immédiatement le territoire français.

Par un article additionnel, singulièrement placé là, les puissances contractantes s'engageaient à unir leurs efforts pour amener l'as lition de la traite des noirs.

Une convention additionnelle chargeait des commissaires liquidateurs de régler le montant dès réclamations des gouvernements et sujets étrangers contre la France.

Une autre convention, spéciale à l'Angleterre, stipulait le rem boursement de sommes perdues par les sujets britanniques depal

Le montant de ces deux conventions s'éleva à plus de 300 mie lions; l'occupation du lerritoire en 1814 et celle qui suivit ne cœ8térent pas moins de 800 millions, ce qui, avec l'indemnité & guerre de 700 millions, fait un total minimum dé 1,500 mie lions.

Voilà ce que coûta, seulement au Trésor public, l'aventure dt 20 mars, sans compler les pertes matérielles subies par l'Élat dt celles que souffrirent les particuliers.

Le jour de la signature du traité, le duc de Richelieu rentra chæ lui, où l'attendaient un de ses collègues, Barbé-Marbois, et un ét ses amis, M. de Barante. Ses traits étaient bouleversés, ses yes pleins de larmes ; il se laissa tomber dans un fauteuil et, pressant ss tête de ses deux mains, il s'écria : « Je viens de signer un trail pour lequel je devrais porter ma tête sur l'échafaud! » Le public set avec quelle douleur le ministre avait mis son nom au bas d'un traité aussi dur pour la France; mais nul ne songea à railler ses larmes tiques.

Si telle fut l'émotion produite chez un émigré, resté si lonstenps étranger aux sentiments de la France nouvelle, on comprend aisément quelle dut être l'impression de la nalion entière.

Le traité de 1814 avait enlevé à la France plus de territoire, ples de puissance, plus de richesses que ne lui en prit le traité de 1815; elle avait subi le premier avec résignation comme un cruel retour de fortune: elle ne s'est jamais résignée au second et, même aprés

Cambrai que son gouvernement avait pu faire des fautes, s'il proœsi que l'expérience acquise ne serait pas perdue, il onblia

ment celte promesse. Au lieu de livrer à la justice de l'histeine comme l'avait fait Napoléon, ceux qui l'avaient trahi ou déjaissl il les livra à la justice des conseils de guerre, de la pairie, à cours prévôtales ou les abandonna à la fureur des assassins. L'epi nion publique ne sépara pas des exigences de l'étranger les ven geances des Bourbons; celles-ci lui parurent la conséquence d celles-là, et le ressentiment des traités de 1815 enveloppa les Bem bons : ils en ont porté la peine en 1850.

En dehors du traité et des conventions conclus avec la France, k quatre puissances, Angleterre, Autriche, Prusse et Russie, signère €ntre elles, sous la mème date du 20 novembre, un traité parties lier confirmant les traités de Paris et de Vienne, et stipulant « & réunions consacrées aux grands intérêts communs et à l'examen à mesures qui seront jugées les plus salutaires pour le repos et! prospérité des peuples et pour le maintien de la paix en Europe. Ces réunions furent réalisées, dans la suite, par les congrès d'A la-Chapelle, de Troppau, de Laibach et de Vérone. Bien quel France ne fût pas engagée dans ce traité, communication en À donnée au gouvernement du roi, dans une note où il était dit qa loin d'écouter des conseils pouvant provoquer des mécontentement le roi n'opposera à ses ennemis que « son dévouement aux le constitutionnelles, la volonté d'être le père de tous ses sujets sa distinction de classe ou de religion, » et où l'on exprimait des rœs pour « le maintien et la conservation de l'autorité constitutionnel de Sa Majesté,… et que la France reprendra la place éminente àls quelle elle a été appelée dans le système européen. »

Il y avait là d'excellents conseils et comme un hommage invols taire à cetle France à qui, tout en l'humiliant, on ne pouvait œæ tester sa « place éminente » en Europe,

Les traités de 1815 ont été souvent désignés sous le nom à Sainle-Alliance. C'est une désignation inexacte, Le véritable trel de Sainte-Alliance fut une sorte de pacte, plus religieux que pal tique, proposé par Alexandre, sous l'influence d'une illuminée als mande, M=* de Krudener, qui mélait le mysticisme à l'amour. € pacte, conclu « au nom de la Très-Sainte et indivisible Trinité », est les souverains de Russie, d'Autriche et de Prusse, « convainens d la nécessité d'asseoir leur marche sur les vérités sublimes qu'er seigne l'éternelle religion du Dieu Sauveur, » déclarait que les tra

120 MONARCHIE COXSTITUTIONNELLE détenu à la Conciergerie. Il était arrivé 4 Paris, Je 20 août, à l'heure où Labédoyére tombait fusillé. "1

Aux termes de | ordonnance du 24 juillet, Ney devait par le conseil de guerre de la 4°* division militaire; mais, de sa dignité de maréchal, on dut constituer un conseil conseil, nommé le 21 août, avait pour président le maréclal, Celui-ci, dans une lelire aussi respectueuse que ferme, considérations élevées et concluantes, adressée au roi, juger son ancien compagnon d'armes. Le ministre de (c'était Gouvion Saint-Cyr) punit ee refus per la destitutio mois d'emprisonnement. Le château de Ham fut assigné à. pour y subir sa peine. 11 s'y présenta et trouva la vicille occupée par une garnison prussienne dout le chef ne 0

; il s'installa dans une auberge.

présidence du conseil de guerre fut donnés à

juges étaient les maréchaux Masséno, Augereau,

le % novembre, devant ce com

Assises, au Palais de justi

père et fils, et Dupin. Par leur conseil, il déclina la © des juges militaires, excipant de l'article de la Charte q buait à la Chambre des paifs le jugement des crimes Lrahison.

C'était un conseil luneste, car les acciens compagnons du maréchal ne l'auraient certiinement pes envoyé à déclinatoire étant présenté, il était diflicile que, en l'article de la Charte, le conseil retint la cause : clara incompétent.

Cette décision produisit dés impressions bien différenl timent public, re favorable à Ney, l'accueillit tesse; les amis du maréchal y virent même un acte de, Tont au contraire, le parti,royaliste s'en montra furieux. d'un véritable acte de rébellion. Celle colère appart: stans | cours que, le 12 novembre, le due de Hichelien vint Chambre des pairs en lui notifiant l'ordonnance royale qui sissait de l'affaire de Ney. Dans un langage donl la w était pas habituelle, le due semblait dicter aux futurs juges sentence de mort. A disait : « Cen'est pas mp |

122 MONARCHIE CONSHITUTIONNELLE.

fallait les cinq huitièmes des votants pour chaque solution. Le nombre des votants était de 164, il en fallait donc 404 pour résoudre chacune des questions.

413 voix contre 57 et 4 abstention, déclarérent le maréchal coupable d'avoir accueilli les émissaires de l'usurpateur.

L'unanimité le déclara coupable d'avoir conduit ses troupes à l'usurpateur.

459 voix contre 4 et 1 abstention, le reconnurent coupable de haute trahison.

Sur l'application de la peine, l'appel nominal donna : 159 voles pour la peine de mort contre 17 pour la déportation, il y eut 5 abstentions.

Le chancelier prononça la peine de mort contre le maréchal Xe et, sur une réquisition de Bellart, le déclara déchu de l'ordre de la Légion d'honneur.

Le lendemain, 7 décembre, vers huit heures du matin, le maréchal fut conduit à l'avenue de l'Observatoire et mis devant k peloton d'exécution. Lui-même, regardant les soldats en face, com manda le feu en disant : « Soldats, droit au cœur! » Il tomba frappl de six balles à la poitrine et trois à la tête.

Le cadavre, transporté d'abord à l'hospice de la Maternité. fo ensuite remis à la famille du maréchal et inhumé au Père-La-Chais dans une tombe sur laquelle il ne fut pas même permis d'écrire o nom illustre : Michel Ney!

Comme Labédoyére, Ney était coupable devant la lettre de la k et, si la sentence était rigoureuse, elle n'était pas absolument in juste. Mais, si la loi le condamnait, la saine raison politique, l'in térêt bien entendu des Bourbons commandaient la clémence.

Cette fois encore Louis XVIII ne le comprit pas el n'écouta poin la sage parole du maréchal Moncey : « L'échafaud ne fit jamai d'amis. »

Quinze ans plus tard, dans la salle même où la sanglante œn damnation avait été votée et prononcée, un vieux compagne d'armes du condanmé, membre d'une nouvelle pairie, devait s crier : « L'exécution du maréchal Ney a été un abominable 2ss:: sinat! » Talleyrand aurait dit : « C'est pis qu'un crime, c'est ut faute. »

SIL. La or v'auxiene. — l'endant que la Chambre des pairs faiss une sauglante application de l'ordonnance du 24 juillet, la Chamb: des députés, non moins animée de \'esprit de vengeance, travailla

19 MOXARGIITE CONSTITUTIONNEL, les aggraver encore et l'on évaluait par milliers les personié se trouveraient atteintes, Le procès et l'exbeution de Lalkéd la condamnation de Lavalette montraient que ce n'étaient pas vaines menaces et que ln justice civile n'appliquait pas moins y reusement qué la justice militaire l'ordonnance de juillet ; Jep en instance du maréchal Ney prouvait qu'aucune position, st à “qu'elle fût, aueun service éclatant, aueune gloire persannel anéttrait à l'abri des poursuites, Un tel achargement pour) des faits dont l'explication, sinon la justification était si faët pour lesquels la plus complète amnistie était également cons par l'humanité, l'équité et la politique, constermait l'esprit déraik toutes les familles et indignait mème les rangers | en France,

L'exécution du maréchal Ney porta au plus haut point ous tion de tous et l'effet en fut tel que, dès le lendemain, 8 décen le due de Richelieu apporta à la Chambre des députés un loi, dite loi d'amnistie. Le premier article, comme le projet donnaye, proclamait effectivement une amuistie pour tous ce avaient pris part, directement ou indirectement, à la rébelli à l'usurpation de Bonaparte. Mais les articles suivants maintes les poursuités et l'expulsion preserités par l'ordonnance du 24 let, ajoutant que les expulsés devraient avoic quitté la France le délai de deux mois et n°y pourraient rentrer qu'en vertu permission expresse du roi. Le projet ajoutait qué les mésribiet alliés de la famille Bonaparte étaient exclus à perpétuité du roÿl et né pourraient y posséder de biens, de rentes ni die yet Un autre article exceptait de l'amnnistie ceux contre poursuites seraient commencées avant la promulgation dé } Enün, les crimes et délits contre les particuliers ne pourraien! fiter de l'amnistie.

Cétait 1h, assurément, une mesure de clémence bien incot] bien restreinte, car elle laissait la voie ouverte encore à Die rigueurs, à dé trop nombreuses exéentions capitales: mais cela seul qu'elle renfermait les éventualités menaçantes dat limites déjà définies, sauf en ee qui concernait les Bonaparte, | personne ne s'intéressait, la loi d'amnistie fut aceneillie fxvon

ment par l'opinion publique.

Il en Put lout autrement des royalistes dans la Chambre et de la Chambre. Le projet y causa une explosion de coléres ot sait an crime ain cabinet d'avoir osé le présenter ; on 14 lui

vint aux catégories, M. Duvergier de Hauranne demanda la question ; préalable, dont l'effet était de déclarer qu'il n'y avait pas li discuter et que la Chambre passait à un autre article. Après : épreuve douteuse par assis et levé, on procéda au scrutin; ls question préalable fut votée par 184 voix contre 471. Les caiège- . ries élaient rejetées.

Un débat court, mais violent, s'éleva au sujet des indemaïég . c'est-à-dire de la confiscation. M. de Vaublanc y mit fin en fisast entrevoir que le vœu de la Chambre pourrait être réalisé plus . tard. L'article fut rejeté aussi.

La disposition relative aux « régicides » fut soutenue avec passion par M. de Béthisy, qui déclara que les royalistes devaient a voter, fallût-il s'exposer au mécontentement du roi, en criant : Fiæ le roi quand même! Ce mot de la fin allait devenir la devise des ultras. lersonne ne répondit au fougueux royaliste et l'artide | pa Le scrutin sur l'ensemble de la loi donna 534 voix cm

tre 32.

janvier, le duc de Richelieu porta la loi au Luxembourg,où elle fat adoptée sans aucune discussion.

Le résultat de ces débats laissa entre le ministère et la majorité un germe dk mécoritentement, qui devait se développer par la suite, et ah rupture complète. Ils préseutérent aussi cette particularité curieuse, que la prérogative parlementaire y fut s00tenue, et avec beaucoup d'énergie, par les royalistes à outrance, tandis que la prérogative royale était défendue, avec non mois de chaleur, par les membres contradiction, ce singulier renversement des rôles s'expliquent par cette consil 1on, que les premiers, plus royalistes que le roi, voulaient servir l'autorité parlementaire à des mesures de ri mes de vengeance que le roi repoussait, tandis que les aient sur l'autorité royale pour protéger des milk iers de familles contre les fareurs de la réaction.

En présentant la lui, le due de Hichelieü avait invoqué le s00venir d'une ann accordée par Henri IV en 1594. N. Corbière eut le plaisir de donner une leçon d' au chefdu cabinet,en lui apprenant qu 1594 n'était venue qu'après nombre d'exécutions el d'exils. C'é i. Si le cuur des Rourbons a toujours été facile aux séductions ini a su rarement s'ouvrir aux inspirations de la clémence; Louis XVII ne démentait Pas sa race.

ACONDE. RESTAURATION, — 1816 197

ammisie, en effet, que cetie loi de 1816, qui ne profitait des personnes frappées par l'ordonnance rendne six tarant, et se bornait à ne pas augmenter le nombre des Incere ne fut-elle pas layalement exécutée sur ce dernier article ordonnait la continuation des poursuites entamées omulgation de la: loi. Dans le court intervalle entre le Chambre et la promulgation, le duc de Feltre, ministre re, expédia, par le télégraphe, ordre aux parquets mili- 1mmencer des poursuites contre des personnes qu'il désimmandant de faire au moins entendre un témoin.

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