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CHAPITRE IV

Le 54 Octobre. — Projets d'armistice.

€ ou 51 ocrosre À Paris. PLériscire !. La nouvelle de 1 de Metz faillit produire une révolution à Paris.

arant d'octobre, divers petits combats eurent pour ettre ou de remettre aux mains des troures françaises + positions qui reculèrent la ligne d'investissement. s moms heureuses furent diriées, le 13, contre fut tué le commandant Grancey, des mobiles de la Côte- 4, par le général Ducrot, sur la Malmaison. Celte derie telle panique aux Prussiens, que déjà le quartier ersailles faisait ses préparatifs d'évacuation. Hais les snrent en nombre bien supérieur et, le 21 comme Lrétrogra er.

ion parisienne s‘irritait de ces insuccés continuels

uvrages déjà cités, les dépositions de M. Heligon, Edm, Enquête parlementaire sur l'insurrection du 18 Mars, ille pendant le siége de Paris, par Étienne Arago.

Troisième RÉPUBLIQUE, — 1870. 407

tte cruelle issue d'une lutte de près de trois mois causera dans la France une profonde et pénible émotion. Mais elle tra pas notre courage. Pleine de reconnaissance pour les : soldats, pour la généreuse population qui ont combattu pied pour la patrie, la ville de Paris voudra être digne d'eux. Elle wtenue par leur exemple el par l'espoir de les venger. »

hé de celte affiche, on lisait cet autre placard :

- Thiers est arrivé aujourd'hui à Paris; il s’est transporté -champ au ministère des affaires étrangères.

a rendu compte au Gouvernement de sa mission. Grâce à la impression produite en Europe par la résistance de Paris, + grandes puissances neutres, l'Angleterre, la Russie, l'Auet l'Italie, se sont ralliées à une idée commune.

les proposent un armistice, quiaurait pour objet la convocation Assemblée nationale. Il est bien entendu qu'un tel armistice t avoir pour conditions le ravitaillement, proportionné à sa

et l'élection de l'Assemblée par le pays tout entier.

« Le ministre des affaires étrangères , chargé par intérim du ministère de l'intérieur,

« Jues Favre. »

“ele 29 et le 31 octobre, un fait s'était produit qui avait forlesurexcité les esprits.

8 la nuit du 28 au 29, un petit corps expédilionnaire, détaché : général de Bellemarre, qui commandait à Saint-Denis, ça sur le Bourget, gros village découvert, occupé par les ens, surprit ceux-ci et les chassa en leur faisant éprouver des assez graves.

succés de ce hardi coup de main causa une grande joie dans Le Bourget resta toute la journée du 29 aux mains des vain- 3, qui'ne prirent pas assez soin de se fortifier et de se garder. itorité militaire n'envoya pas l'ordre d'évacuer cette position, tit pas soutenir les quelques milliers d'hommes qui s'y étaient : le 30, ceux-ci, surpris, à leur tour, par des forces s'éle- 20,000 hommes, résistérent vaillamment, mais furent, en e partie, tués ou pris. Le commandant Ernest Baroche, du bataillon des mobiles de la Seine, y fut tué en combat-

TROISIÈNE HÉ)

+ Uanbles. M Étienne Arago, mire de Paris, ainsi que ses usquels S'unirent M. Dorian, membre du guveruement, et M. Schulcher, colonel de la légion d'artillerie eh parde nationale, se trouvaient séparés du général Trochu et de

collègues, qui, prisonniers et gardés à vue dans la salle du = ne pouvaient communiquer avec eux.dls avaient cru, dans pemée d'éviter la :uerre civile‘, tout en donnant satisfaction

@ la fraction la moins violente de l'insurrection (ils pensaient

rs se conformer à la décision acceptée le matin par le gouent}, devoir fure placarder une afiche annonçant qu'il y

Meit lieu de procéder immédiatement aux élections municipales

convoqusient donc les électeurs pour le lendemain, 4 no

Membre, à midi.

— Cependant, les membres du gouvernement avaient été délivrés

L'intervention des gares nationaux, sous les ordres de M. Ibos,

des gardes mobiles d'Ille-et-Viliine.

Le lendemain, 1° novembre, ils firent placarder une affiche ré-

ant à celle de MM. Durian et Arazo, et interdisant aux maires

Brocéder aux élections municipales, et convoquant la population

sienne à voter, le jeudi suivant, « par oui ou par non, sur la

Û de savoir si l'é

aura lieu à bref dé Jusqu'après le vote, le Gouvernement conserve le pouvoir et intien-ra l'ordre avec éne:

même juur parut, dans

Lürant les heurs

l'édition du soir du Journal officiel, en sujet des bruits d'armistice, une note qui ensaseait le public Me pas se méprendre sur le caractère de la propos Ve, et disait que « cet armisice n'est point le co Le négociation de puis : il n'a qu'un but, nettement défin ocalion d'une Assemblée pour mettre li France en mesure

Judice à la France : il est subordonné à des conditiuns que le Gou- Yernement de la délense nationale avait précédemment demandées,

# Voyez. dans l'Engurte parlementaire, les dépositions de MM. Floquet, Étienne Arago, et celles du “ommandant Ibos.

" Li

- TROISIÈME RÉPPOLIQUE. — ART. ai mombre de personnages considérés comme partisans de la tentative du 351 octobre.

L L'anmisricr. — Le 5 novembre, le gouvernement annonce @mR ess termes l'issue des négociations relatives à l'armistice : = Les quatre grandes puissances neutres, l'Angleterre, la Russie, Iriche et l'Italie, avaient pris l'initiative d'une proposition d'a Batice, à l'effet de faire élire une Assemblée nationale ” Æs- æ Le gouverneinent de la défense nationale avait posé ses condiqui étaient : leravitaillement de Paris et le vote pour l’As- ÆRéamblée nationale par toutes les populations françaises. ft ‘® Le Prusse a expressément repoussé la condiion du ravitaillebem ; elle n'a d'ailleurs admis qu'avec des réserves le vote de l'AI- BE « de la Lorraine.

© 5 æ Le Gouvernement dle la défense nationale a décidé, à l'unani- ME, que l'armistice ainsi compris devait être repoussé. » Ent nouvelle fut bien venue des Parisiens ; ils ne redoutaient tant qu'une convention, qui leur eût fait tomber les armes des ie sans avoir eu au moins un sérieux engagement avec l’en- Puisque l'armée de Metz était anéantie, ils ne désespéraient

“me se délivrer eux-mêmes.

z#x es négociations pour l'urmisice ont élé racontées en détail par = Thiers dans un Rapport adressë par lui, le 9 novembre, aux ammadeunrs des quatre zrandes puissances (Angleterre, R Au- Twñehe et Italie). On peut inférer de son récit que M. de Bismarck ait accepté les négociations sans désir de les amener à un résul- Tag afectif el qu'il avait mème compté, pour les rendre inutiles, ar le succis d'une insurrection dans l'aris. Après cette timide Vauersention en faveur de la ce, l'Europe se renferma dans stricte neutralité.

Le 8 novembre, M. Jules Favre adressa aux agents diplomatiques

la France à l'étranger une circulaire leur notitiant la rupture

négociations :

« Enrefusant le ravitaillement, la Prusse refuse donc l'armistice. ulement, c'est la matiun française Qu'elle prétend anéantir en réduisant x horreurs de la Laim. Il s'agit, en effet, de savoir si la France pourra réunir ses eéputés pour déhbérer sur la paix. L'Europe dmande cette rêu= Mion. La l'russe la repousse en la soumettant à une condition inique @t contraire au droit conunuu. Et cependant, s'il faut en croire un <ocument publié sans être démenti, et qui émanerait de sa chan

TROISIÈME RÉPUBIIOTF. — IST, #15

Le 7 novembre, un corps prussien, reneontré à Onzouer-le- Marché, prés de Beaugency, lut repoussé avec des pertes sérieuses. Le 8, un autre corps. en route pour occuper la forèt de Marchenoir, fut contraint de se replier de Saint-Laurent-des-Bois jusque

"vers Chanteaume, perdant 70 hommes tués on blessés et 64 pri-

ïers. Von der Thann, craignant quelque évènement désastreux,

ma ordre aux troupes d'Orléans de se tenir prêtes au départ.

Le 9 novembre, Français et Prussiens se trouvêrent en présence Prés de Coulmiers.

La bataille s'engagea dès huit heures du matin, sur un espace

42 kilomètres, s'étendant de B1con, à droite, jusqu'à Gémigny,

&auche. Le centre de l'armée française était entre ces deux Points, à Coulmiers, où fut au si le fert de la lutte. Les troupes Marent à enlever, sous des leux violents de mousqurterie et d'artil-

un village où L'enn solidement retranché, disputait reusement le terrain. L'élan des soldats surmonta toutes les

&uités. À cinq heures du soir, l'ennemi était en pleine retraite,

M Le général d'Aurelle occupait au Grand-Luz le quartier général de cer Thann.

général Martin des Pailliéres, qui avait marché pendant neuf

res par de mauvais chemins, ne put arriver qu'après le combat.

Le lendem: dans une reconnaissance vers Chevilly, 1l enleva à

€nnemi deux piéves de canon, un convoi de munitions el une cen-

age de prisonniers. Le même jour 10, au , le général Cathe-

Meau entra, avec ses volontaires bretons, dans Orléans, que les

siens avaient évaené durant la nuit du & au 9

La bataille de Coulmiers coûta aux Français 1,500 tués ou bles= Es: ja perte des l'russiens fut évaluée, par eux, d'abord à SQ0 sommes, puis à 1,200. Leurs forces sur le terrain étaient de

OO hommes. L'arniée fr e en comptait près de 70,000,

is, ontre que ce nombre ne fut pas eutiérement engagé, les Voldats étaient, pour la plupart, jeunes et inexpérimentés: les

ksiens les tr: nt de # collégiens ». L'atitude de ces « collé- Rens » au feu Ë es Allemands: leur victoire les surprit n plus en

Le 19 novembre, M. Gambetta arriva à Orléans apportant des

plus distingué V tations pour l'armée entière, Le genér fut nommé commandant en chef de l'a

"1 LCR

relle de l'aladines ée de la Loire.

TROISIÈME RÉPCRLIQUE, — NTI. Ho

ses troupes une éloquente proc lunation qui excitait les jeunes troupes à se rappeler qu'elles défenaient leur patrie, leurs biens, Jeurs foyers, leurs familles, et se terminait ainsi : ePour moi, j'y suis bien résolu, j'en fais le serment devant vous, la nation tout entière : je ne rentrerai dans Paris que mort a victorieux ; vous pourrez me voir tomber, mais vous ne me ver= :. rez pas reculer. Alors ne vous arrêtez pas, mais vengez-moi. « En avant donc! en avant, et que Dieu nous protége! » Comme le gouvernement en avait averti la population, le mou- ‘Yement projelé comprenait de feintes attaques et de feintes retraites. «Mais L'effort principal devait se faire au sud-est, entre Champigny % Créteil, pour rompre, de ce côté, le cercle vestissement et mrir la route de Fontainebleau. 11 y avait à franchir la Marne sur =%% pont de bateaux, ce qui devait être effectué dans la soirée - 29 ; malheureusement une crue subite de la Marne força de dif- = er l'opération jusqu'au matin du 50 et l'empêcha de coïincider pee deux attaques faites dans la journée du 29, l'une sur Choisyà, l'autre sur l'Hay, et qui réussirent toutes deux. = Fa 30, au matin, le feu s'engagea sur presque tout le périmètre 2% Paris, Au nord, le village d'Épinay, près Saint-Denis, fut enlevé : We vive altaque des marins et du 1" bataillon des mobiles de à Seine, dont le chef, M. Saillard, fut mortellement blessé. ani, revenant en furces supérieures, recouvra le village, mais Put reprendre ni les prisonniers, ni deux nn que ramenérent les mobiles et les marins Du côté de la Marne, le général Susbielle s'empara de Monty, puis dut l'abandonner, loujours devant des forces supé- . Le fort du combat fut au village de Villiers que nos ls emportèrent avec vigueur u delà duquel ils trou- Vérent des retranchements dont la résistance les arrèta. Le général Renault et le général Ladreyt de la Charrière furent mortellement és l'un à Villiers, l'autre à Montmesly.

La lutte fut suspendue, Le 1* décembre, pot &t enlever les blessés. Les Allemands profitérent de ce répit pour aire veuir en toute hâte des troupes fr . En summe, l'avanage de la journée du 30 était resté aux França le général Docrot, qui paya bravement de sa personne, avait tenu la

nterrer les morts

4 Voir: Histoire de la guerre franco-allemande, ar le grand état-major russie, et La Défense de Paris, par le wénéral Ducrot.

TROISIÈME RÉPUBLIQUE. — 1870. 417 Une autre émotion, douloureuse aussi Le 6 décembre, le gouvernement fit pla nant une lettre du général de Moltke annonçant la défaite de l'armée de la Loire, la reprise d'Orléans et offrant les moyens de --térifier l'exactitude du fait. Au-dessous de cette lettre était im— -rimée la réponse du gouverneur de Paris accusant réception de a dépêche et refusant de procéder à cette vérification. Le gouvernement ajoutait en post-scriplum :

Cette nouvelle qui nous vient par l'ennemi, en la supposant 4 le, ne nous ôte pas le droit de compter sur le grand mouve- : Smart de la France arcourant à notre secours. Elle ne change rien ami à nos résolutions ni à nos grands devoirs. » M. de Mollke voulait, sans doute, agir sur le moral des assiégés, =; amis la nouvelle dunnée par lui n'était que trop exacte.

itendait les Parisiens.

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