CHAPITRE VI
Opérations dans le Nord. — Dans l'Est. — Dans l'Ouest. — Reprise d'Orléans.
$ L Orénarions pans LE Nonp. — Durant le cours du mois de movembre, des opérations militaires s'exécutèrent dans le Nord, dans l'Est et dans l'Ouest de la France.
Dès son arrivée à Tours, M. Gambella avait chargé M. Teslin, délégué du gouvernement pour les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de l'Aisne et de l1 Somme, d'y organiser la défense. 11 n'était resté, dans cette région, qu'environ 8,000 hommes de dépôts. qui furent expédiés vers le centre ; le pays se trouva livré sans prolection aux incursions de partis enremis qui venaient le piller. Vers le milieu d'octobre, M. Testelin ebtint l'adjonclion du colonel Farre, directeur des fortifications à Lille, qui reçut le grade de général de brigade. Peu après, Le général Bourbaki fut nommé commandant en chef de l'armée à former dans le Nord de la France. Par leurs efforts réunis, cette armée, dite 22* corps, commençait à se constituer, lorsqu'elle passa, le 49 novembre, sous les ordres du général Farre, Bourbaki étant appelé à exercer un commandement dans le centre.
AS DEUXIÈME RÉPUBLIQUE. — EMPIRE. — FROIIÈNE nérong. | © Après la capitulation de Metz, le 1e mes meme commandant de la 1" armée p: fut chargé d'organiser le siège de Montmédy, de Soissons, TETE ERA PEER l'ouest, dans la direction de Rouen, en s' 24 novembre, son avant-garde arrivait, te de les gements au village de Merières à quelques kilométres d' Le général Farre réunit autour de cette ville toutes ses s'élevant à un peu plus de 17,000 hommes; que la d'Amiens porta à 25,000. Du 21 au 26 de petits combats À DIN ne Heu bas toujours à l'avantage des ennemis. le général prussien Gœæben, avec 35 à 45,000 hommes, © toutes les positions françaises qu'il emporta malgré une acharnée et prolongée jusqu'à la nuit. Ce fut la bataille de
Bretonneux.
Le général Farre évacua Amiens, emmenant toute son La citadelle resta seule oceupée ; mais elle n'était pas en él défense et capitula le 29.
Le général Faidlierbe, qu'un décret du 18 novembre nommé commandant en chef de lagnée du Nord et de là 28 sion militaire, arriva d'Algérie à Lille le 5 décembre #@à possession de ses fonctions. L'armée du Nord comptait #8 30,000 liommes et 80 pièces de canon.
Manteuffel, laissant de côté cette armée, avait marché droi @t Rouen, y était entré le 5 décembre et l'avait cruellement rmçemé puis, il s'empara de Dieppe et menaça le llayre, se propasas@l soumettre tout le littoral jusqu'à Cherbourg. |
Ce plan fut déjoué par Faidherbe qui, partant de Lille, le 8, #4 une de ses divisions, reprit Ham et se dirigeasur Amiens, faisant chasse à tous les petits détachements ennemis. Manieuffel ému Dieppe, renonça à sa marche sur le Havre et sbandouna Amies menaçant loutefois de le bombarder si les Français y rentrant.
Le 25 décembre, fut livrée la bataille de Pont-Nuyelles. L'arsèt de Fäidherbe était alors divisée en deux corps portant les numêftt 22 et 25, et comptait 40,000 hommes et 78 pièces. Les Prussiett assaillirent vigoureusement les positions françaises, mais fans partout repoussés avee non moins de vigueur. Le lendemais, ne renouvelérent pas l'attaque, bien qu ayant reçu des renforts de Paris, Faidherbe, ne pouvant pousser plus avant, alla s'était sur la Scarpe, d'Arras à Douai; les Prussiens le suivirent, set oser l'attaquer . Le 4* janvier, il porta ses cantonnements en art
raomèse néeuauique. — 1871. QU rras, depuis Tilloy jusqu'à Rivière. L'année 1870 finissait donc 32 heureusement de ce côté.
IL. Orénarions pans L'Esr. — Dès les premiers désastres de la
rpagne, Garibaldi avait songé à offrir ses services à la France. ti de Capréra, malgré la surveillance du gouvernement ita- 1» Garibaldr arriva le 7 octobre à Marseille et se rendit à Tours; populations lui firent l'accueil le plus sympathique. On a vu cédemment que, froissé de l'indifférence de la délégation et s de repartir, il fut retenu par M. Gambetta, qui lui donna le imandement des francs-tireurs et des corps volontaires dans one des Vosges, de Strasbourg à Paris ; une brigade de gardes siles devait lui être adjointe.
aribaldi s'occupa aussitôt d'organiser son état-major et, dès l'eut reçu ses lettres de service, il quitta Tours, le 13 octobre soir, pour se rendre à Dôle, où il avait décidé d'élablir son rtier-général.
n a vu aussi que le général Cambriels, commandant le peu de es militaires subsistant dans les Vosges s'était, après le combat la Burgonce, retiré devañt le corps du général de Werder qu'à Besançon.
: Gambetta écrivit à ce général, faisant appel à son patrio- 1e, le priant de réserver bon accueil à Garibaldi et de se conær avec lui sur les moyens d'action.
elte recommandation ne suffit pas. I fallut la présence de 3ambetta à Besançon, puis des ordres précis el itératifs, pour 3 obtenir à Garibaldi une partie des ressources nécessaires.
a retraite de Cambriels n'avait pas arrèlé la marche de Werder, occupa Vesoul, le 19 octobre ; après une démonstration peu euse contre Besançon, il poussa ses troupes vers Dijon et y enle 31, après un combat sanglant dans les faubourgs Saint-Ni set Saint-Pierre et un bombardement qui incendia plusieurs its de la ville.
n autre corps prussien, parti aussi de Strasbourg, avait par-
u l'Alsace, du nord au sud, meltant le siège devant Schles- , qui capitula le 24 octobre, Neuf Brisach, qui en fil autant Je sovembre, enfin de:ant Belfort qui devait n'ouvrir ses portes près l'armistice. Mulhouse fut oceupé le 3 octobre. Ce corps, mandé par le général Treskow. , dans sa che, que par un corps Iranc qu'avait organisé el que cominan- D: Keller, un des députés de l'Alsace. Le 8 novembre, Treskom
'emparait de Montbéliard et de quelques autres localités dent La ps session interceptait les secours qui auraient pu se diriger vers Bellert,
Treskow pouvait, en se joignant à Werder, bloquer Les trespa rassemblées à Besançon et leur faire là, sur une moindre échelle, ce que Frédéric-Charies avait fait à Mels. Le général Michel, gaie avait pris le commandement à la place de Cambriels, appelé ae leurs, reçut ordre de laisser dans Besançon une garnison d'envins
40,000 hommes et de prendre position à Chagny, su sad à Beaune, où se croisent plusieurs chemins de fer. Prés de 4908 bommes étaient réunis sur ce point. Le général Michel, sionnaire, eut pour successeur le général Crourat. Celui-ci cat, le 16 novembre, ordre de détacher 15,000 bommes à Lyn, et de se diriger sur Gien avec le reste des troupes dont il dat @core distraire une brigade qu'il envoya à Nevers. Il ne coms donc qu'un peu plus de 50,000 hommes qui devinrent le noçan à 30° corps. L'est de la France demeura ainsi sans autre protedis que quelques millé hommes réunis à B sançon sous les onires sage néral Crémer, et de Garibaldi, auquel le ministre de la guerre mt prescrit de transférer son quartier général de Dôle à Autun. taf cetle opération, les Garibaldiens avaient eu avec les euvihises quelques engagements qui avai is à l'ennemi a le red.
Werder avait fait de Dijon sa base d'opérations qu'il est d'étendre au-delà de cette ville. Partout il rencontrat Ganbdé ou son fils’ Ricciotti, qui harcelaient ses troupes avec acharnest et leur infligeaient des pertes sensibles. Le 26 nuvembre, les Pre siens furent battus par Garibaldi à Pasques. Le len lemin, h Prussiens tentérent, avec des forces supérieures et beaucoup £# tillerie, un mouvement tournant. Garibaldi se retira en faisant bout contenance.
Le 1+ décembre, 6,000 Prussiens, appuyés de cavaliers & & 42 pièces de canon, furent mis en déroute, après deux heures & combat, en avaut d'Autun qu'ils croyaient enlever là veille; à avaient fait, sans plus de succès, une tentative sur Langres.
Le 3 décembre, Crémer vint aitaquer, près de Vandenesse.k général prussien Keller, déjà battu, le 1°", près d'Autun, le miten déroute, le poursuinit et lui prit des bagages.
Youlant en finir avec cette nce, Werder expédia le 48 ve cembre, deux colonn s, comrenant environ 15,000 hommes an 40 piéces d'arillerie pour s'emparer de Nuits et des vies em ronnantes. L'une de ces colonnes, engagée dans les montagnes ét
> AROISIÈNE RÉPUBLIQUE. — 1870. sa 4'Or, y fut assaillie, battue, dispersée sut toute sa route: rencontra, prés de Nuits, Cremer, qui l'arréta jusqu'au is se replia un peu en arrière. Le lendemain, les Prus-
nt mine de le poursuivre, mais ne s'y aventurérent pas. li arrivait au secours de Cremer, les Prussiens rentrérent
les derniers jours de décembre, Werder, voyant de grands iénts de troupes françaises entre Lyon et Besmnçon et craiee trouver isolé, évacua Dijon (28 ph puis drag à sur Vesoul et ramens, de mème, dans la direclion de
le reste de ses troupes.
cette région aussi, l'année 1870 finissait pour la France succès.
Orénarions vass L'Ouesr. — Entre la Somme et la Seiné, les ns, après l'occupation de Rouen, ne s'étaient guère avancés +sur la rive droite : le Havre définit leurs efforts. Les partis 8 qui battaient le pays avaient, soit avec des détachements u Ilavre, soil avec des francs-tireurs, des engagements où sient du monde. Sur la rive gauche, ils avaient, poussé Pont-Audemer. Craignant qu'une flottille partie du Havre les prendre en flanc, ils coulèrent dans la Seine, devant Du= es navires dont quelques-uns étaient anglais. L'Angleterre mais M. de Bismarck répondit avec quelque hauteur, pais Luné réparation dont l'Angleterre se contenta.
Rene n'Onuéans. — Au sud-ouest de Pans, les Prussiens leur centre d'opérations à Chartres, d'où Von der Thann orté sur Orléans et avait lancé des détachements sur Saint- & dans l'arrondissement de Vendôme, menaçant à. la fois ours et le Mins, Le 7 novembre, le grand-duc de Mecklemül nommé commandant de toutes les troupes agissant dans Bion. Il arriva, le 15, à Toury; craignant d'être coupé par tement de l’armée de la Loire vers Paris il se replia sur 5 laissantune division en observation à Toury. bla rictoire de Coulmiers, M. Gambetta et plusieurs généulaïent pousser en avant, détruire l'armée de Von der Thann etér sur les lignes d'investissement de Paris, Le général le repuussa ce plan, alléguant que son armée avait besoin Maire et alla s'enfermer dans le camp d'Orléans, dont les Étaient protégés par des batteries de pièces marines à longue Il y resta tout le courant de novembre.
3 Toury et Artenay, tandis qu’il évacuait l'arrondissement Vendôme et le pays d'alentour. Le général Crouzat et le colo- Billot, promu général, s’établirent de manière à couvrir les apches d'Orléans.
rédéric-Charles voulait attaquer Orléans avec deux corps d'ar- ! puis, cette ville prise, se porter rapidement sur Tours el enr la Délégation Un troisième corps prussien était destiné à rparer de Bourges.
‘est dans ces circonstances, et en apprenant l'attaque projetée Paris sur Champigny, que le général d'Aurelle exécutait le vement du 1°’ décembre. Le début fut heureux. Le 4* décemnnême, le général Chanzy, commandant le 16° corps, livra à remi, entre Guillonville et Terminiers, un brillant combat, dit ällepion, qui dura de midi à six heüres, et dont le succès fut Aé par la division de l'amiral Jauréguiberry. Les Prussiens re- Cent jusqu'à Loigny. A l'autre extrémité de la ligne française, Prusiens évacuérent Besune-la-Rolande et se concentrérent -hiviers, où Frédéric-Charles avait son quartier-général. » lendemain, 2 décembre, le grand-duc de Mecklenbourg enrit de s'établir entre le corps de Chanzy et le gros de l'armée, ë, avec Aurelle de l'aladines, auprès d'Artenay. Il y réussit, æ à des renforts continuels el au prix de pertes énormes. azy fut, à son lour, contraint de se replier sur Terminiers. Le
n'était pas irréparable; une résolution subite de Frédéricrles changea l'état des choses.
I. Antesav. — Dans la nuit du 2 au 3, le prince prussien con La toutes ses forces, reliées à celles du duc de Mecklenbourg, re la route d'Orléans à Pithiviers et le chemin de fer de Paris; ait 110 à 120,000 hommes qui allaient attaquer l'armée de la re par Artenay, pour se porter ensuite sur Orléans. Le général urelle fit alors replier ses troupes sous Orléans, mais il ne L pas devoir appeler à lui les 18* et 20° corps, généraux Crouzat üllot, et laissa les 16° et 19° trop loin de lui, de sorte qu'il eut ipporter, avec le 15*, le principal effort de l'ennemi. our la troisième fois, Artenay et ses environs furent le théâtre 1e lutte entre Français el Allemands. Les troupes du général rrelle furent successivement repoussées de toutes leurs posis et forcées de battre en retraite sur Orléans. D'Aurelle télégra- 1 à Tours qu'il allait évacuer le chef-lieu du Loiret. La Déléga- Jui fit alors observer qu'en concentrant tous ses corps dans le
TaomÈène RÉPUBLIQUE. — 1871. 435
settre ainsi Chanry entre deux feux. Arrivé devant Blois, Manstein uva le pont coupé, descendit jusqu'à Amboise où il rencontra le me obstacle. Mallieureusement le 12, un détachement prussien, ÿissant sur la rive droite, réussit à se rendre maitre de Blois qui # aussi fort maltraité.
Après les combats livrés du 7 au 9, Chansy s'était retiré sur endôme. La roule de Tours se trouvait ainsi ouverte. Le 9, la Slégation quitta cette ville else transporta à Bordeaux.
S IV. Rernarre pe Cmanrr sun Le Mans. — Le 14, le 15, les Allends abordérent les positions de Chanzy, près de Morée, et fumt encore repoussés. Le 16, Chanzy décampa, à l'insu de l'enemi, pour aller s'établir en avant du Mans. Les Allemands le sursuivirent assez inutilement. Ils se dirigérent alors vers Tours, st l'approche fut défendue, pendant toute la jouruée du 30, par #00 mobilisés angevins qui, la nuit venue, se relirérent sur Lanmis. Le lendemain, les Allemands entrérent à Tours, après y avoir mæcé des obus, pour se venger de quelques coups de fusil isolés.
Le 19, Chanzy était arrivé au Mans et s'était aussitôt occupé de se mtifier et de refaire son armée qui se monta bientôt à 30,000 hom- 8 avec 35 pièces de canon. Îl se proposait de partir du Mans, ms les premiers jours de janvier et de se porter sur Paris par hartrrset Versailles. La délégation approuva ce plan, mais invita ; usqu'au 44 janvier.
Ainsi, à la fin de 1870, malgré l'échec grave de la reprise d'Orlens, rien n'était encore désespéré au delà de la Loire. Bourbaki pavrait le Sud avec 400,000 henmes, et Chanzy, au Mans, surrents que les Prussiens pourment tenter au Nord-Uuest et au Sud-Ouest.