‹ Histoire des FrançaisChapitre 76 sur 90 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

# faim et le froid. — Combats de la Ville-Évrard, du Bourget, d'Avron. — Borbartement des forts. — Lombardement de Paris. — luzeuval. — L'Ar. amistice.— Le #2 Janvier.

SL La raw nr Le From. — Paris tenait toujours, ayant déjà dé mmé le terme extrème que Lou avait né à sa résislance, tique doute qui s'atla aux nouvelles données par M. de Oùke, les Parisiens soupçonuaient bien qu'il ÿ avait un fond de

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jours, mise au régime du pain bis. Personne ne s'en émut; on ait fait et l'on était prêt à faire encore d’autres sacrifices.

Une chose ne manquait pas: le vin. Beaucoup de gens qui seient littéralement tombés de faim ne se soutenaient qu'en buot du vin et du café. L'abus du vin fut trop souvent, malleuisement, porté si loin, que le commandant en chef de la garde ionaleeut à adresser au gouverneur des rapports comme celui-ci, $ du 16 décembre, qui fut placardé dans Paris :

Le 200° bataillon est sorti aujourd'hui de Paris pour occuper awant-postes de Créteil. Je reçois de M. le général commandant &rieur à Vincennes la dépêche suivante :

Chef de bataillon du 200° ivre ! La moitié des hommes ivre ! mpossible d'assurer le service avec eux. Obligation de faire lever leurs postes. Dans ces condilions, la garde nationale est me fatigue et nn danger de plus.

J'ai l'honneur de vous demander la révocation du chef de &llon Leblois, commandant le 200° bataillon. »

Lément Thomas payera chérement cet accomplissement de son ir. È AL Cowsars DE LA Vixue-Evrarn, pu Bouncer, D'Avrox. — Le parvint encore à Paris une dépêche de Gambetta exposant Atuation des armées de Chanzy et de Bourbaki, à la date du 44, & de Faiiherbe dans le Nord, et exprimant la pensée que la ce se délivrera des Prussiens, si elle le veut résolument. <90, un grand nombre de bataillons de garde nationale reçoi- € l'ordre d'être prêts à sortir le soir et dans la nuit, pour prendre ë, le lendemain, à d'importantes opérations militaires. effet, le21, une attaque estdirigée sur les s prussiennes, suis le Mont-Valérien jusqu'à Nogent-sur-Marne, dans une étendue &0 kilomètres. Les Français occupent Neuilly-sur-Marne et enlèit la Ville-Évrard, sur la route de Gourtay, et la Maison-Blanche, jon qui commande une partie du cours de la Marne, en aval NA pération comprit aussi une attaque contre le Bourget, cette sition que, six semaines auparavant, on avait déclarée insignite. Elle fut prise, après une lutte sanglante où se disinguèrent Mais, cette fois encore, les vainqueurs furent laissés s tard, les Prussiens, ayant presque ruit le village par un feu d'artillerie, y revinrent en force, et n emparérent définitivement.

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La journée du 20 avait bien fini, et sans doute, le combat eût repris le lendemain, si la température n'y eût mis obstacle. Le frol s'abaissa, dans la soirée, à 9 degrés et, dans la nuit. à 13. Le soldats n'avaient ni abris, ni combustible. Près d'un millier fur atteints de congélation.

Par une négligence trop fréquente, après avoir pris les bâtiments dela Vills-Évrard, on ne les avait pas visités. Des Prussiens réfucé dans les caves, en sortirent la nuit el attaguérent les Fran | endormis. Dans le tumulte, le général BI fut tué. Les troupes de la Ville-Evrard restérent prisonnières jusqu'au lende1ar1 J'aube. Un détachement de gendarmerie vint les d-livrer.

Quatre jours après, l'enneini démasqua ses batteries, et court de projectiles le plateau d'Avronr Un combat d'artillerie s'en:254 jusqu'à la nuit. D fallut évacuer le plateau. La plus grande parte des troupes rentra dans Paris.

SIL. Bowparvemesr pes ronrs. — Le plateau d'Avron àtin euë, les Allemands lancérent leurs proje

\oxent et de Rosny: ce dernier, cominanté par le fut pendant pluseurs jours, cnblé de pour auxiliaire un dé ment de lu la garde nationale, répliquérent par nue cmennade enr. # Cette petite garnison fut pe l'ordie de l'arme, et le ca Mallet élevé au grade de contre-amial.

En mème temps qu'il annonçait le bembar tement es Gouvernement laissait presentir à li popul tion : «que | fatigué d'une résistance de plus de cent ont ployer contre elle les moyens d'attaque depuis longtemps rassemblés. »

Le gouvernement atténuait ou voilait la vérité en bombarbement des forts. En réahté, C'est le beneerd tie

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SAV Bowranbeu sr a Ex Le bombardement se continn pur count st Lee 1 les premers progelies enens Cotubérent 4 le

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raoiskne RÉPUBLIQUE. — 1874. 429

snte fortifiée. Le tir se rectifiant graduellement, les obus pénéérent davantage dans Paris, sans toutelois dépasser jamais la tine. Les Prussiens ne tiraient pas au hasard ; les dômes, les urs, les flèches, les clochers, particulièrement le drapeau de la mvention de Genève, leur servaient de points de mire. Plusieurs Wpitaux, les Invalides, le Panthéon, le Muséum d'histoire naturelle œurent des projectiles. Du 5 au 27 janvier, le bombardement 1 Paris fit 383 victimes, dont 115 femmes et 67 enfants. Ce sultat, moindre qu'on n'eût pu le craindre, s'explique par la vcaution que prenaient les habitants des quartiers bombarbés » se réfugier dans les caves ou de chercher dans les autres quar- #rs une hospitalité qui ne leur manqua nulle part.

Le 5 janvier, le général Trochu fit placarder la proclamation suiinte, adressée : Aux citoyens de Paris :

# Au moment où l'ennemi redouble ses efforts d'intimidation, à cherche à égarer les citoyens de laris par la tromperie et la ilomnie. On exploite contre la défense nos souffrances et nos saifices.

« Rien ne fera tomber les armes de nos mains. Courage, conmce, patriotisme ! Le gouverneur de l'aris ne capitulera pas. » Tout Paris applandit à celte fiere déclaration : « Le gouverneur » Paris ne capitulera pas. »

La proclamation du général répondait indirectement à un plaæd apposé, la veille, sur les murailles, qui contenait un long et lent réquisitoire anonyme contre le gouvernement et se teriniait par ces mots : « Place au Peuple. Place à la Comune. » ” Le 7 janvier, le gouvernement y répondit pl”; directement par #ie note du Journal officiel :

« Depuis quelques jours certains clu” s avaient multiplié les inaltes et les menaces, comme pour prêter leur appuu à l'ennemi, ier, une affiche provoquait les citoyens à la guerre civile. Ces mtatives criminelles ont soulevé l'indignation et le mépris de la pulation. Elles ne peuvent c-pendant rester impunies. Les prinpaux auteurs de ces actes inqualifiables ont été arrêtés et ont traduits devant les conseils de guerre, conformément aux is.

Le même jour, une démonstration en faveur de la Commune t essayée sans résultat. La population ne sonseait qu'au bembarment qui venait ajouter de nouvelles souffrances aux privations 1 siège.

IROIIÈME RÉPEELIQUE. — 1K71. 451 de cons, On combatut toute la journée, avec acharnement, avec fureur. Les Pru “cevaient continuellement des renforts, Anis que la plus grande partie de nos 400,000 hommes amenés Jaur le combat ne prenaient aucune part à l'action. Encore une

Æës, la jouruée finit par une retraite. La garde nationale ne quitta ea frémissant ces hauteurs teintes de son sang, couvertes de ses æmoris et de ses blessés, où elle laissait des vieillards de soixante Æér-ans comme le marquis de Coriolis, des jeunes gens pleins d'avenir comme Gustave Lambert, qui s'était déjà illustré par une 2rermiire expédition au pôle nord. Lorsque la guerre éclata, il engagea comme simple soldat dans un régiment de ligne, ne Oualant pas user de sa qualité d'ancien oflicier de marine. 11 mou- UE simple sergent. Les membres du souvernement accompagnèent son convoi. Le peintre Henri Kegnault, grand prix de Rome * parcela dispensé du service, était revenu en toute hâte de Ærager pour prendre les armes. Cédant à l'emportement de sa Ætaare généreuse, il voulut vider sa cartouchière quoique la re- Pæäâte ent sonné, il fut frappé d'une balle à la tête. Sa mort fut 2 deuil public. Bien que Renault ne fut âgé que de 27 ans, il Vait déjà prouvé qu'il serail l'un des plus brillants espoirs de française.

, La colére fut grande dans Paris, on accusa l'autorité militaire L'avoir voulu « donner une leçon à la garde mationale »; on accusa ileté des généraux et particuhèrement du général Ducrot qui it arrivé en relard de denx heures.

$ V1. Le 224xvien. — Le 20 janvier, l'irritation s'augmenta par a lecture de l'extrait suivant, d'une dépêche de la Mélégation de Cl et datée du 14 janvier :

« Le général Chanzy, après deux jours de brillantes batailles près %akans, a dû se replier derricre la Mayenne. Il croit qu'il a eu ï 430,000 combattants, counmandés par Frédérie-Charles et kcklembourz en personne. Il n'est pa

. Il a perdu une douzaine de canons et 1 les ennemis ont eu de leur côté de grandes

prennére b et Lure sout troupes et des officiers.

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üs, gardes nationaux et eurieux se dispersent, laissant sur le sol trentaine de personnes tuées ou blessées,

tion du gouvernement flétrit énergique

x», promit de lé punir et de maintémir Le lendemain, un décret ordonna la fermeture de tous les

Un sutre supprima les jourraux fe éveil et le. Combat.

Ja première mesure contraire à la liberté de la presse et de ne.que prenait le gouvernement investi de tous les pouvoirs

Mn État de siège réel.

e bombardement continuait loujours sur Paris et aussi sur

où ilexerçait de grands dégêts en renversant owbrü-

niteur pra de Versailles apportait des nouvelles désis-

deChanzy, de Faidlbu baki, Paris se sentait lilni-mème, isolé, abandonné ; le mot de capitulation passait Voir, éveillant des émotions de colère et de douleur,

L L'Anmisnicx. — Enfin, le 28 janvier, le Journal officiel et

révèlent bi triste x

armées de secours n'étaient pas détruites, rais élles étaient oute, tout espoir était perdu, l'état de nos subsistances ne permettait plus d'attendre.

négociations étaient ouvertes pour obtenir un armästios pour but la convocation d'une Assemblée : « Pendant ct are ce, disait une Note du gouvernement, l' spuée allemande occuforts, mais n'entrera pas dans P garde nationale intacte et une division. de l'armée, et aucun soldats ne sera emmené hors du terriloire. »

pont Paris était réduit à des extrémités qu'il n'asait.

de consommation habituelle, les Parisiens de 1870 avaient «lu cheval, du mulet, de l'âne, pais les chats, les chi les ême, il y avait des boucheries canines et félines ; lespain était bu répugnant pour les estomacs les moins délicats. À La rareté bnivres, s'ojoutait un fléau que ne çonnurent pas les assiégés BU: le froid, qui fut d'une intensité peu commone sous Je de Paris. Qu abaltit les arbres des routes, des prousenadés, Ldes coupes dans le bois de Boulogne et de Vincennes ; où. Asut Le bois qu'on trouva disponible, Tout celh élait insuft 3 ceux qui ne recouraieit pas à ces éxpédents extrêmes, éruellement du froid, Le charbon de toute espécs man-

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Les armées belligérantes conserveront leurs positions respec- * qui seront séparées par une ligne de démarcation. (Suit le de cette ligne.) es opérations militaires sur le terrain des départements du s, du Jura et de la Côte-d'Or, ainsi que le siège de Belfort, se aueront indépendamment de l'armistice, jusqu’au moment où + sera mis d'accord sur la ligne de démarcation dont Le tracé, vers les trois départements mentionnés, a été réservé à une xte ultérieure.

Art. 2. L'armistice, ainsi convenu, a pour but de permettre au ammement de la défense nationale de convoquer une Assem— librement élue, qui se prononcera sur la question de savoir : guerre doit être continuée, ou à quelles conditions La paix Are faite, Assemblée se réunira dans la ville de Bordeaux. Toutes les facilités seront données par les commandants des <s allemandes, pour l'élection et la réunion des députés qui tmposeront.

Art. 5. Il sera fait immédiatement remise à l'armée allemande, autorité militaire française, de tous les forts formant le péri- Sde la défense extérieure de Paris, ainsi que de leur matériel erre. Les communes et les maisons situées en dehors de ce pére, ou entre les forts, pourront être occupées par les troupes tandes, jusqu'à une ligne à tracer par des commissaires milis. Le terrain restant entre cette liyne et l'enceinte fortifiée de le de Paris sera interdit aux forces armées des deux parties, La êre de rendre les forts, et le tracé de la ligne mentionnée, aront l'objet d’un protocole à annexer à la présente convention. At. 4. Pendant la durée de l'armistice, l'armée allemande rera pas dans la ville de Paris.

Art. 5. L’enceinte sera désarmée de ses canons, dont les affüts 4 transportés dans les forts à désigner par un commissaire de ée allemande! .

art. 6. Les garnisons (armée de ligne, garde mobile et marins) wts et de Paris seront prisonnières de guerre, sauf une divide douze mille hommes, que l'autorité militaire, dans Paris, rvera pour le service intérieur.

ns le protocole, cette condition du transport des affüts dans les forts a andonnée par les commissaires allemands, sur la demande des comres français.

morsème Répunuoue. — STI, 457 sera organisé entre Paris el les départements, par nte ire du quartier-général de Versailles, +

cette publication était jointe une note montrant qu'il était en as impossible d'attendre un secours instantané et donnant exact des spprorision nents, Le gouvernement mettait sous x du public les chilfres mêmes. Le ministre de la guerre plus que dix jours de vivres pour.ses troupes, L'adininis- Mon civile, n'avait plus que 35,000 quintaux de farine pani- {on appelait ainsi un résidu de blé, , de paille et res de toute nature pouvant être converlies en pain), pro désmagasins dé la guérre.

temps vrdinaire, Paris emploie à sa subsisance 8,000 quinde farine par jour; depuis le 48 janvier, c'est-à-dire snlé ralionnement, celle consommation, était descendue à Daquintaux. »

partant de ce chiffre de 5,300 quintaux, disait : lx note, des approvisionnements représente une durée de sept jours. os sept jours, on peut ajouter un jour d'alimentation four- Ja farine actuellement distribuée aux boulangers; érois où He jours auxquels subviendront Jes quantités de blés enlevées détenteurs par tous les moyens qu'il à été possible d'imaginer,

jours au moins, pour douze jours au plus.

Hn'est pas inutile de dire que, depuis trois semaines, il

& jour que la farine nécesssire au lendemain. 1 eût suffi de s obus, Lombant sur l'usine Cail, pour mettre instantané en danger l'alimentation de toute la ville.

En ce qui concerne la visnde, la situation peut se caractéristr Wunseul mot : dépuis l'épuisement de nos réserves de bouche nous avons vécu en ma L du cheval. I y avait oënt mille ux à Paris, il n'en reste plus que 53,000, en. comprenant é.chiffre les chevaux de 1 guarre. »

comptait qu'il fallait au minimum 14,000 de ces chevaux féserries de la ville ét dela guerre. En réalité, wine Inis ces nécessités satisfaites, le nombre des animaux disponibles la boucherie ne dépassers pas 22,000 environ, ration étant par jour dé vingi-cing grammes de viande de trois cents grammes de pain par chaque habitant. il pain. pour un masinum de dix jours. Ensuite, il fallait “ Lun

458 DEUXIÈME RÉVOBLIQUE, — EMPIRE. —TROIMÈME éromage. se passer de pain, augmenter les ralions de viande, abat 5,000 chevaux par jour, tuer les quelques vaches (5,000) rise vées aux hôpitaux et à l'alimentation des nouveau-nés. Un ps ait ainsi n'arriver qu'une semaine environ plus tard aux dernière crises de la famine.

« Mais, disait en terminant le rédacteur de la note, noss de viendrons pas à celle extrémité, précisément parce que ke nement de la Défense nationale s'est décidé à négocier. Qu

vélé plus Lôt ces vérités terribles ? » À cette question, il y 24 pondre que le devoir était de prolonger la résistance = dernières limites, et que la révélation de semblables été la fin de toute résistance. »

L'armistice du 28 janvier termina la résistance, non pas: ment de Paris, mais de la France éntiére. Le gouvernement &@ Défense nationale, enfermé dans Paris, pouvait-il abdiquér D dernière héure et laisser le soin de la eapitulation soit an get nement militaire, soit à l'autorité municipale, stipalant Der@ l'autre pour là seulé place ou ville de Paris? Le gouvernemit crut pas pouvoir én faire la proposition ; M. de Bismart #18 certainement pas accueillie.

Quelle était aïors la situation militaire en provinee?

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