‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 100 sur 200 · LIVRE IX, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IX, CHAPITRE I

ces grandes divisions avait son duc ou prince, dont le pouvoir se bornait à rassembler l'armée, et qu'en cas de guerre, le sort désignait parmi ces princes celui qui devait avoir le commandement suprême * . Cette assertion ne parait guère fondée : il est plus vraisemblable que les Saxons vivaient, comme les anciens Germains, sous le régime libre du gau ou caotoQ ; que leur société était un composé de petites fédérations cantonales, présidées par des chefs électifs, et qu'en temps de guerre, ils se réunissaient par bandes autonr des hommes les plus considérés et les plus braves *. Il est vrai que l'histoire nons a transmis les noms de trois chefs seulement, Witikind, Hassion et Brunon ; mais rien ne prouve que chacun d'eux fût le duc ou le prince d'une des trois grandes divisions du pays.

De même que les Francs, les Saxons avaient une classe d'hommes appelés ingenui ou frilingi, et une classe de litt; mais au-dessus des uns et des autres se distinguaient les noHles, classe inconnue des Francs. Les nobles et les ingénus étaient seuls propriétaires des terres, les lites les cultivaien t sans

1  tribus etiam principibns totins gentis ducatos administrabatur, certis terminis exercitas congregandi potestate content!, quos suis locis ac Tocabilis noyimos signatos, in Orientales sciHcet populos, Ângarios atque Westfalos. Si autem unÎYersale bellum ingrueret, sorte elîgitur, oui omnes obœdire oportuit, ad administrandum inminens bellum. (Widukindi, Res gestœ saxonicœ, 1. i. c. 14.)

s Variis diTisa modis plebs omnis babebat quot pages tôt psne duces. (PoCta Saxo, a. 772.)

être privés de leur liberté, comme chez les Francs. (Test une particularité assez remarquable, que ceuxci, lorsqu'ils eurent soumis les Saxons, les firent descendre d*un degré dans Féchelle des compositions, comme ils avaient fait à regard des Gaulois : le noble saxon fut placé au même niveau que l'ingénu franc, et Tingénu saxon au niveau du lite franc. Cette règle est écrite dans le capitulaire de Charlemagne de Tan 797 : « Dans tous les cas, y est-il dit, où les Francs doivent payer douze sous, d'après la loi, les Saxons nobles payeront aussi douze sous, les ingénus en payeront cinq, et les lites, quatre ^. »

Pendant toute la durée de la dynastie mérovingienne, les Saxons n'avaient cessé de faire des incursions sur la frontière du royaume et de s'y livrer à des exc^s de tous genres : meurtres, incendies, pillages; toujours ils avaient été repoussés. Vaincus par Charles Martel en 738, ils le furent encore par Carloman en 747 et par Pépin en 753 et 758. Après cette dernière défaite, ils s'étaient engagés, comme nous l'avons déjà dit, à payer chaque année au roi des Francs un tribut de trois cents chevaux* Il est probable, quoique les historiens ne le disent pas positivement, qu'après la mort de Pépin,

I Item placuit omnibus Saxonibus, ut ubicumque Franci secundum legem solidos duodecim sohere debent, ibi nobiliores Saxones solidos iluodecim, ingenui quinque, liti quatuor componant. {CapUulare Saxonicum, c. III, ap. Balai., t. i, p. STT.)

* Annales. Laur, maj., 758.

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