‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 101 sur 200 · LIVRE IX, CHAPITRE II. S · texte numérisé non relu

LIVRE IX, CHAPITRE II. S

ils refusèrent de continuer cette prestation ; mais ils ne se bornèrent pas à cela, d'après Éginhard ; ils se mirent à faire sur le territoire des Francs des incursions accompagnées de tant de cruautés que, pour assurer le repos des habitants, Gharlemagne fut obligé de leur déclarer la guerre; ce qui, du reste, s'accordait parfaitement avec ses vues politiques *.

II. — On a pu remarquer déjà ce trait de caractère signalé par Éginhard, que Gharlemagne n'entreprit jamais une guerre sans la pousser jusqu'à ses dernières conséquences. Son ennemi devait être abattu pour qu'il déposât les armes. Ainsi la guerre d'Aquitaine avait été commencée par Pépin, qui l'avait laissée inachevée : Charles la reprit pour ainsi dire en sous-œuvre; il poursuivit Hunold, même sur un territoire étranger, jusqu'à ce qu'il se fût emparé de sa personne. En Italie, Pépin qui avait tenu le roi Aistolphe enfermé dans Pavie, s'était contenté d'en exiger des otages, de faire rendre aux Romains ce qu'il leur avait enlevé, avec promesse de ne plus le reprendre : Gharlemagne assiégea Didier dans la même ville de Pavie, et il ne se retira que quand

1 Suberant et causœ quœ cotidie pacem conturbare poterant, termini videlicet nostri et illorum paene ubique in piano contigui, prœter pauca loca, in quibus vel silvœ majores vel montium juga interjecta utrorumque agros certo limite disterminant, in qnibus cœdes et rapinse vel incendia TÎcissim fieri non cessabant; quibns adeo Franci sunt irritati, ut non jam vicissitudinem reddere, sed apertum contra eos bellum suscipere dignum judicarent. (Einh. Vita Karoli imp., c. 7.)

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le roi des Lombards fut prisonnier, son fils exilé, sa dynastie supprimée. En Baviëre,^ il ne renonça aux hostilités que quand Tassilon et son fils furent enfermés dans un couvent Cette ténacité de caractère, cette résolution inébranlable, on pourrait dire inexorable, nous allons la retrouver encore dans la guerre contre les Saxons, qui durait depuis près de trois siècles, et qui semblait devoir se perpétuer«

Dès sa première campagne en 772, Charlemagne voulut détruire le symbole de la nationalité saxonne. Après avoir pris le château d*£resburg, aujourd'hui Stadtberg, sur le Dimmel, il se dirigea vers le monument appelé Irminsul ou Ermensul, lequel se trouvait à peu de distance des sources de la Lippe, du côté du sud-est. C'était une espèce de colonne érigée en souvenir des exploits d'Arminius ou Hermann et de la défaite de Varus, dont les légions furent massacrées à cet endroit même par les Germains. Représentant de la civilisation romaine, Charles crut devoir détruire ce monument qui rappelait le triomphe de la barbarie. Suivant Éginhard, il fallut plus de trois jours pour en opérer la démolition; l'armée était exténuée, car elle manquait d'eau, à cause du beau temps contimi et de la sécheresse. £^nhard raconte que Dîea Im vint en aide et^ fit an miracle ra safeveur : on vit tout-à-coup une immense quantité d'eaut j.aîlUr du. sein de la terre et se répancke ùsm ï^ creux (f un torrent, auprès d^une montagne

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