‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 102 sur 200 · LIY&E IX, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIY&E IX, CHAPITRE II

qui touchait au camp ^. Il s'agit probablement de la fontaine jaillissante appelée aujourd'hui der BtUlerborn, qui est ajtuée dans une sorte de ravin près du bourg d'Oldenbeke *.

Satisfait d'avoir renversé l'irminsul, Gharlemagne s'approcha du Weser et convoqua les Saxons à une assemblée générale. D'après ce qu'on sait de leur organisation politique, il ne put venir à cette assemblée qu'un nombre plus ou moins considérable de chefs cantonaux, de nobles et àHngenuU c'est-à-dire d'hommes libres, chefs de famille et propriétaires. Aucun d'eux n'avait qualité pour représenter la nation; ils pouvaient stipuler pour eux-mêmes et pour les personnes soumises à leur autorité, mais ils ne pouvaient pas empêcher que d'autres hommes libres ne prissent les armes et ne se formassent en bandes sous la conduite d'un chef de guerre, suivant les usages du pays. Cette observation n'est pas sans importance : car elle explique ce qu'Éginhard représente à tort comme des insurrections réitérées du peuple saxon ; elle réduit à leur juste valeur les ac-

» In cujus destruclione cum in eodem loco per triduum moraretur eontigit ut propter oositinuam cœli serenitat^n exsiccacis omnibus illius loci lÎYis ac fontibus, aqua ad bibendum inyeniri non posset. Sed ne diutius siti confectus laboraret exercitus, dirinitus faotum croditur, ut quadam die, cum iuxta morem tendre meridiano cuncti quiescerent, iasta montem qui eastris^ erat contiguus, tanta- vis aquœ in concavo ooîiisclain torrei^s erupit, ut cuncta exercttui suffieeret. (fiinh., àh^ naUs^ 772.)

* FOrstenb. Princ. Monumenta Paderbom, Âmstelod. 1673, p. S4d.

cusations de perfidie dont il est si prodigue à l'égard de ce malheureux peuple. Au reste, tout ce que nous savons de l'assemblée dont il s'agit, c'est que Charlemagne s'y fit livrer douze otages *. Il revint ensuite dans le pays des Francs,dii Éginhard, et célébra dans sa terre d'Herstal les fêtes de Noël et de Pâques *.

III. — Il était à prévoir que ce qui s'était passé dans cette assemblée n'empêcherait pas les Saxons de se venger de la destruction de l'Irminsul, dès que l'occasion s'en présenterait. C'est ce qui arriva en effet, lorqu'ils surent que Charlemagne était parti pour l'Italie. Ils envahirent le territoire des Hessois, leurs voisins, et se dirigèrent sur Fritzlar, dans l'intention d'y mettre le feu à l'église qu'avait consacrée saint Boniface. Ëginhard raconte que cet édifice fut sauvé de l'incendie par un miracle *. Il ajoute que le châtiment infligé aux Saxons fut prompt et terrible : une armée divisée en trois corps fut lancée dans leur pays ; elle le parcourut en tous sens, portant de tous côtés l'incendie et le pillage ; elle extermina tous ceux qui voulaient résister et revint avec un immense butin.

* Et ibi cum Saxonibus placitum habuit et recepit obsides WL (Ann. haur. major,, a. T72.)

* Einh., Annales, T73.

s Cumque in eo loco qui nanc Frideslar ab incolis nominatar, basilicam a beato Bonifacio martire dedicatam incendere molirentur, atque hoc AfiScere casso labore conarentor, inmisso sibi divinitus paYore subitaneo, turpi trepidatione confusi, domain fagiendo reYertuntor. (Einh., Annales, T74.)

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