LIVRE IX, CHAPITRE Vïll. n
rable pour se révolter de nouveau *. » Cette occasion se présenta en 793. Charlemagne était en Bavière; il se préparait à faire une nouvelle campagne contre les Avares de la Pannonie, lorsqu'il apprit que les troupes qui lui étaient amenées de Frise par le comte Théoderic avaient été arrêtées et mises en déroute par les Saxons, près de Rustringen, sur le Weser. Peu de temps après, on lui annonça la défection complète des peuples de la Saxe. Il résolut alors d'envahir de nouveau ce pays et de recommencer une guerre qu'il avait cru terminée *.
Il entra en Saxe par le midi, en même temps que son fils, passant le Rhin à Cologne, y entrait du côté de l'occident. Les Saxons s'étaient réunis dans la plaine de Sentfeld, entre Paderborn et Eresburg, et semblaient attendre l'arrivée des Francs, pour leur livrer bataille ; mais quand ils se virent en présence de deux armées, ils firent ce qu'ils avaient fait maintes fois : prenant le parti de la soumission, ils reconnurent l'autorité du roi, lui offrirent des otages et promirent sous serment de lui rester fidèles. Charlemagne accepta leurs serments et leurs otages, mais il savait par expérience que ce n'était pas là une solution. Aussi réunit-il, l'année suivante, une nouvelle armée, à Costheim sur le Mein, avec l'in-
1 Quievitque illa Saxonic» perfidiœ pervicacitas per annos aliquot, ob hoc maxime, quoniam occasiones deficiendi ad rem pertinentes invenire pon potuerunt. (Einh., Annales, 785.)
* Einb., Annales, 794.)
12i HISTOIRE DES FRANCS D'AUSTRASIE.
tention de recommencer ses courses au travers du pays et d*y répandre de nouveau la terreur de ses armes *.
IX. — Nous avons vu plus haut, qu'en 782, les Slaves Sorabes, avec qui Gharlemagne s*était mis en relation Tannée précédente, avaient envahi le territoire des Thuringiens et des Saxons, au moment même où ceux-ci se soulevaient contre la domination des Francs. Cette utile diversion avait-elle été concertée avec le roi? c'est ce que nous n'avons pu affirmer à défaut de preuves ; mais un fait semblable va se produire en 795, et cette fois-ci nous ne craindrons pas d'en indiquer l'auteur.
Le pays des Saxons confinait vers le nord, en sui-^ vant les côtes de l'Océan, à celui des Danois ou Normans, qui étaient leurs amis ou alliés ; mais ils avaient pour voisins, au nord-est, les Slaves qui se divisaient en plusieurs peuplades. A côté des Sorabes, établis entre l'Elbe et la Sale, les Wilzes ou Walatabes habitaient, entre l'Elbe et l'Oder, les pays qui forment aujourd'hui le nord du Brandebourg, la partie occidentale de la Poméranie et la partie orientale du duché de Mecklenbourg ; les Abodrites occupaient le Mecklenbourg et la Wagrie> das Wageren,
' Quamquam Saxones œstate prœteritt et obsides dédissent, et secuntfum quod iussi erant sacrameota mrassent, rex tamen illorum perfidia nott immemor, conTeatum generalem traits Rhenum in Tilla Guffesstein, quœ super Mœnum sita est, more solemni habuit, atque inde cum exercitu Saxoniam ingressus, pêne totam populando peragravit. (Einh., Ann,, 795.)