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démons et renonçant aux cérémonies de leurs pères, ils embrasseraient la foi chrétienne, en recevraient les divins sacrements et se réuniraient aux Francs pour ne plus former qu'un seul peuple *. » Cette manière de s'exprimer tend à donner aux faits une couleur singulièrement fausse. Il est inutile de le dissimuler, Charlemagne se conduisit à l'égard des Saxons avec une rigueur, une cruauté sans exemple. Ce n'est point par l'effet d'une convention que ce peuple fut converti au christianisme, c'est par la force, par la violence.
Les Saxons , comme les autres Germains, avaient toujours joui de la liberté des cultes et pratiqué la plus grande tolérance en matière religieuse. On ne voit nulle part qu'ils aient eu une religion obligatoire. Même pendant la guerre que leur fit Charlemagne, ils ne punissaient pas ceux qui avaient adopté la religion de l'ennemi. S'ils l'avaient fait, les écrivains chrétiens n'auraient pas manqué de crier au martyre. Il est vrai que les Saxons étaient des barbares. Les Gallo-Francs, civilisés et christianisés, agissaient autrement ; il suffit, pour s'en convaincre, de jeter les yeux sur le capitulaîre de partibus Saxoniœ, de l'an 789 *. On y trouvera une disposition qui punit de mort tout Saxon qui refuse de se soumettre au
» Einh., Vita Karoli imper,, c. 7.
* M. Waitz pense que la date de cet acte doit être reportée à Tan 785, car il respire le même esprit de sévérité sanguinaire qui se remarque dans toutes les mesures prises cette année par Charlemagne. (Deutsche Verfattungsgetchichte, t. IH, p. i23.)