‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 126 sur 200 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

I. —■ Dans im mëtnôiréi à la rédaction duquel j'ai coopéré et qui devait être s^aiifiis au jugement de FAcadémiè royaîe de Belgique ^ rœûvre des princes carolingiens fut appréciée au point de vue de la civilisati<)iï chrétienne. Il ne s'agissait pas là d'émettre des idées neuveé; il fallait se conformer aux opi* nions le pïus généralertaent accréditées. Aussi, disions-nous, en parlant de ChaHemagne : « Pour juger avec équité les actions de ce grand homme, nous avons tâché de nous phcer dans le milieu où il vécut et au point de vue de la civilisation chrétienne, qui fut certainement la source de toutes ses inspirations. S*il est vrai qu'à l'époque de son règne, il y eût identité entre la civilisation et le christianisme,

* Histoire des Carolingiens, par L.-A. Warnkœnig et P.-A.-F. Gérard. Mémoire couronné. Bruxelles, d862, 2 vol. in-8».

f30 HISTOIRE DES FRANCS D'ACSTRASIE.

Charlemagne, qui contribua le plus au triomphe de Tune et de l'autre, a certes bien mérité la gloire qui s'attache à son nom. On s'est demandé cependant s'il n'aurait pas mieux fait de rester fidèle à la barbarie et aux traditions de sa race. C'est une question qui a été résolue affirmativement par plus d^un auteur moderne, et même par l'un de nous *, mais dont la discussion aurait été déplacée dans ce mémoire. Nous avons dû représenter Charlemagne tel qu'il figure généralement dans les histoires de l'Europe, non tel qu'il parait quand on le considère au point de vue exclusivement barbare ou germanique *. »

Avons-nous besoin d'ajouter qu'ici nous ne sommes plus retenus par les mêmes entraves, et que nous donnons un libre cours à notre pensée ? Le Charlemagne de YHistoire des Carolingiens était celui qu'on admire dans le monde vulgaire, celui dont Bossuet faisait l'éloge, en disant : « Les Romains se tournaient à Charlemagne qui subjuguait les Saxons, réprimait les Sarrasins, détruisait les hérésies, protégeait les papes, attirait au christianisme les nations infidèles, rétablissait les sciences et la discipline ecclésiastique, assemblait de fameux conciles, où sa profonde doctrine était admirée, et faisait ressentir nonseulement à la France et à l'Italie, mais à l'Espagne,

> La Barbarie franke et la Civilisation romaine, par P.-A.-F. Gérard, Bruxelles 1845.

' Histoire des Carolingiens, 1. 1**', p. XIX.

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