‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 128 sur 200 · LIVRE X, CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE X, CHAPITRE IL

de ce dernier mot. Elles sont au nombre de cinq ; pourtant le soleil et la lune sont de véritables planètes *.

» Le soleil est un peu plus gros que la terre, diton. C'est Tinfluence de ses rayons qui rend irrégulières les révolutions des planètes.

» Ces irrégularités ne doivent pas étonner, même quand on ne les trouve pas constatées dans les ouvrages des anciens. Peut-être nous qui habitons les contrées du nord, ne voyons-nous pas le lever et le coucher des étoiles, comme ceux qui habitent l'orient et le midi, où fleurirent les maîtres qui ont fait connaître le cours du ciel et des étoiles ^. »

Avec de pareilles notions la science ne pouvait pas aller bien loin. M. Monnier donne une idée assez exacte de cet enseignement, qui se bornait à faire remarquer ce qu'il y avait de plus saillant dans le rapprochement ou réloignement du soleil et des planètes, des planètes et des signes du zodiaque ^. Il cite notamment ce fait, que Mars étant resté caché en 191, depuis le mois de juillet jusqu'au même mois de juillet de l'année suivante, lorsqu'il reparut, Charlemagne s'empressa d'écrire à Alcuin : « Que penses-lu de Mars, qui, l'année dernière, caché dans le signe du Cancer, a été soustrait aux regards des hommes par

' Epist. LXIX, 97, et les deux lettres suivantes, et de Cursu et saltu lunœ, II, p. 355.

* Alcuin, par M. Monnier, p. 84.

» Ibidem.

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la lumière du soleil? Est-ce le cours régulier de sa révolution? Est-ce l'influence du soleil? Est-ce un prodige? Aurait-il fait en deux années le cours d'une seule? Car récemment, au moment où le soleil quittait le signe du Lion, nous l'avons vu dans le Cancer. S'il a accompagné le soleil, quelle est cette course si rapide? S'il s'est arrêté pendant une année entière dans le Cancer, quand le soleil s'en allait dans les autres signes, pourquoi n'a-t-on pu l'apercevoir dans le Cancer? »

On peut juger par ces interpellations des fruits que produisaient les leçons d'Alcuin. Les œuvres d'Éginhard, qui fut un de ses meilleurs élèves, présentent des résultats analogues. Voici, par exemple, ce qu'on lit dans la Vie de Charlemagne : « Les approches de sa mort furent signalés par un grand nombre de présages... Pendant trois années consécutives, qui ne précédèrent pas de beaucoup le terme de son existence, il y eut de fréquentes éclipses de soleil et de lune, et durant sept jours entiers on vit sur le soleil une tache noirâtre*. «Ainsi, d'après Éginhard, l'apparition des éclipses et les taches du soleil étaient liées aux événements de la vie humaine.

Il est vrai cependant que Charlemagne n'était pas assez accessible à la superstition pour ajouter foi à ces présages; toutefois il n'était pas éloigné de croire à l'astrologie. Son maître Alcuin ne rejetait

» Einh., Vita Karoli imp., c. 32.

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