LIVRE X, CHAPITRE VII. H
il fut détruit par ceux qui s'emparèrent de la direction du christianiame.
« Les chrétiens pouvaient, comme les autres, fréquenter les écoles publiques, dit M. Guizot; mais la plupart des professeurs étaient encore païens, ou mdifférents en matière religieuse, et, dans leur indifférence, assez malveillants pour la religion nouvelle. Ils attiraient donc fort peu les chrétiens. Les sciences qu'ils enseignaient, la grammaire et la liiétorique, païennes d*origine, dominées par le vieil esprit païen, n'avaient d'ailleurs que peu d'intérêt pour le christianisme. Enfin ce Ait longtemps dans les classes inférieures, parmi le peuple, que se propagea le christianisme, surtout dans les Gaules; et c'étaient les classes supérieures qui suivaient les grandes écoles. Aussi n'est-ce guère qu'au commencement du quatrième siècle qu'on voit les chrétiens y paraître, et encore y sont-ils rares *. »
M. Guizot a jeté beaucoup de lumière sur ce sujet. « Le peuple, dit-il encore, était chrétien, du moins en grande majorité ; et ces écoles toutes païennes d'intention et d'origine lui déplaisaient. Les professeurs étaient souvent mal vus, maltraités. Us n!a(vaieflt guère pour appui que les débris des classes supérieures et l'autorité impériale qui maintenait l'ordre. » Cependant aucune autre source d'étude n'était ouverte. Il n'y avait point encore
I Histoire de ia civitisatimt en France, 4^ leçon.
d'écoles ecclésiastiques; les doctrines religieuses, de jour en jour plus puissantes sur les esprits, n'étaient point régulièrement enseignées, n'avaient point d'organe légal et officiel. Toute grande école, toute institution spécialement vouée au service et aux progrès de l'intelligence manquait donc alors à ceux que leurs croyances tenaient éloignés des écoles civiles; et celles-ci devaient nécessairement tomber l'une après l'autre, à mesure que le christianisme progressait. C'est ce que déplorent à chaque page les beaux esprits du cinquième siècle ; Sidoine Apollinaire et Mammert Glaudien, par exemple, disent que les jeunes gens n'étudient plus, que les professeurs n*ont plus d'élèves, que la science languit et se perd.
Vers la fin du sixième siècle, il n'y a plus d'écoles civiles. Les grandes écoles municipales de Trêves, devienne, de Poitiers, de Bordeaux, etc., ont disparu ; mais quelques écoles ecclésiastiques ont commencé à se former. Ce sont les écoles dites cathédrales ou épiscopales, destinées à former des clercs; les écoles des grands monastères, où l'on donne l'enseignement aux moines, et un petit nombre d'écoles établies dans les campagnes, pour y recruter de jeunes lecteurs qui deviendront un jour des clercs. Voyons ce qu'on y enseigne et citons textuellement M. Guizot, dont le témoignage ne saurait être suspect :
c< Nous y retrouvons bien les noms de quelques-