‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 134 sur 200 · LIVRE X, CHAPITRE VIII. î7a · texte numérisé non relu

LIVRE X, CHAPITRE VIII. î7a

hiimaaités, tous les arts eurent une suite de maîtres nop interrompue, depuis les premiers temps de Khlovigh jusqu'au siècle où les universités, ellesmêmes religieuses, firent sortir la science des monastères ^ »

VIII. — Charlemagne a-t-il réellement voulu relever les écoles et répandre l'instruction parmi ses peuples? La question doit paraître singulière, eu égard à l'opinion généralement reçue. Cependant il résulte pour nows d'une étude attentive des actes de ce prince, que deux choses seulement sont certaines : la première, c'est son désir personnel d'apprendre ; la seconde, sa volonté de corriger l'ignorance des moines et des clercs.

Le soin que prit Charlemagne de s'entourer d'hommes instruits et de les retenir à sa cour par des bienfaits, est peut-être de tous ses titres à l'admiration de la postérité, le plus vrai, le plus incontestable. Malheureusement ces hommes appartenaient tous à une corporation sacerdotale qui voulait dominer, et fonder sa domination sur l'ignorance et la crédulité des peuples. Il n'est pas bien certain que Charlemagne lui-même ne vit pas dans l'instruction un privilège de caste, auquel lui seul et les membres de sa famille, parmi les laïques, avaient le droit de participer : car l'espèce d'académie qu'il institua dans son palais ne se composait que

^ Chateaubriand, Analyse raismnée de l'Histoire de France, tome III des Études et discussions historiques.

de ses Ûls, de ses filles et des évêques et abbés qui formaient sa cour. L'école palatine elle-même paraît n'avoir été instituée qu'en vue du haut clergé.

Le premier acte par lequel Gharlemagne manifesta des intentions favorables à l'enseignement, est une lettre adressée à Lull, archevêque de Mayence et qui nous a été signalée par l'abbé Lebeuf *. Il n'y est question que du clergé : « Tu travailles avec le secours de Dieu à conquérir des âmes, et cependant, ce dont je ne puis assez m'étonner, tu ne t'inquiètes nullement d'apprendre les belles-lettres à ton clergé. Tu vois de tous côtés ceux qui te sont soumis plongés dans les ténèbres de l'ignorance, et, lorsque tu pourrais répandre sur eux la lumière de ton savoir, tu les laisses enfouis dans l'obscurité de leur aveuglement... Qui pourrait croire que dans une si grande multitude soumise à tes ordres, il n'est personne qui ait quelque disposition à s'instruire. Apprends donc à tes fils les arts libéraux pour contenter notre désir sur un point qui nous touche vivement ^. »

Nous avons ensuite sa fameuse Constitution De scholis, qui est une sorte de circulaire royale adressée aux métropolitains, aux évêques et aux abbés. MM. Guizot et Francis Monnier en ont donné des traductions. Celle de ce dernier nous paraît la plus complète :

' Supplément à la dissertation sur l'état des sciences sous Charlemagne. Paris, 1739.

] * Alcuin, Thèse pour le doctorat, par Francis Monnier. Paris 4853, p. 49.

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