‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 140 sur 200 · LIVRE X, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X, CHAPITRE X

de Léon risaurien du 7 janvier 730. Grégoire III, qui succéda à Grégoire II, suivit les errements de son prédécesseur ; il adressa à Tempereur d'Orient des lettres violentes sur ce sujet. Le culte des images fut consacré à Rome par un concile tenu en 732. D'autre part, Léon étant mort en 741 sans avoir changé de sentiment, son fils, Constantin Copronyme, fit tenir, en 784, à Constantinople, un grand concile composé de 338 évêques, dans lequel on résolut d'ordonner la destruction des idoles. Léon Porphyrogénète, le successeur de Constantin, imita la conduite de son père ; il persécuta toutes les personnes qui n'étaient pas de son avis, entre autres sa femme, l'impératrice Irène ; mais celle-ci s'en vengea cruellement, et quand, par suite de la mort violente de son mari, elle se vit maîtresse absolue, le culte des images fut rétabli avec éclat dans tout l'empire. Irène voulut que ce dogme fût consacré solennellement par un concile œcuménique. Ce fut l'œuvre du deuxième concile de Nicée, tenu en 787 ; Irène y invita le pape Adrien qui s'y fit représenter par deux légats. Le concile donna raison à la jeune impératrice ; il proclama solennellement le culte des images ; on apporta une statue de la Vierge dans l'assemblée ; elle y fut adorée par tous les ecclésiastiques présents, et l'on brûla les écrits des Iconoclastes.

Le pape Adrien, enchanté des résultats du deuxième concile de Nicée et de la part qu'il y avait prise, s'empressa d'en envoyer les actes à son ami le roi

des Francs. Sa surprise et sa douleur furent extrêmes, quand il apprit que Charlemagne, loin d'y applaudir, avait composé ou fait composer un mémoire, pour réfuter les décisions du concile, comme contraires à l'usage et à l'opinion de l'Église d'occident. Ces décisions furent également rejetées par le concile de Francfort que Charlemagne fit convoquer en 794, et où il rassembla les évêques de toutes les provinces de la monarchie. Enfin le célèbre Alcuin écrivit contre le deuxième concile de Nicée une lettre qu'il avait fait approuver par les princes et les évêques d'Angleterre. Ainsi, dans le moment même où l'Église grecque abjurant l'hérésie des Iconoclastes, se réunissait à l'Église romaine, sous une impératrice orthodoxe, un nouveau schisme semblait se préparer en Occident. La situation était grave, mais le pape Adrien était un habile homme. Il écrivit contre les livres caroUns (c'est ainsi qu'on appelle le mémoire de Charlemagne), non en controversiste, comme le fait remarquer Gaillard , mais en père commun et en pacificateur. Sa lettre à Charlemagne est d'un ton aussi doux, aussi aimable, aussi paternel et en même temps aussi respectueux, que celui des livres carolins est aigre et amer. Adrien comptait sur l'impression que produirait la lecture de cette lettre ; mais il ne suffisait pas d'amadouer et de convaincre son lecteur, il fallait encore ménager son amour-propre. C'est ce que le pape fit très-adroitement, en lui ménageant une retraite qui n'eût rien de honteux : la doctrine du

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