LIVRE X, CHAPITRE XI
nous a été conservée et qui donne la mesure de l'intérêt qu'il prenait à cette question. « Nous étions disposés, écrit-il, en s'adressant aux évêques espagnols, à vous secourir dans vos embarras temporels; mais cela ne peut avoir lieu, si vous soufifrez cette hérésie parmi vous. Dès lors nous sommes obligés de rompre toute communication avec vous. »
L'importance que Charlemagne attachait aux doctrines professées par Févéque d'Urgel venait sans doute de la crainte de voir éclater un schisme qui aurait fait obstacle à ses vues sur l'Espagne : car les populations chrétiennes de ce pays ayant commencé à secouer le joug des Maures, il pouvait espérer de les adjoindre à son empire en aidant à leur délivrance. Le diocèse de Tolède était encore sous la domination musulmane ; c'est ce qui explique la menace faite aux évêques espagnols de les abandonner et de ne plus les secourir dans leurs embarras temporels. Mai& indépendamment de toute considération politique, il paraît certain que l'étude de la théologie était devenue pour Charlemagne une passion, depuis que l'affaiblissement de ses forces l'obligeait à de plus longs loisirs. Il lisait ordinairement les livres de saint Augustin, dressait des consultations doctrinales, interrogeait ses évêques, le pape lui-même, et ne se contentait pas facilement de réponses évasives*.
Il fit composer par Théodulfe divers traités théo-
1 Hauréau, Singularités historiques et littéraires, p. 89.