‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 15 sur 200 · LIVRE VI, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE VI, CHAPITRE X

sa flotte par rembouchure de l'Aube. Il fut battu par les Francs, son armée et sa flotte mises en déroute, et lui-même tué sur le champ de bataille *.

Les écrivains contemporains ne disent pas comment finit le siège de Narbonne. On sait seulement que les Francs firent un grand nombre de prisonniers et emportèrent un riche butin ; qu'ils ravagèrent toute la contrée gothique, c'est-à-dire la Septimanie; que Charles Martel fit raser les murs de Nîmes et mettre le feu aux arènes ; qu'il renversa aussi les fortifications d'Agde. Le continuateur de Frédegaire ajoute qu'ayant vaincu l'armée ennemie, il retourna dans son pays, dans la terre des Francs, au siège de sa principauté *. Mais l'année suivante, il renvoya son frère en Provence ; lui-même rejoignit Hildebrand à Avignon, et alors il soumit à sa domination tout le pays jusqu'à la Méditerrannée. Il s'empara notamment des possessions du duc Mauronte, qui parvint à se soustraire par la fuite à la juste punition de sa félonie '. Après tant de travaux et de fatigues, il revint malade au château de Verberie, en 740.

» Sarraceni devicti atque prostrati cémentes regem eorum interfectum, in fugam lapsi terga verterunt, qui evaserant cupientes navali evectione

évadera in stagno maris natantes Mox Franci cum navibus et iaculis

armatoriis super eos insiliunt, suffbcantesque m aquis interimunt. (Tredeg. Chron. cont,, c. 409 )

» Devicto adversariorum agmine, Christo in omnibus prœsule, et capilo salutis victoriae, salubriter remeavit in regionem suam, in terram Francorum, ad solium principatus sui. (Fredeg., Chron, contin., c. 409.)

* Ibidem,

Pendant que Charles Martel s'efforçait de rétablir le royaume des Francs dans toute son intégrité, le roi Thierry IV était mort depuis Tan 737, et n'avait pas eu de successeur. A peine s'était-on aperçu de sa disparition. Et cependant il ne faut pas croire que Charles Martel tînt sous sa garde ce fantôme de roi dans un palais des bords de l'Oise ou des environs de Paris. Thiéirry parcourait son royaume en toute liberté ; les chartes laissées par lui sont datée» de Soissons, de Coblence, de Metz, d'Herstal, deQuierzy, de Valenciennes, de Ponthion, de Gondreville. Et d'ailleurs son autorité" royale ne fut jamais mise en question : il régnait, mais un autre régnait avec lui, et celui-ci était seul occupé des affaires du royaume. On a remarqué que le titre même de maire du palais avait disparu, pour être remplacé par celui de duc ou de prince. Les chroniqueurs contemporains, notamment le continuateur de Frédegaire, appellent habituellement Charles Martel princeps ; le deuxième continuateur lui donne le titre de dux. Saint Boniface le qualifie de pri7iceps Francorum ; le pape dit alternativement duXy princeps et même subregulns * .

XI. — On a supposé que Charles Martel avait pratiqué à l'égard de l'Église une politique différente de celle de ses pères. C'est là évidemment une illusion. La politique des Carlovingiens n'a pas varié depuis Pépin de Landen jusqu'à Charlemagne; elle était

» Waitz, Deutsche Verfassungsgeschichte, t. H, p. 628; t. HI, p. 10.

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