UVRE XI, CHAPITRE I
communautés religieuses une règle nouvelle, dan» laquelle on remarque ces importantes prescriptions :
« Que les moines ne se rasent point dans le carême, si ce n'est le samedi saint. Pendant le reste de Tannée, qu'ils se rasent une fois tous les qui^Ka jours, et à l'octave de Pâques.
» Que l'usage des bains ait lieu au gré du prieur.
» Qu'ils ne mangent de volaille ni au-dedans ni au^dehors du monastère, si ce n'est pour cause d'irn firmité; qu'aucun évêque n'ordonne aux moines de manger de la volaille. Qu'à Noël et à Pâques, ils mangent de la volaille pendant quatre jours, s*il y en a; sinon, qu'ils n'en demandent pas comme leur dû.
» Qu'ils ne mangent point de fruit ni de salade, si ce n'est en prenant leur autre nourriture.
» Que la mesure du capuchon soit de deux coudées.
» Qu'on donne séparément à chaque frère sa part de nourriture et de boisson, et que nul ne donne, sut sa part, quelque chose à un autre.
» Qu'on n'observe pas, pour la saignée, certaines époques fixes ; mais que chacun soit saigné selon le besoin, et qu'on lui donne alors quelque agrément particulier en fait de boisson ou de nourriture ^ »
La gloire de ces règles puériles et celle de Tinvention du canonicat appartiennent incontestablement aux saints personnages que nous venons de citer;
« Art. 6-iO, 78, 21,66 elîi.
mais ce qui est beaucoup plus sérieux, c*est Tinter- ▼ention de Tempereur dans toutes les mesures d'organisation cléricale et monastique. « Toute cette réforme de TÉglise gallo-franque, dit M. Guizot, s'accomplissait sous l'impulsion et avec le concours du pouvoir temporel. A vrai dire, de Pépin le Bref à Louis le Débonnaire, c'est le pouvoir temporel, roi ou empereur, qui gouverne l'Église *. » Nous avons déjà cité plusieurs faits qui viennent à l'appui de cette assertion; on en trouve une preuve irréfragable dans la promotion de l'évéque de Salzbourg, que Charlemagne éleva de sa propre autorité, en 798,^ au rang d'archevêque, et auquel il donna la surveillance des autres évéques de la Bavière. Léon III envoya, par son ordre, le pallium au nouvel archevêque, et lui donna la consécration voulue *. »
II. — Ce n'est donc pas sans raison que les partisans de l'Église attribuent à Charlemagne le génie de l'organisation. Il organisa la hiérarchie à tous les degrés et consolida le pouvoir du pape par la subordination absolue de la caste sacerdotale au pouvoir suprême du vicaire de Jésus-Christ. Dans son capitulaire de honoianda sede apostolica, il proclame hautement l'obligation d'honorer, en mémoire du bienheureux Pierre, le Saint-Siège romain apostolique, et de supporter son joug, quoiqu'il soit, avec humilité
* Guizot, Hittoire de la civilisation en France, t. II, leç. 9S.
* Naekricktim V4m Juvavia, Salzbourg, 4784.