‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 160 sur 200 · LIVRE XI, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE XI, CHAPITRE VI

et auxiliaire en toutes choses du siège apostolique. D'après les exhortations de nos fidèles et surtout par le conseil des évoques et autres prêtres, Nous défendons, etc. * » En tète du capitulaire de Tan 779 on lit ce préambule : « L'an onzième du règne de notre seigneur Charles, glorieux roi, au mois de mars, les évoques, abbés et hommes illustres (les comtes), réunis en concile synodal, d'accord avec notre très-.pieux seigneur, ont fait un capitulaire selon la volonté de Dieu, et décrété, etc. *. » Il n'est donc pas permis d'en douter, les principaux auteurs des capitulaires furent les évéques, dont le roi ou l'empereur ne faisait que sanctionner et promulguer les résolutions.

VI. — Il faut attribuer à la même influence tous les changements qui furent opérés dans l'organisation politique, administrative et judiciaire. Charlemagne bouleversa les anciennes circonscriptions territoriales et brisa les liens qui unissaient entre eux les habitants de chaque gau ou pagns. Afin d'avoir des circonscriptions à peu près égales, il réunit plusieurs pagi en un seul comitatus ou ministerium ^ et divisa

* Karolus gracia Dei rex regnique Francorum rector, dévolus sanct» Ecclesiae defensor atque adjutor in omnibus apostolicae sedis. Hortatu omnium fidelium nostrorum et maxime episcoporum et reliquorum sacerdotorum consultu... (Baluz., 1. 1, col. 189.)

* Anno féliciter undecimo regni Domni nostri Karoli, gloriossissimi régis, in mense martio, facto capitulare, qualiter congregatis in unum synodali concilio episcopis, abbatibus virisque inlustribus, unà cum piissimo domno nostro, secundum Dei voluntate, pro causis opportuni» coDsenserunt decretum. (Baluz., 1. 1, col. 195 et 196.)

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ceux qui lui parurent trop étendus. Il mit à la tête de chacune de ces circonscriptions nouvelles un comte» avec des agents subordonnés qui furent appelés vicariij dans le Midi, centenarii dans le Nord ^ Pour les populations d*origine germanique, les comtes remplaçaient les anciens grafen ou graphiones; mais au lieu d*étre des magistrats électifs et, en quelque sorte, des chefs de tribus, ils étaient, comme sous les Romains, de véritables préposés du gouvernement. Les pouvoirs militaire, économique, administratif et de police leur appartenaient exclusivement.

Les plaids locaux étaient devenus une charge pour les habitants. Les centeniers ou les vicaires les convoquaient surtout pour avoir Toccasion de mettre à Tamende les hommes libres qui ne s*y rendaient pas *. Charlemagne, pour remédier à cet abus, réduisit à trois ceux de ces plaids auxquels tous les hommes libres étaient tenus d'assister. « Quant aux plaids que doivent suivre les hommes libres, dit un capitulaire, il faut observer le décret de notre père (Charlemagne), savoir, que trois plaids généraux seulement doivent être tenus dans Tannée, et que personne ne soit forcé d'en suivre un plus grand nom-

* Voyez YHistoire du droit français^ par M. Warnkoenig, 1. 1, p. 153.

* Un capitulaire de Louis le Débonnaire a pour titre : Des vicaires et des centeniers qui, bien plus par cupidité que pour rendre la justice, tietment très-souvent des plaids et tourmentent ainsi trop le peuple, (Baluz., 1. 1, col. 671.)

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