‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 161 sur 200 · LIVRE XI, CHAPITRE Vi · texte numérisé non relu

LIVRE XI, CHAPITRE Vi

bre, à moins quMl ne soit accusé ou accusateur, ou appelé pour rendre témoignage. Quant aux autres plaids tenus par les centeniers, que nul n'y soit convoqué, sinon celui qui plaide, celui qui juge et celui qui témoigne ^. » Les jugements n'étaient plus rendus, comme autrefois, par les rachinburgii, citoyens indépendants : ceux-ci avaient cédé la place aux sca- Uni ou échevins, fonctionnaires nommés par l'empereur ou par ses délégués. On lit dans un capitulaire de l'an 803 : « Que personne ne soit convoqué auplaid, si ce n'est celui qui poursuit sa cause, et celui contre qui il la poursuit ; sauf sept scabiniy qui doivent assister à tous les plaids *. »

A côté des comtes se trouvaient les évéques, chargés comme eux de veiller à l'exécution des lois et des ordonnances de l'empereur. Tous les rouages de l'administration étaient doubles. Même le conseil privé était composé de deux sections, présidées, l'une par le comte du palais, l'autre par l'apocrysiaire ou chapelain du roi. Charlemagne divisa le territoire de l'empire en grandes circonscriptions appelées missatica; on donna aussi ce nom aux légations qui y furent envoyées. Ici encore nous trouvons les deux éléments réunis : chaque missatlcum est composé d'un comte et d'un ou deux évéques. Il y eut cependant des missatica exclusivement composés de gens d'église. Théodulfe, évéque d'Orléans, fut employé

1 Capital, quint, ann. 819, c. 14; ap. Baluz. 1. 1, col. 616. » Baluz., 1. 1, col. 394.

comme missus avec Leidrade, archevêque de Lyon, pour aller visiter les deux Narbonnaises.

VII. — Les missi avaient les pouvoirs les plus étendus, puisqu'ils représentaient l'empereur *. Ils furent chargés de recevoir pour lui le serment de fidélité que tous les habitants de Tempire durent prêter au nouveau César ^. Us avaient la haute main, non-seulement sur les comtes et les fonctionnaires subordonnés, mais aussi sur les évé* ques, abbés et abbesses; ils devaient s'enquérir de la conduite tant privée que publique, de la vie et des mœurs des uns et des autres; ils avaient mission spéciale de veiller à ce que les représentants de l'autorité ecclésiastique vécussent en bonne intelligence avec ceux de l'autorité civile ^; à ce qu'aucun d'eux n'abusât de sa position , soit pour opprimer ou spolier les églises, les pauvres, les veuves, les orphelins ou les étrangers -*, soit pour tyranniser les moines, les nonnes ou autres personnes ecclésiastiques ^.

1 Voyez le grand capitulaire de Tan 802, intitulé : Capitula missis dominicis data; Baluz., t. I, col. 363 et suiv.; Pertz, leget, t. I, p. 28, et l'addition au t. H, p. 16.

• Capitul. ann, 802, /. c.

* Ut eplscopi, abbates, atque abbatisss, comitesque unanimiter inyicem sint consentientes legem ad judicium justum terminandum cum omni caritate et concordia pacis... [Capit, data missU domin,, c. i4 ; ap. Baluz., 1. 1, col. 366.)

< Ut sanctis ecclesiis Dei, neque yiduis, neque orphanis, neque pèregrinis fraudem vel rapinam vel aliquid injurise quis facere présumât. {Ibidem, c. 5.)

( Ut episcopi, abbates, atque abbatissse, qui cœteris prslati sunt, cum

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