LIVRE XI, CHAPITRE XV
occupent des bénéfices de se rendre à Tarmée *. Celui de l'an 812 punit de la perte de son bénéfice tout homme qui abandonne le chef qui le conduit à l'ennemi, ou refuse de le suivre ^. Le simple retard est prévu et puni par ce capitulaire : « Quiconque tenant de nous des bénéfices ou honneurs aura été convoqué pour marcher contre l'ennemi et ne sera pas venu au lieu assigné pour la réunion, sera tenu de s'abstenir de vin et de viande pendant autant de jours qu'il aura tardé de se rendre à la convocation^. »
Les vassaux des bénéficiers devaient marcher sous la conduite de leur seigneur, ou bien sous la conduite du comte de leur comté, si leur propre seigneur, retenu par son service auprès de la personne du prince, ne pouvait lui-même les conduire *. Même dans le cas de guerre privée entre les grands propriétaires, leurs vassaux respectifs étaient obligés de combattre sous leurs bannières. « Si quelqu'un de nos
1 In primis ut quicunque bénéficia habere videntur, omnes in hostem veniant. [Capit, anni SOT, c. I, ap. Baluz., 1. 1, col. 457.)
* Quicunque ex eis qui beneficium principis habent, parem suum contra hostes communes in exercitum pergentem dimiserit,et cum eo ire aut stare noluerit, honorem suum et beneficium perdat. {Capit, secund. anni 842, c 5; ap. Baluz., 1. 1, col. 494.)
* Quicunque homo nostros habens honores in hostem bannitus fuerit, et ad condictum placitum non venerit, quot diebus post placitum condictum venisse comprobatus fuerit, tôt diebus abstineat came et vino. [Ibidem, c 3.)
4 De yassis dominicis qui adhuc intra casam senriunt, et tamen bénéficia habere noscuntur, statutum est ut quicunque ex eis oum Domno Imperatore domi remanserint, vassales suos casatos secum non retineant) sed cum comité cujus pagenses sunt ire permittant. [Ibidem, c. 7.)
376 HISTOIRE DES FHANCS DAUSTRASIE.
fidèles, voulant combattre un de ses ennemis, convoque ses pairs pour qu'ils lui prêtent secours, et que l'un d'eux refuse ou néglige de s'y rendre, celui-ci sera dépouillé de son bénéfice, et on le donnera à celui qui s'est montré fidèle ^ »
Les guerres continuelles de Charlemagne le forcèrent à généraliser l'obligation du service militaire et à l'imposer aux hommes libres comme aux vassaux. Autrefois l'Austrasie était la source à laquelle les rois francs venaient incessamment puiser de nouvelles forces militaires. Il suffisait d'y annoncer un projet d'expédition périlleuse pour en voir sortir une foule de jeunes guerriers qui, divisés d'abord par groupes sous la conduite de leurs chefs, se réunissaient et formaient une armée. La campagne finie, ils se séparaient, les uns pour aller s'établir sur les terres qu'ils avaient conquises, les autres pour rentrer dans leurs foyers. Tous étaient prêts à recommencer l'année suivante. Les soldats ne manquaient jamais pour ces •expéditions. Il n'en est plus de même sous Charlemagne ; le service militaire devient une charge et souvent une cause de ruine. Aussi faut-îl qu'on emploie des moyens de contrainte pour amener sous les armes un certain nombre d'hommes.
' LH si quis de fidelibus nostris contra adversarium suum pugnam aut aliquod certamen agere voluerit, et conYOcayerit ad se aliquem de comparis suis ut ei adjutorium praebuissct, et ille noluit, et exinde négligeas permansit, ipsum beneficium quod habuit, auferatur ab eo, et detur ei qui instabilitate et fidelitate sua permansit. {CapU, deju8titiisfaciendis,c. âO ap. Baluz., t. 1, col. 510.)