LIVRE XI, CHAPITRE XVI. 38t
Ces dispositions furent modifiées par le capitulaire de exercitu promovendo, de Tan 812, statuant que tout possesseur de quatre manses, en propriété ou en bénéfice, doit s'équiper et se rendre à l'armée ou marcher avec son seigneur. Celui qui possède trois manses peut se faire aider par le possesseur d'un seul manse. De deux hommes qui possèdent chacun deux manses, l'un doit partir avec l'assistance de l'autre; de quatre hommes possédant un manse chacun, un seul partira, les trois autres resteront chez eux *.
Un capitulaire de l'an 810, prescrivait aux missi de rechercher ceux qui pouvaient aller à la guerre et qui ne l'avaient pas fait. Il ordonnait qu'on exigeât d'eux la composition du ban, s'ils étaient en état d'y satisfaire ; et, quant aux insolvables, il voulait qu'ils fussent pris en otage et inscrits au rôle des serfs royaux 2. Les mêmes dispositions se retrouvent dans le capitulaire de l'an 812 : l'homme libre qui ne peut pas payer l'hériban de soixante sous, y est-
nec mancipia ncc propriam possessionem terrarum habeat, tamen iii pretio valente quinque solides, quinque sextum praeparent ; et ubi duo, tertium, de illis qui parvulas possessiones de terra habere videntur. Et inicuique ex illis qui in hoste pergunt, fiant conjectati solidi quinque a suprascriptis pauperioribus qui nullam possessionem habere videntur in terra. {Capit, ann. 807, c.2; Baluz. t. I, p. 457.)
> Pertz, legeSf 1. 1, p. 449; Baluz., 1. 1, col. 490.
« « De heribanno, ut diligenter inquirant missi qui hostem facere potuit et non fecit, ipsum bannum componat, si habet unde componere possit. Et si non habuerit unde componere valeat, reuvadiatum fiât et inbreviatum, et nihil pro hoc exactatum fiât usque dum ad notitiam Domni Imperatoris Yeniat. {Capit. prim. ann . 840 c. 44; Baluz., 1. 1, p. 474.)
il dit, se livrera en otage, pro wadio, au service du prince ; et, s'il meurt en état de servitude, ses héritiers ne perdront pas sa succession, ni leur liberté; et ils ne seront pas responsables de Thériban*. Ce capitulaire statue aussi que le seigneur ou le comte qui a renvoyé de l'armée des hommes libres, payera rhériban pour eux *.
XVII. — Avons-nous besoin de faire remarquer combien ce système de recrutement était onéreux? Il obligeait les vassaux du roi et les propriétaires libres à de fréquentes absences, qui ne pouvaient qu'entraîner pour eux des inconvénients et des préjudices. Il fallait qu'ils se rendissent au lieu indiqué pour le rassemblement de l'armée, sur l'une ou l'autre frontière. Les vassaux devaient se faire accompagner de leurs hommes bien armés et équipés; ils devaient apporter dans des chariots des outils de toute espèce et des vivres pour trois mois, des armes et des vêtements pour six. Les propriétaires libres devaient nécessairement emmener aussi quelques-uns de leurs
* Quicunquc liber homo in hostem bannitus fuerit, et venire contempserit, plénum heribannum, id est, solidos sexaginta persolvat. Âut si non habuerit undc illam summam persolvat, semetipsum pro wadio in servitium Principis tradat donec per tempora ipse bannus ab eo fiât persolutus... £t si ille homo qui se propter heribannum in senritium tradidit in illo senritio defunctus fuerit, heredes ejus heriditatem quse ad eos pertinet non perdant, nec libertatem, née de ipso heribanno obnoxii fiant. {Capit, sec. ami. 812, c. 1; Baluz., 1. 1, col. 493.)
* Et si senior Tel cornes illius ]eum domi dimisit, ipse pro eo eumdem heribannum persohat ; et tôt heribanni ab eo exigantur quot homines domi dimisit. {Ibidem, c. 9, col. 496.)